L’aéroport Brest-Bretagne pourrait perdre l’une des 8 bases françaises de Volotea. Selon le Syndicat des pilotes de ligne, la direction de la compagnie espagnole prévoit sa fermeture cet hiver, ainsi que des annulations de vols au départ d’autres bases françaises. L’information figure dans un communiqué diffusé samedi 5 septembre, au deuxième jour d’une grève des pilotes français du groupe.
Le mouvement, lancé conjointement par le SPL, le SNPL et l’UNAC, s’est déroulé du vendredi 4 au dimanche 6 septembre.
Les Canaries déjà rayées du programme d’hiver
Le désengagement brestois a d’ailleurs commencé avant même la fermeture annoncée. Volotea a supprimé ses liaisons hivernales entre Brest et les îles Canaries, ligne qui figurait au programme de la saison froide. Un mouvement identique frappe Marseille, où la desserte de la Grande Canarie, annoncée fin 2025 pour un démarrage en novembre 2026, a été annulée.
La compagnie n’est pas seule dans ce cas : Ryanair a annoncé le 2 septembre une réduction de son programme hivernal, invoquant la hausse du coût du carburant. Volotea, de son côté, a convoqué un comité social et économique extraordinaire pour informer les représentants du personnel de la situation économique de l’entreprise.
Le SPL ne croit pas au calendrier. Le syndicat estime que ces annonces tombent au moment précis où les salariés dénoncent l’absence de reconnaissance salariale, et y voit un moyen de faire pression.
Des pilotes espagnols et italiens sur les vols des grévistes
Le cœur du communiqué porte sur un autre grief, plus lourd. Les 3 organisations syndicales affirment que des pilotes basés notamment en Espagne et en Italie ont été mobilisés pour assurer des vols qui devaient être opérés par des pilotes sous contrat français ayant déclaré leur participation à la grève.
Les pilotes français avaient respecté le délai légal de déclaration de 48 heures. Ce délai, rappellent les syndicats, existe pour permettre à la compagnie d’anticiper les conséquences du mouvement et d’informer les passagers — pas pour organiser le remplacement des grévistes, ce que le droit français interdit.
Les 3 syndicats disent avoir adressé des alertes et des mises en demeure à Volotea avant la grève, avoir documenté et consigné les faits, et se réservent la possibilité de saisir la justice. Ils dénoncent également des pressions exercées par la hiérarchie sur des pilotes ayant régulièrement déclaré leur participation.
Le SPL pointe enfin un décalage entre le siège espagnol, où se prennent les décisions, et la réalité sociale française, estimant que le responsable France de la compagnie paraît sans prise sur ce qui se décide à Barcelone. Sa formule de conclusion tient en une ligne : le droit de grève ne s’arrête pas à la frontière espagnole.
Contactée vendredi par l’AFP, la compagnie n’a pas répondu. Le SNPL avait déjà relevé, avant le mouvement, l’habitude de Volotea de faire appel à des salariés espagnols pour combler les trous.
Une grille salariale figée depuis 2012
Sur le fond du conflit, les revendications portent sur les rémunérations, le rythme de travail et le manque de reconnaissance. Le SNPL affirme que la grille salariale de la compagnie n’a pas bougé depuis 2012, alors que les tâches confiées aux pilotes se sont multipliées, et que la direction s’est en revanche octroyé des augmentations de 23 % en moyenne en 2025. Les syndicats situent les pilotes de Volotea parmi les moins bien payés du marché, et signalent que beaucoup quittent la compagnie au bout de quelques années.
Selon les premières estimations syndicales, entre un quart et près de la moitié des vols étaient touchés vendredi.
EasyJet enchaîne les 13 et 14 septembre
Le calendrier social du secteur ne s’arrête pas là. Les pilotes d’EasyJet France, deuxième transporteur aérien du pays, appellent à la grève le dimanche 13 et le lundi 14 septembre. Leur grief est différent : l’instabilité chronique des plannings. La section SNPL de la compagnie décrit des emplois du temps qui n’ont plus, en fin de mois, une seule journée identique à celles du début, et des journées pouvant changer 10 fois la veille.
Les hôtesses et stewards de la compagnie avaient obtenu en août, après un mouvement pour les mêmes motifs, un accord prévoyant 5 jours par mois de plannings intangibles et une indemnité en cas de changement de plus de 2 heures. Le syndicat s’étonne qu’EasyJet refuse d’étendre ces conditions aux pilotes, qui opèrent selon lui les mêmes avions et les mêmes rotations.
Ce que peuvent faire les passagers
Les vols annulés ou retardés de plus de 3 heures pour cause de grève du personnel de la compagnie ouvrent droit, sur les liaisons couvertes par la réglementation européenne, à une indemnisation pouvant atteindre 600 euros au titre du règlement CE 261, ainsi qu’au remboursement ou au réacheminement, et à une prise en charge en cas d’attente prolongée. La grève du personnel propre à un transporteur n’est pas considérée comme une circonstance extraordinaire l’exonérant de ses obligations.
Les 8 bases françaises de Volotea sont Bordeaux, Brest, Lille, Lyon, Marseille, Nantes, Strasbourg et Toulouse. Montpellier doit rejoindre le réseau en novembre.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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