Vannes. Retraitée, elle est expulsée de son logement quelques heures avant la trêve hivernale

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MAJ 01/11/2018 : la presse nationale a évoqué brièvement l’affaire – sans avoir la déontologie de mentionner les lanceurs d’alerte. La presse régionale est, quant à elle, restée muette sur le sujet.

Mais le plus important : Madame Le Clanche n’a pas dormi à la rue cette nuit, que nos lecteurs se rassurent. Elle bénéficie de la solidarité, notamment de certains de nos lecteurs, qu’ils en soient remerciés. Elle tient d’ailleurs à remercier ceux qui se sont mobilisés sur les réseaux sociaux pour elle ces derniers jours.

MAJ 31/10/2018 : L’huissier est arrivé. Madame Le Clanche est en train d’être expulsée de son logement. Suivez la situation en direct grâce à un internaute.

MAJ 31/10/2018 : Des citoyens se sont mobilisés tôt ce matin pour venir en aide à Madame Le Clanche dans l’attente d’une éventuelle expulsion, promise par Vannes Golfe Habitat, par un huissier. Pour le moment, à 8h40, la situation est calme, comme l’indique un Internaute sur un live facebook qu’il nous adresse


MAJ 15h 00 : Vannes Golfe Habitat nous a confirmé l’expulsion à venir de Madame Le Clanche, demain mercredi 31 octobre, veille de la trêve hivernale, à 8h du matin. La Préfecture a en effet donné son autorisation, tandis que la police, qui doit accompagner l’expulsion, n’a pas encore été prévenue. Madame Le Clanche, jointe par téléphone, appelle tous ceux qui se scandalisent qu’elle soit expulsée de son logement, et jetée à la rue (car elle se retrouvera à la rue avec ses trois chats) à venir la soutenir demain matin, dès 8h, au 2 résidence Montaigne, à Vannes.

le_clanche

Pendant que des migrants sont installés quotidiennement en Bretagne par l’État, certains autochtones font les frais de l’administration et de la bureaucratie, impitoyable avec eux.

C’est le cas de cette dame, Françoise Le Clanche, 66 ans, retraitée, qui doit être expulsée de son logement mercredi 31 octobre à 8 h à Vannes, par décision de Vannes Golfe Habitat, à quelques heures de la trêve hivernale. Une expulsion qui interviendra à 8 h, 2 résidence Montaigne, si rien n’est fait en faveur de Madame Le Clanche.

Une expulsion enclenchée par Vannes Golfe Habitat.

« Professeur remplaçant pour l’Éducation nationale durant les 11 dernières années de ma carrière (en retraite depuis 2013) je n’ai pas les moyens de me loger dans le parc privé. Je loue donc un appartement à Vannes Golfe Habitat pour 280 € par mois. Pour mon malheur ! En effet, pour 70 m2, les charges de chauffage (collectif, limité à 19°) s’élèvent à 110 euros par mois en raison de la vétusté et des malfaçons (constat d’huissier effectué). S’ajoutent 63 euros de charges locatives communes.

Lorsque mon APL a été diminuée en 2016 puis supprimée (258 euros en moins du jour au lendemain), les problèmes ont commencé ; problèmes que j’ai signalés à l’office public HLM (je continue à payer mon loyer et une partie des charges) ! Rien n’a été fait. Résultat : je suis en mesure d’expulsion et Vannes Golfe Habitat fait tout pour que je sois expulsée avant le 31 octobre, avant la trêve hivernale. Je suis également condamnée à payer en totalité les charges locatives abusives, donc à reprendre un travail. Voilà comment l’on crée des drames et que l’on fait des pauvres en France au XXIe siècle ! »

l’état des volets..moisis

Une mesure d’expulsion prise sans évaluation sociale (ce qui est illégal) et avant la décision du juge.

François Le Clanche, suivie par une représente de l’ADIL depuis 2017, a multiplié les démarches administratives depuis pour se voir proposer une solution de relogement. Vannes Golfe Habitat n’a pas réagi. Puis un délai (durant la trêve hivernale) a été accordé en 2017. Deuxième demande de délai en mars 2018, tandis que la victime a multiplié les démarches auprès d’autres bailleurs sociaux pour retrouver un logement. Toujours rien. Deuxième délai accordé, qui arrive à son terme (septembre 2018) aujourd’hui.

« En juin 2018, parce que Vannes Golfe Habitat avait le juge sur le dos, ils me font une proposition », nous dit Madame Le Clanche. « Ce qu’ils me proposaient, avec tous les problèmes de vétusté que j’ai rencontrés au préalable, était un appartement square La Bourdonnais, datant de 1955 donc encore plus vieux que le logement (1978) que j’occupe actuellement et qui rencontre tous ces soucis (NDLR : Vannes Golfe Habitat a d’ailleurs depuis débuté la réhabilitation des logements en juin 2018…). C’est l’endroit squatté par les marginaux que l’on voit à Vannes, ainsi que les trafiquants de drogue qui veulent vous en vendre. C’est vétuste, ça craque de partout, j’ai refusé. Je ne vais pas mettre ma vie en danger tout de même. J’ai donc refusé cette proposition ».

Pour elle, « Vannes Golfe Habitat a fait exprès de me proposer cela sachant que j’allais refuser, pour ensuite argumenter devant le juge de mon expulsion, sachant que j’avais demandé une troisième audience. Ils font tout pour me mettre dehors. J’ai reçu récemment un message d’eux quand j’ai déposé mon dossier DALO (droit au logement opposable), qui voulait fixer un rendez-vous, en vue de la restitution de l’appartement. J’y suis allé avec l’assistante sociale. D’emblée, on m’a informé du lancement de la mesure d’expulsion avec le concours de la police. On m’a menacé de saisie de mes meubles, et de me retrouver à la rue — je n’ai pas de résidence secondaire. J’ai pourtant dit que j’envisageais de reprendre un travail — je n’ai pas le choix — pour payer des charges locatives abusives — c’est quand même fou. J’ai 65 ans, je suis célibataire. C’est plus facile de s’attaquer à moi qu’aux gens qui payent leur loyer avec l’argent de la drogue, par exemple. Je suis bilingue, j’aimerais avoir un poste de rédactrice et de correctrice de documents. »

Si jamais Madame Le Clanche était expulsée, elle serait à la rue, immédiatement, sans les trois chats qu’elle affectionne tant. « Ils feront tout pour que je sois expulsée avant le 31 octobre vu que la trêve hivernale commence le 1er novembre ». Une lettre a été écrite à François Goulard, président du département, mais aussi à Christian Jacob. Des responsables du logement autour de Vannes ont également été contactés.

« Ils attendent un malheur peut-être chez Vannes Golfe Habitat ? »

Nous avons contacté la Préfecture du Morbihan, qui nous indique ne pas pouvoir communiquer sur les dossiers individuels : « Si une procédure d’expulsion est engagée, c’est que des textes de loi le permettent » nous dit-on.

Même réponse du côté de Vannes Golfe habitat qui confirme l’expulsion demain matin et qui ne veut pas s’expliquer, et silence pour le cabinet de François Goulard.

Mais pourquoi cet acharnement ? « Ils n’ont pas apprécié que je dénonce certains problèmes liés au logement. L’immeuble n’est pas entretenu. Le constat d’huissier fait à l’époque démontre bien une vie normale n’est pas possible dans l’appartement que j’occupe. Je me suis battue seule. Vannes Golfe Habitat craint une plainte collective, et que cela fasse tache d’huile chez les autres locataires. Mais le problème, c’est que dans la résidence certains sont sous curatelle, et ne peuvent donc pas agir. D’autres payent leurs loyers, sans rien dire, par peur d’être expulsés eux aussi. »

Actuellement, Madame Le Clanche vit avec 1040 € de retraite par mois, et elle est éligible aux APL. Elle peut donc louer un logement social de type T2 (elle est actuellement en T3). « Je paye actuellement 300 € tous les mois à Vannes Golfe habitat – pour 280 de loyers et 63 euros de charges. Si mes APL n’avaient pas été suspendues pour cause de résiliation de bail, je pourrais payer l’intégralité de ce que je dois tous les mois ». Effarant.

Nous contacter rapidement ([email protected]) si une proposition peut lui être faite pour mise en relation. Contactez Vannes Golf Habitat (02-97-63-21-11) pour tenter d’avoir des explications.

Le relogement rapidement, c’est aussi ce que demande David Cabas, responsable DLF (Debout la France) du secteur : « Alors que François Goulard et tous ses amis Les Républicains du Morbihan accordent beaucoup d’importance au logement digne des migrants, je souhaite qu’on accord autant d’importance au logement ou relogement de cette vannetaise. Je dénonce cette situation et demande aux élus de Vannes de trouver une solution pour cette dame. Je demande aux médias locaux de venir en aide à cette dame, qui risque de se retrouver à la rue à la veille de la trêve hivernale. »

En attendant, la retraitée vit dans l’angoisse, de l’arrivée de la police, d’un coup de sonnette en vue de son expulsion. Scandalisés, les opérateurs réalisant les travaux de réhabilitation dans la résidence Montaigne lui ont apporté leur soutien, ainsi que quelques voisins.

« Ils attendent un malheur peut-être chez Vannes Golfe Habitat ? » lâche-t-elle, très inquiète. Il est vrai que la réputation de Vannes Golfe Habitat ne sortirait pas grandi de l’expulsion d’une femme célibataire, à la retraite, et sans entourage immédiatement à proximité pour l’aider. Impitoyable bureaucratie, forte avec les faibles, faible avec les forts…

Yann Vallerie

Crédit photo : wikipedia (cc) et breizh-info.com
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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