Nantes. Noël slave : féérie sur la Cathédrale

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Comme nous l’avons annoncé, l’association LumiNantes fera du 20 au 28 (sauf le 24) des spectacles lumineux sur la Cathédrale – et le Museum d’Histoire Naturelle. Nous avons assisté ce 19 décembre à la première – deux projections en réalité sur la Cathédrale, à partir de 19h30.

Le spectacle s’annonce « totalement différent d’Angers » (à Noël 2017) bien que sur la même thématique. Thierry Coquillet, directeur des partenariats du Crédit Mutuel (centre-ouest) qui accueille la conférence de presse dans ses locaux, face à la Cathédrale, dans son « navire amiral », est fier de « l’initiative d’un de nos collaborateurs », à savoir François-Xavier Vandanjon, co-fondateur del’association LumiNantes.

Olivier Château, adjoint au patrimoine et au quartier Nantes sud, est présent pour le compte de la Ville de Nantes. Il parle de « poésie, froid, neige, les steppes glacées,Tolstoï… on imagine plein de choses avec le Noël slave. C’est un spectacle qui rassemble toutes les générations ». Il nous précise que « la Ville est le premier partenaire, avec 102.000 € de subventions ; il y a en outre une vraie évolution technique avec les effets 3D et la bande son, une montée en qualité depuis 2014. C’est l’univers féérique des tableaux d’Alain Thomas ».

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Présente pour la région, Laurence Garnier (LR) constate que « la première angevine de ce spectacle itinérant en Pays de Loire a remarquablement fonctionné ». D’ailleurs le spectacle sera « probablement à Angers l’an prochain et dans un autre territoire des Pays de Loire. La Cathédrale est un écran assez formidable. On voit à quel point le patrimoine sert la création contemporaine.On apprécie beaucoup l’oeuvre d’art d’aujourd’hui, et on connaît mieux celle d’hier », dont les motifs sont ciselés et mis en valeur par le spectacle lumineux. La région des Pays de Loire le subventionne « à hauteur de 50.000 € » nous confirme-t-elle.

Pour elle, « on a longtemps refusé de transmettre, et aujourd’hui il y a un impératif de transmission ». Après la première projection, elle nous confie que le « spectacle est sublime, c’est la façon la plus belle de marier création et patrimoine. Il y a un travail artististique et technologique au service de la culture – ce qui fait écho à l’évenement Culturofutur que nous allons lancer en 2019 sur les Pays de Loire, avec les acteurs de la culture, de l’innovation et de l’entreprise », et un budget prévisionnel de « 400.000 € en 2019 ».

Petite remarque, le spectacle est sous le haut patronage de François de Rugy. « C’est une démarche de sa part, il a eu un coup de coeur pour le spectacle », nous explique Wilhelm Thomas. « Il a été séduit par les valeurs écologiques du spectacle, le travail d’Alain Thomas avec la LPO, la projection d’oiseaux sur le Museum d’Histoire Naturelles ». Son ministère a-t-il versé une subvention ? « Non, mais cela signifie que l’État nous soutient à travers lui ».

Franck Marty, responsable de l’équipe des créateurs de Spectaculaires, l’entreprise rennaise qui a conçu le spectacle, explique qu’il a « vécu avec la Cathédrale pendant deux mois. C’est un travail très complexe ». Cette année,petite innovation : « tous les ans le spectacle démarrait par un toucan, cette année ce sera différent, il y aura deux toucans. Un de l’Amazonie et un de l’est », qui se rencontreront et iront visiter leurs contrées respectives.

Sa société conçoit aussi des spectales à Quimper, Lausanne – sur l’Hôtel de Ville – Rennes, où elle n’assure plus que la projection technique après l’avoir conçu des années durant, Paimpot, Genève, sur le Palais des Papes d’Avignon l’été, le palais des Maharadjas de Jodhpur, à Brixen en Italie du Nord (Bressanone, en Trentin – Haut Adige), sur la Cathédrale de Chartres en avril prochain… « Ici, on a un budget de 130.000 € pour la conception, et il faut une vingtaine de personnes dessus dont 12 infographistes ».

La technique utilisée est celle du mapping vidéo, adaptée aux reliefs de la Cathédrale dont la façade a été modélisée en 3D en 2014 – pendant un mois entier avec une équipe de quatre personnes à temps plein. Cette année, une application mobile Lucia Nantes 2018 – développée, conçue et offerte par BeApp – a été lancée pour accompagner le spectacle et permettre de découvrir l’univers des oeuvres d’Alain Thomas.

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Neige, ors et bleu marial

La première projection ne déçoit pas : avec Casse-Noisettes de Tchaïkovsky et de la neige en ouvertures, c’est bien la Russie qui est à l’honneur. Puis on entend des choeurs bulgares, et même les Yeux Noirs, une romance d’origine tzigane.

Beaucoup d’effets sont empruntés au théâtre, avec des fils, des décors qui montent, des coupoles gigognes, des personnages inspirés des loubki, ces estampes populaires russes – on y trouve même un ours, qui voisine avec… un zèbre. Sans oublier la Zhar-Ptitsa ( Жар-пти́ца), le phénix russe, qui traverse en biais la Cathédrale, s’élançant vers le ciel. Le dernier tiers est cependant plus axé sur la mise en valeur de la façade, tour à tour dorée, bleu et or, ou encore bleu marial – un Ave Maria résonne d’ailleurs en fond sonore.

Ce phénix, Wilhem Thomas, le fils d’Alain Thomas dont les tableaux donnent matière au spectacle, y « tenait particulièrement ; C’est un hiver flamboyant, avec des couleurs vivifiantes mais reposantes – chaleureux pas qui ne heurte pas le regard ». Alain Thomas relève lui, « une vraie évolution technique depuis deux ans. Les vols d’oiseaux étaient en aplats, maintenant c’est en 3D, il y a beaucoup plus de mouvement, comme dans la scène d’hiver avec les musiciens et les animaux ».

L’artiste a aussi initié un partenariat avec le Museum d’Histoire Naturelle, auquel il donnera un tableau, « dessiné mais pas encore fait, de 55×46 cm très exactement qui va représenter des oiseaux exotiques d’Amérique du Sud ».

Un dispositif de sécurité solide

Pour montrer du 20 au 28 décembre ce « croisement contemporain de Jules Verne avec Jean-Jacques Audubon », le parvis de la Cathédrale sera complètement fermé de 18 à 22h, même pour les riverains. Pas moins de 65 agents de sécurité et 30 bénévoles accueilleront les gens, avec fouille des sacs. L’accès pour les personnes à mobilité réduite et la presse se trouve rue du Roi Albert, deux autres entrées – dont une peu sollicitée habituellement, place Dumoustier.

Du reste, il est conseillé de ne pas venir aux deux premières soirées – où l’attente pourrait dépasser 20 minutes – et éviter les sacs à dos ou les cadeaux de Noël emballés. « On invite à venir à partir de la troisième séance », confirment les organisateurs.

A découvrir : Sur la Cathédrale, 5 représentations de 15 minutes seront proposées entre 19h30 et 21h45, toutes les demi-heures : à 19h30, 20h, 20h30, 21h et 21h30, du 20 au 28 décembre sauf le 24 ; les 22, 23 et 25 décembre la première séance aura lieu à 20h et la dernière à 22 heures. Le public se rassemble place Saint-Pierre, devant la Cathédrale. Sur le Museum, du 20 au 28 (sauf le 24) de 18h à 21h30 des animations auront aussi lieu dans le square situé immédiatement au nord du Muséum, toutes les 15 minutes, en boucle.

Crédit photo : breizh-info.com
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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