Abandon de Notre-Dame-des-Landes : vers une indemnisation d’AGO bien inférieure à ce qu’annonçaient les partisans du projet

Publicité

Quelle indemnité l’État va-t-il devoir verser au groupe Vinci pour avoir abandonné la construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes ? Interrogé par le gouvernement, le Conseil d’État a rendu un avis sur la question à la fin de la semaine dernière. Il confirme les orientations révélées par Breizh-info voici quelques mois.

Les partisans du nouvel aéroport avaient toujours affirmé que les indemnités dues seraient colossales – plus coûteuses même que la construction d’un aéroport selon certains ! Les montants agités se chiffraient en centaines de millions d’euros. « L’indemnité peut contractuellement monter jusqu’à 450 M€ » persiste à affirmer l’association pro-aéroport Ailes pour l’Ouest. Elle n’a peut-être pas lu jusqu’au bout l’avis du Conseil d’État.

Des conditions anormales – consenties par qui ?

L’État ne peut échapper au versement d’une indemnisation, estime il est vrai le Conseil d’État. À quelle hauteur ? En valeur 2018, note-t-il, l’application littérale de la formule prévue au contrat aboutirait à un montant d’indemnisation « compris entre 425 millions d’euros [et non 450] et 305 millions d’euros ». Mais il ne s’en tient pas là. Notant qu’AGO reste concessionnaire des aéroports de Nantes et Saint-Nazaire et n’a réellement investi dans le projet, entre 2011 et 2018, que 9 millions d’euros, il affirme avec force que ces montants sont simplement délirants :

« De tels montants d’indemnisation du manque à gagner seraient, au regard du taux de rentabilité qu’ils procureraient effectivement aux actionnaires de la société AGO, dénués de tout sens sur un plan économique et feraient encourir à l’Etat le risque de contrevenir à la prohibition faite aux personnes publiques de consentir des libéralités.

Le Conseil d’État ne calcule pas de montant exact. Il invite l’État et AGO à convenir d’une indemnité fondée sur des « paramètres pertinents » qui sont « notamment » le « volume des fonds réellement investis » (9 millions d’euros, donc) et « la durée au cours de laquelle ces fonds ont été effectivement immobilisés » (sept ans). Ainsi calculée, l’indemnisation ne dépasserait pas quelques dizaines de millions d’euros, bien loin des chiffres agités précédemment.

Le Conseil d’État fait donc litière de l’un des arguments majeurs brandis par les partisans du projet : non, son abandon ne se traduira pas par des centaines de millions d’euros d’indemnités. Mais il reconnaît que, sur le papier, la mécanique du contrat initialement signé entre l’État et le groupe Vinci menait à des montants de cet ordre. Ce qui relance avec une acuité accrue une question posée à l’époque par les adversaires du projet : par qui et pourquoi l’État s’est-il trouvé engagé dans un contrat aussi déséquilibré ?

E.F.

Illustration : avis rendu par le Conseil d’État
[cc] Breizh-info.com, 2018, Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine.

Publicité
Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

Les commentaires sont fermés.

Publicité

LES DERNIERS ARTICLES

SOS Méditerranée

A La Une, Politique

Loire-Atlantique : 50 000 € du Département à SOS Méditerranée, le RN dépose un recours devant le tribunal administratif

Politique

France Inter : deux minutes trente qui font trembler la Maison ronde

Environnement, Insolite

Et si les plantes chantaient ? À Gaujacq, la « musique des plantes » intrigue chercheurs et agriculteurs

Tourisme

Audierne : au Cap Sizun, une auberge familiale mise sur les séjours longs depuis 60 ans

Culture & Patrimoine, Patrimoine

Journées du patrimoine 2026 : le château de la Roche Goyon fait revivre le siège de 1597

Culture, Culture & Patrimoine

La tapisserie et les héritiers

International

Ceuta, le gouvernement espagnol avait été averti de l’invasion

Agriculture, Economie

SPACE 2026 à Rennes : l’eau au cœur de la 40e édition du salon de l’élevage

Economie

Grève chez Volotea du 4 au 6 septembre : Nantes, Rennes et Brest concernés, ce que peuvent réclamer les passagers

Culture, Culture & Patrimoine, E brezhoneg, Histoire, Patrimoine, Sociétal, Société

« Difi 1000 familh », ur bloaz dija !

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

A La Une, Politique

Loire-Atlantique : 50 000 € du Département à SOS Méditerranée, le RN dépose un recours devant le tribunal administratif

Découvrir l'article

Economie

Grève chez Volotea du 4 au 6 septembre : Nantes, Rennes et Brest concernés, ce que peuvent réclamer les passagers

Découvrir l'article

Environnement, Politique

On croyait que Nicolat Hulot faisait du surf à Saint-Lunaire…

Découvrir l'article

Animaux

Pièges à colle : une pétition vise le GiFi de Trignac

Découvrir l'article

Immigration, Insolite, Local, NANTES

Insolite : Les terres exploitées par les alterno-gauchistes de Notre-Dame des Landes vont servir de « terres de compensations écologiques » pour le Centre de Rétention Administrative de Nantes !

Découvrir l'article

Environnement

Éolien en mer : PIEBÎEM dénonce une enquête publique lancée en plein été sur le raccordement de Bretagne Sud

Découvrir l'article

Sociétal

Mort de Raoul Vaneigem, le situationniste qui voulait abolir le délit d’opinion

Découvrir l'article

Politique

Fedorova : incapable d’expulser les criminels, l’État français se venge sur une journaliste

Découvrir l'article

A La Une, Politique

Arcom : 200 000 euros d’amende à CNews, ou comment installer la censure préventive

Découvrir l'article

International, Justice

Légitime défense : après un fait divers notable, le gouvernement italien légifère

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.