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Les jours passent et le nombre de cambriolages de magasins – principalement des commerces, notamment d’hôtellerie-restauration (CHR) ne cesse d’augmenter. Aux cas déjà listés précédemment se sont ajoutés une bonne dizaine d’établissements depuis le début de l’année, et au moins le double pendant les fêtes de fin d’année. Dans la seule nuit du 26 au 27 décembre, dix commerces ont été cambriolés à Nantes.
Mi-janvier, un bar rue Scribe en a fait les frais, ainsi que deux boutiques en une nuit rue de Verdun. Le 19 janvier vers 7h15, des riverains rue Voltaire appellent la police car deux jeunes d’origine extra-européenne sont en train de casser des vitrines ; l’un d’eux est arrêté sur place, l’autre fuit. À chaque fois le mode d’action est le même : un objet lourd et contondant (pierre, grille d’égout, potelet) pour briser la vitrine, puis les voleurs s’emparent du fond de caisse.
« Ils savent que les commerçants n’ ont pas les moyens de mettre du double vitrage partout et ne vont pas trop s’étendre sur le préjudice », relève un policier nantais. Du coup, des vitres en contreplaqué signalent piteusement les vols, ainsi que des vitres étoilées. À ces vols s’ajoutent des tentatives qui causent parfois des préjudices lourds – par exemple sur le tabac situé à l’angle des rues Bel Air et Bellamy, mi-janvier encore : la vitre de la porte a été cassée mais les voleurs n’ont pu aller plus loin grâce au rideau de fer ; résultat, 600 € de préjudice à la charge du commerçant.
Plusieurs équipes détroussent actuellement les commerces du centre-ville ; l’une d’elles, équipée de pieds-de-biche, ne s’attaque qu’aux cafés-restaurants et s’empare aussi des alcools fins. Près du Nouvel An, la réserve de champagne d’un établissement situé près du temple protestant a ainsi été embarquée.
Des patrons de bar receleurs ?
« Ils les revendent à des bars tenus par des repris de justice, de l’alcool volé, ça se vend à la moitié voire au tiers du prix, et au moment des fêtes, tous les établissements ont de grosses réserves d’alcools chers, de champagnes, etc », explique un cafetier nantais chevronné. Un autre établissement situé dans le Bouffay, rue Bossuet, a aussi été visité par l’équipe au pied-de-biche.
Place du Bon-Pasteur, un autre établissement a fait les frais dans la nuit du 26 au 27 décembre d’un voleur isolé, « du type pays de l’Est, en jogging et doudoune », explique un collaborateur. Il a « tenté de forcer la porte avec son tournevis, puis a ouvert la porte-fenêtre, a embarqué le fond de caisse et un Tiramisu dans la vitrine » ; le voleur est revenu le 27 au soir, a été surpris par le tenancier et a pris la poudre d’escampette.
Explosion des ventes de spray lacrymo
Outre les vitrines en contreplaqué, l’autre symbole en devenir de Nantes est le spray lacrymogène. Le nombre d’agressions sexuelles, de vols et de viols sur voie publique explose, et la liste des quartiers où ça craint, parfois dès l’après-midi, ne cesse de s’allonger (voir notre carte de l’insécurité mise à jour fin décembre 2019).
Du coup les victimes potentielles – jeunes qui sortent, serveurs et serveuses qui finissent tard, femmes, etc.) finissent par s’équiper. « Ça se vend, hélas, comme des petits pains », reconnaît un armurier en centre-ville. « Sur huit jours, j’ai du en vendre plus d’une centaine », à 17 € (petite) ou 24 € pièce.
Louis Moulin
Photo d’illustration : DR
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