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Après les élections européennes – et la déroute générale de LR, notamment à Nantes (autour de 8,5 % des voix, sensiblement le même score qu’un RN longtemps défavorisé par la composition sociologique de la ville), nous avons interviewé Blandine Krysmann, conseiller municipal (Parti chrétien-démocrate) de l’opposition à Nantes.
Breizh-info : Blandine Krysmann, que pensez-vous des résultats de LR à Nantes ?
Blandine Krysmann : C’est conforme à ce qui se passe dans les grandes villes, qui n’ont pas le même électorat que dans les campagnes, les écolos sont bien implantés et ça se voit. Par ailleurs une partie de l’électorat de droite est allée voter LREM. Mais il serait bien hâtif d’en faire des conclusions pour les municipales.
Breizh-info : La droite a aussi été siphonnée par le RN ?
Blandine Krysmann : Une partie de l’électorat est clairement rentrée dans le duel LREM vs RN, mais le Rassemblement national n’a pas fait de poussée sur Nantes.
Breizh-info : Cependant, dans des bureaux de vote situés aux abords de certains quartiers dits « sensibles », l’insécurité quotidienne a poussé les électeurs vers le RN, faute d’une droite suffisamment active sur le sujet.
Blandine Krysmann : On peut reconnaître que l’électorat de la droite s’est réparti entre les deux pôles. Il faut reconstruire la droite – sur Nantes il n’y a cependant pas de percée historique du FN, et puis pour les municipales, ce sera tout autre chose, car il faudra avoir un programme pour la ville de Nantes.
Breizh-info : Cependant, au conseil municipal du 1er février, les Nantais ont pu constater que Laurence Garnier [chef de file de l’opposition LR, élue à la Région] et Johanna Rolland, maire de Nantes, se livraient à une désolante course à l’échalote dont l’enjeu est de savoir qui finance le plus l’immigration-invasion avec l’argent public ?
Blandine Krysmann : Ce n’est pas la même optique. Mais il faut un minimum de dignité. On l’a suffisamment répété, Johanna Rolland a créé un appel d’air, des tas de communes font des choses pour les migrants sans le mettre sur la place publique, Nantes l’a affiché et est devenue l’une des villes où il y a le plus de migrants qui arrivent. Mais on ne peut pas les laisser dans des conditions indignes.
Breizh-info : Que pensez-vous de la situation du squat de migrants dans le gymnase de Beauséjour, certes situé à Saint-Herblain, mais à quelques centaines de mètres de Nantes, et dont les riverains vivent un calvaire ?
Blandine Krysmann : Le diocèse est en discussion avec diverses mairies, ils ont déjà mis des bâtiments à disposition pour les migrants [notamment l’ancienne maison des œuvres rue Gaston Turpin] et puis c’est à Saint-Herblain, pas à Nantes.
Breizh-info : Les migrants évacués du square Daviais l’été dernier et qui devaient être hébergés jusqu’en avril le sont-ils encore, aux frais du contribuable ?
Blandine Krysmann : Un des centres a été repris par l’État. À Batz, ils ont envoyé des migrants d’un squat du quai Wilson, vidé par la même occasion, mais il y a eu un embrouillamini – ils ont été hébergés dans une structure prévue pour 35 et où ils n’étaient que 6, pendant un mois et demi de début janvier à mi-février, ce qui a occasionné un surcoût de 100 000 €. Et il y en a encore à Mellinet et dans le sud de Nantes [Clos-Toreau].
Breizh-info : Les derniers conseils municipaux montrent que la droite avalise la quasi-totalité des subventions communautaristes diverses (migrants, lobby gay, lobby du genre) proposées par la municipalité PS. À quoi sert l’opposition ?
Blandine Krysmann : On ne les vote pas toutes, et elles sont souvent présentées dans un amas avec d’autres subventions qui paraissent utiles.
Breizh-info : Qu’est-ce qui vous empêche de demander systématiquement des votes séparés, comme le font d’autres élus d’opposition dans d’autres villes ?
Blandine Krysmann : Il nous arrive de le faire.
Breizh-info : Avez-vous défini les idées-forces de votre projet pour 2020 ?
Blandine Krysmann : On y travaille. Mais contrairement à d’autres, nous avons déjà une tête de liste [Laurence Garnier]. Donc nous travaillons sur les idées.
Propos recueillis par Louis-Benoît Greffe
Crédit photo : DR
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