Saint-Aignan-Grandlieu (44) : des habitants plutôt heureux de l’abandon du projet Notre-Dame-des-Landes

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05/02/2018 – 06h20 Saint-Aignan-Grandlieu (Breizh-info.com)  – Nos confrères de la presse locale ont titré sur la grande détresse qu’auraient ressenti les habitants de Saint-Aignan-Grandlieu, au bout des pistes de l’actuel aéroport Nantes-Atlantique lorsque Macron a décidé de l’abandon du projet Notre-Dame des Landes.

Une manifestation a même eu lieu le 27 janvier devant la mairie, pour dénoncer la « trahison » et le « sacrifice » du village.

Selon le storytelling officiel, elle a réuni 1000 habitants de Saint-Aignan-Grandlieu. Nous sommes allés sur place : en réalité, la mobilisation n’était pas locale, pas aussi importante et tout le village n’est pas pour l’aéroport de Notre-Dame des Landes. Loin de là.

Le long de la route qui vient de l’aéroport, à droite et à gauche, des pavillons récents se planquent dans les chemins. « Si ces gens là sont venus s’installer en pensant que les avions allaient partir dans cinq ou dix ans et qu’ils allaient être tranquilles, ils sont effectivement déçus », commente Michel, qui habite Saint-Aignan depuis des années. Le chauffeur du bus, lui, vit à Rouans, « les avions font demi-tour au-dessus de chez moi ». Pourtant, il ne veut pas de l’aéroport, « on ferait quoi de tous les bâtiments qui resteraient à l’abandon ici, et puis on n’a pas tellement d’avions, seulement le week-end et lors des départs en vacances ».

Dans Saint-Aignan, un commerçant se confie « nous, on est commerçants, on est censés être neutres, mais bon, là Notre-Dame des Landes, c’est fini. Bref, on est très content que Nantes-Atlantique reste, certes les avions font du bruit, mais on est habitués ». La manifestation de samedi récolte son lot de sarcasme de la part des habitants : « d’abord ils n’étaient pas 1000 mais à peine plus de 800, ensuite l’écrasante majorité n’était pas de Saint-Aignan ».

Initiée par le COCETA – un comité de riverains dirigé par un investisseur immobilier dont le sérieux des arguments laisse quelque peu dubitatif – la manifestation a en effet rassemblé surtout des gens extérieurs à la commune. Un chauffeur de bus, qui habite Saint-Aignan, se souvient : « j’étais de service sur la ligne [98] ce jour là, il y avait beaucoup de voitures, surtout des voitures assez chères d’ailleurs, dont les conducteurs faisaient preuve d’un incivisme rare, même à Nantes. Juste après ils parlaient des citoyens et de l’intérêt général, ils n’étaient guère crédibles. J’en ai eu trois dans mon bus, dont deux qui m’ont demandé où était la mairie – ce qui signifie qu’ils ne sont pas d’ici ».

Gérard « vi[t] à Saint-Aignan depuis 1989 ». Pour sa part, « les avions, j’y suis habitué, et je suis très content que l’aéroport de Notre-Dame des Landes ne se fasse pas. Si l’aéroport part, c’est de la superficie à urbaniser qui se libère, aujourd’hui quand on construit c’est un quart de HLM, et ça ne nous intéresse guère de vidanger Bellevue, Malakoff ou Château de Rezé [quartiers sensibles de Nantes et Rezé] pour se récupérer la population qui va avec. Saint-Aignan est un village tranquille et va le rester, ouf ».

Il se trouve en effet que le plan d’exposition au bruit de l’aéroport bloque beaucoup de superficie qui pourrait être urbanisée. Surdimensionné – comme l’a constaté une fois de plus l’autorité administrative indépendante de contrôle des nuisances aériennes (ACNUSA) dans son rapport de 2016, en demandant au préfet de revoir son périmètre à la baisse pour qu’il soit effectivement adapté au bruit que font les avions en 2016, moindre que par le passé du fait du progrès technologique – il pourrait être revu à la baisse. Ce qui libérerait des superficies à urbaniser, notamment le long de la Loire sur Nantes et Rezé – de façon plus modeste cependant que si l’aéroport était parti.

« Ceux qui espéraient des tours d’immeuble avec la statue monumentale de Jean-Marc Ayrault peuvent aller se rhabiller », ironise un habitant de Bouguenais, village tout aussi proche de l’aéroport, et dont l’ancien maire, Françoise Verchère, a pris la tête du collectif d’élus doutant de la pertinence de l’aéroport (CéDPA) et n’a cessé de dénoncer la « grandiose arnaque » du projet de Notre-Dame des Landes. Pour elle, le fond de l’affaire, c’est l’intérêt public mis au service d’intérêts privés, « des gens qui veulent se faire du pognon ».   

Mais pas à Saint-Aignan de Grandlieu, située en bout des pistes. « Ceux qui ont vraiment perdu et qui sont en colère, c’est ceux qui avaient des biens immobiliers et des terrains et qui espéraient faire une plus-value », estime un habitant historique du village. « Ceux qui n’ont pas de patrimoine ou qui en ont, mais n’ont pas envie de vendre, sont très bien ici. Il vaut mieux avoir les avions et pouvoir sortir tard le soir sans être embêtés que de ne pas en avoir et vivre dans une zone de non-droit ».

Louis-Benoît Greffe

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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5 réponses à “Saint-Aignan-Grandlieu (44) : des habitants plutôt heureux de l’abandon du projet Notre-Dame-des-Landes”

  1. Pschitt dit :

    La consultation locale du 26 juin 2016 a quand même vu 72% des électeurs de Saint-Aignan voter pour la construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, donc une très large majorité. C’est assez paradoxal d’ailleurs. La population de Saint-Aignan a stagné aux alentours de 1.200 habitants pendant plus d’un siècle, jusque dans les années 1970. Elle en compte environ 4.000 aujourd’hui. L’aéroport a été créé après la Seconde guerre mondiale. C’est-à-dire que la grande majorité des habitants actuels sont venus s’installer en toute connaissance de cause. Il suffit d’ailleurs de voir le grand nombre de constructions récentes sur la commune. On peut-être un propriétaire modeste et aspirer à réaliser une plus-value immobilière !

    • Krikari dit :

      Pour répondre à « Pschitt », beaucoup de gens sont venus à Saint Aignan car l’aéroport devait déménager.

      Mais je veux surtout réagir sur les propos mensongers et l’énorme manque de sérieux de l’auteur de l’article dont le lien : « laisse quelque peu dubitatif » amène, dans un précédent article, sur un autre lien : « travaille ».

      Ce dernier lien mène sur le profil d’un homonyme du président du Coceta de l’époque interwievé par M. Greffe.

      Quelle manque de professionnalisme !!! La bassesse a l’état pur pour discréditer…

      • Pschitt dit :

        Eh ! oui, la spéculation, ça marche quelquefois, mais pas toujours. Il ne faut pas acheter chat en poche.

  2. Danielle Dufaud dit :

    Merci de nous avoir fait rire avec cet article tellement caricatural, qui dessert plus la cause que défend son auteur, plutôt que de la servir !
    Je pense d’ailleurs qu’il va se dépêcher d’acheter une maison en bout de piste, pour bénéficier des bienfaits provoqués par, le « petit », nombre de décollages et/ou d’atterrissages. Le bonheur est dans le bruit !!!

  3. Fred dit :

    Saint-Aignan-Grandlieu: un « village » pour l’auteur, c’est là un mépris de bobo. Quant au « storytelling » c’est bien lui qui en fait preuve dans un article totalement partial. Il est vrai qu’il voyait il y a peu de doux rèveurs rousseauistes ou des nouveaux chouans dans les zadistes de NDDL !

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