C’est l’un des maux silencieux les plus répandus de la planète : environ 1 milliard de personnes souffrent d’apnée obstructive du sommeil, dont plus de 400 millions sous forme modérée à sévère. Ces interruptions répétées de la respiration pendant la nuit — la langue et les tissus de la gorge s’affaissant et bloquant les voies aériennes — fragmentent le sommeil, privent l’organisme d’oxygène et augmentent à terme les risques d’hypertension, d’insuffisance cardiaque, d’AVC et d’accidents de la route. Le traitement de référence reste la machine à pression positive continue (PPC, ou CPAP), efficace mais contraignante : jusqu’à 6 patients sur 10 finissent par abandonner leur masque, entre inconfort, sécheresse ou sensation d’étouffement.
Un « pacemaker » pour la langue
Pour ces réfractaires au masque, une alternative existe depuis une dizaine d’années : la stimulation du nerf hypoglosse, autorisée par la FDA américaine dès 2014 pour les apnées modérées à sévères. Le principe : un petit boîtier implanté sous la peau envoie, à chaque respiration, une légère impulsion électrique au nerf qui commande la langue, l’empêchant de retomber en arrière et de bloquer le passage de l’air. Les spécialistes le décrivent volontiers comme un pacemaker des voies aériennes : le patient allume l’appareil au coucher, l’éteint au réveil. L’intervention dure environ 2 heures, le dispositif est activé au bout d’un mois, puis réglé progressivement.
Une étude publiée en mai dans la revue pneumologique Chest vient de confirmer la durabilité de l’approche. Menée sur 138 patients implantés dans le cadre d’un essai randomisé (THN3), avec un suivi de 3 ans pour 104 d’entre eux, elle montre des améliorations substantielles et stables dans le temps : les apnées obstructives complètes ont été quasiment éliminées, les épisodes de respiration superficielle nettement réduits, pour une baisse d’environ 18 événements respiratoires par heure au bout de 3 ans. Les bénéfices s’étendent à la journée : la proportion de participants présentant un niveau normal de somnolence diurne est passée de 40 % au départ à plus de 70 % après 3 ans. Le ronflement recule tout autant — de quoi réconcilier bien des couples. Et l’adhésion, talon d’Achille de la PPC, ne fait pas défaut : plus de 80 % des participants se déclaraient satisfaits ou très satisfaits à 3 ans, et environ 90 % referaient l’intervention.
Pas une solution miracle pour tous
Les spécialistes du sommeil tempèrent toutefois : l’implant s’adresse à des profils précis — apnée modérée à sévère, échec réel et documenté de la PPC, poids compatible — et la sélection passe par une endoscopie sous sédation pour observer où et comment la gorge se referme pendant le sommeil, certains types de collapsus répondant mal à la stimulation. Les effets indésirables restent généralement modérés (gêne à l’incision, picotements de la langue, sécheresse buccale), les complications nécessitant une reprise chirurgicale étant rares.
Surtout, l’implant ne dispense pas de traiter les causes : un nez chroniquement bouché, qui force la respiration par la bouche, peut à lui seul entretenir le problème — et parfois le régler sans chirurgie une fois soigné. Le poids joue également, avec un cercle vicieux documenté : l’apnée elle-même dérègle les hormones de l’appétit. Des praticiens signalent par ailleurs un phénomène nouveau chez les utilisateurs de traitements amaigrissants type Mounjaro : la fonte musculaire touche aussi les muscles de la gorge, et en cas de reprise de poids après l’arrêt, la graisse revient sans les muscles — avec des apnées parfois aggravées. Des exercices de renforcement de la gorge, à raison d’une trentaine de minutes par jour, permettraient de réduire les troubles respiratoires nocturnes de 39 % en 3 mois. Autant de raisons, pour les ronfleurs sévères, de consulter un spécialiste du sommeil plutôt que de choisir seul sa solution.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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