Procès Clément Méric. Les antifas prônent et utilisent aussi la violence [Vidéo]

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Deuxième semaine du procès d’Esteban Morillo, de Samuel Dufour, d’Alexandre Eyraud, jugés après la mort de Clément Méric, jeune militant antifasciste, en 2013, des suites d’une bagarre.

Un procès que quelques journalistes suivent et retranscrivent quotidiennement sur Twitter, avec parfois pour certains un parti pris en faveur du camp « antifa », parti pris largement critiqué sur les réseaux sociaux (ce n’est pas le cas de tous, voir les tweets de la journaliste ci-dessous) :

Dans tous les cas, les accusés, présumés innocents jusqu’au verdict qui sera rendu dans quelques jours, ne bénéficient d’aucun appui médiatique, d’aucune pitié, d’aucune mansuétude, il faut le souligner.

Pas vraiment de quoi permettre l’exercice serein de la Justice, la présidente du tribunal allant même jusqu’à mettre en doute un certificat médical, pourtant délivré par un médecin, transmis à Serge Ayoub et justifiant son absence à la barre la semaine passée en tant que témoin.

« Les journalistes sont bien plus tolérants quand il s’agit de violeurs ou d’assassins d’enfants » nous rapportera un homme qui assistait au procès, écoeuré par le traitement médiatique de l’affaire.

A mettre en parallèle avec l’année 2016 et le traitement médiatique du procès Yann Lorence, du nom de ce supporteur du PSG de la tribune Boulogne, lynché par des supporteurs d’Auteuil, réputés proches des milieux antifas parisiens.

Nous ne reviendrons pas sur le procès en lui-même, mais sur la vision très angélique de l’antifascisme, diffusé par la presse mainstream, et qui s’efface rapidement pour quiconque, honnête, creuse un petit peu derrière la cagoule ou l’écharpe des « antifas ».

Des antifas qui, il faut le rappeler, évoquent encore pour certains un « assassinat » (c’est à dire avec préméditation) pour qualifier ce qui apparait jour après jour comme étant simplement la conséquence dramatique d’une bagarre de rue entre deux bandes politiquement rivales.

Une violence présente et mythifiée à l’extrême gauche

Comment ne pas évoquer en préambule le « collectif des mères solidaires » formé notamment par la mère de Clément Méric, Agnès Méric, qui disait de Serge Ayoub ce mardi : « C’est un clown et il est dangereux. C’est la haine tout simplement ».

Elle a formé ce collectif aux côtés de Geneviève Bernanos, mère d’Antonin Bernanos, condamné, il faut le rappeler, à de la prison ferme, pour des violences contre des policiers (tout le monde a encore en tête la vidéo qui avait choqué la France entière et dans laquelle des antifas attaquent un policier antillais et sa collègue, tout en voulant incendier leur voiture).

Un collectif qu’il est important d’évoquer, car bénéficiant d’une importante couverture médiatique. Ce dernier soutient, pèle mêle, les militants antifascistes radicaux à travers l’Europe, mais également les migrants et leurs passeurs, c‘est à dire ceux qui ont facilité leur entrée irrégulière sur un territoire.

Mais revenons sur le point central de l’article : 

Au sein de « la mouvance d’extrême droite », la violence est incontestablement présente, mais aussi très souvent condamnée (les articles de journaux en font d’ailleurs souvent leurs choux gras).

Dans le camp d’en face, cette violence est également très présente et même mythifiée, mais sans que cela ne fasse couler autant d’encre dans les journaux.

« Contre racisme et intolérance, tu n’as pas peur, de la violence » chantait Brigada Flores Magon, groupe phare de la scène antifa début des années 2000. Ou encore, évoquant les mauvais garçons de banlieue : « Et quand tu descends à Paname, tu t’embrouilles sans état d’âme, t’es un voyou t’es un cramé, ouais t’es juste un mauvais garçon »

Ou le groupe Ya Basta, autre groupe phare de la scène rock antifasciste : « Une balle pour les milices fasciste, une rafale pour les partis racistes ». Le message est clair, les paroles ont été entendues dans de nombreux concerts de ces groupes à travers la France entière, par la jeunesse « antifa ».

https://www.youtube.com/watch?v=0pXdLMsw5f4

Ou encore le groupe antifasciste bordelais Redweiler, et sa chanson intitulée « Hippie » : « Hé toi le putain de chevelu, viens me voir, faut qu’on discute, Payes ton bédo et ta rebié, C’est la taxe des crânes rasés ! Dans les concerts ska et reggae, T’y vois pour être perché, Aucune action, aucune idée, Tes cheveux à eux seuls nous font parler, Ohoho on va te botter les fesses, Ohoho 1 hippie, 1 triplex ».

Une triplex étant une ceinture destinée à faire mal, très prisée chez les punks et les skinheads de toutes obédiences.

Tout cela n’empêche pas le mouvement antifa de bénéficier parfois d’une forme de tolérance médiatique, qui peut s’expliquer aussi par les liens qu’entretiennent certains de ses membres avec des journalistes .

Doit-on citer Matthias Bouchenot, partie civile et présent lors de la rixe de la rue Caumartin, et dont le père est journaliste à France 3 ? Matthias Bouchenot auteur d’un livre, par ailleurs très intéressant, intitulé « Tenir la rue » et consacré à « l’autodéfense socialiste » . C’est à dire si l’on traduit, à la violence de rue face aux fascistes, dans les années 30 (éditions Libertalia).

Voici comme le livre est présenté :

Matthias Bouchenot aborde dans cet ouvrage un angle mort de l’histoire des années 1930 : celle des groupes d’action et des groupes d’autodéfense de la SFIO (Parti socialiste), principalement dans la fédération de la Seine. Embryon d’armée révolutionnaire pour les uns, simples groupes chargés d’assurer la sécurité des cortèges, des meetings et des chefs politiques pour les autres, les « Jeunes Gardes socialistes » (JGS) et les « Toujours prêts pour servir » (TPPS) refusaient de laisser la rue aux ligues d’extrême droite et rêvaient de vivre des lendemains qui chantent.

Le poing américain, y compris chez les antifas

Il y a aussi une image forte actuellement, durant ce procès, celle du poing américain. Presque tout repose autour de la question de savoir si oui ou non, un des accusés a utilisé un poing américain durant la bagarre ayant opposé les militants nationalistes aux militants antifascistes. Les discussions ont parfois laissé à penser que seule les skinheads d’extrême droite, seuls les nationalistes pourraient, éventuellement, utiliser un poing américain.

Pourtant, dans la mouvance antifasciste, le poing américain est également un symbole d’autodéfense et d’attaque, presque un mythe.

Un bar antifasciste, le Saint-Sauveur, que fréquentait d’ailleurs très souvent Clément Méric à Paris, n’a-t-il d’ailleurs pas fait du poing américain son étendard, sur un t-shirt sur lequel on peut lire « Welcome to Menilmontant » ?

Un militant antifa posant avec le t-shirt orné d’un poing américain, devant Casapound

Lors du procès toujours, la présidente du tribunal semble s’étonner que les accusés affirment avoir eu peur, avoir été tendus, inquiets, lorsqu’ils virent que des antifas les attendaient à la sortie, ne sachant pas le nombre exact.

Mais est-ce vraiment surprenant de se tendre, d’avoir peur de savoir qu’une rixe peut éclater à tout moment, alors que durant des années, ces « antifas » ont diffusé et fait diffuser des reportages, des photos, des interviews mettant en valeur leurs actions violentes, leurs « chasses aux skins » dans les rues de Paris ? Est-ce anormal d’être inquiet au regard du nombre d’incidents opposants ces bandes politiques antagonistes ?

Hier, lors du procès, suite au témoignage de Serge Ayoub, une quinzaine de militants du Collectif antifasciste Paris Banlieue ont tenté de lui sauter dessus à la sortie du tribunal.

Voyez ce reportage, à propos des « chasseurs de skins », c’est à dire d’une certaine façon des pères fondateurs du mouvement antifa en France.

https://www.youtube.com/watch?v=Fjw9ct1xjzg

Il y’a quelques années, à Rennes, qui se souvient de cette « chasse aux nationalistes » organisée suite à un rassemblement annoncé du groupuscule « Jeunesses nationalistes » à Rennes ? Bilan : des militants tabassés, et une vidéo qui montre les prémices de cette chasse.

En février 2014, ces mêmes groupes, à Rennes, avaient mis le centre-ville à Sac et tenté d’attaquer un meeting du Front national. D’autres s’en étaient pris physiquement à des responsables de l’UNI, un syndicat de droite.

Des anecdotes de violences, d’extrêmes violences, entre « antifas » et militants d’extrême droite, entre Redskins, Rash, Sharp (Skinheads against racial prejudice) et skinheads nationalistes ou nazis, il y en a à la pelle depuis que ces bandes existent, depuis les années 80. Combien de concerts de LSD (la Souris Dégliguée, groupe rock’n’roll culte, fédérant aussi bien à gauche qu’à droite) terminant en violentes rixes qui auraient pu conduire au même résultat que dans la rue Caumartin ?

Combien de bagarres en marge du football, en marge de manifestations, comme celle du 1er mai 2013, quelques jours avant la mort de Clément Méric, opposant hooligans du PSG et militants nationalistes à des ultras d’Auteuil et à des antifas (Clément Méric était d’ailleurs dans le groupe ce jour là) ?

Une autre vidéo, moins violente, montre par ailleurs Clément Méric et ses amis tenter de venir s’en prendre physiquement, avant d’être repoussés, à des membres de la Manif pour Tous.

La presse mainstream et subventionnée, comme une partie de la magistrature (parfois syndiquée dans le syndicat du même nom, dont l’idéologie n’est plus à démontrer), mais également des personnalités politiques toujours à l’affût de la moindre récupération, font-ils preuve de malhonnêteté en n’équilibrant pas les responsabilités dans ces violences ? On peut sérieusement le penser.

Les antifas eux, de leurs côtés, n’ont jamais caché utiliser la violence. Ils évoquent « une autodéfense légitime » face à des idées qui « ne devraient pas exister ». Les choses sont claires : les seuls qui ont le droit d’être violents, ce sont eux, car ils auraient une « légitimité ». Ils sont le camp du bien, les autres sont le camp du mal. Binaire, mais médiatiquement efficace.

D’autres exemples de violences récentes commises par des antifas et qui auraient pu également se terminer en drame :

https://www.youtube.com/watch?v=Ccgw6FY4KCY

Des membres de l’Action antifasciste Paris Banlieue (dont faisait partie Clément Méric) :

https://www.youtube.com/watch?v=QjAqaNkU7_s

La parole de conclusion ira néanmoins à cet observateur de longue date de ces « milieux », qui écrit sur sa page Facebook : « Comment ne pas enrager en suivant le procès Méric… les documentaires sur les chasseurs de fafs (en vente à la Fnac et en boucle sur Arte), une imagerie et des chansons qui incitent au meurtre, pour ensuite se vautrer devant le juge en accusant les « autres » de tout. J’ai connu des voyous avec plus de principes. Mais, j’ai une terrible nouvelle pour eux. Quel que soit le verdict, rien ne pourra ôter le sentiment de culpabilité de certains de leurs responsables dans sa mort. »

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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