La composition sociologique d’une ville détermine l’élection. Et la politique culturelle dépend de la couleur idéologique de la municipalité. La droite a ses “clients“ et la gauche a les siens ; ils n’ont pas les mêmes centres d’intérêt. Un maire soucieux de sa réélection tient compte de cette réalité. Et là, Nathalie Appéré sait faire.
Elle a gagné les élections municipales, elle a été réélue maire de Rennes, pour toutes ces raisons, Nathalie Appéré (PS) ne croit pas au « bloc central sans étiquette définie ». « La droite, c’est la droite. Et je suis plus que jamais de gauche. Je ne crois pas à cet espace central. En démocratie, on a besoin de clivages. Si on pose l’alternative entre le centre et les extrêmes, quand le premier s’effondre, il ne reste plus que les extrêmes. La démocratie à la bretonne, c’est ce qui fait perdre », raconte-t-elle. Nathalie Appéré croit en revanche dans le socialisme municipal, comme « échelon de protection face au risque d’une France d’extrême droite. Bail réel solidaire, politiques culturelles fortes, éducation… On a la chance de pouvoir dire ce qu’est le projet d’une gauche municipale, et de participer à ce que le sentiment de relégation soit contenu. C’est une bataille culturelle à mener aussi par de la solidarité entre les territoires. » (Bretons, juin 2026)
Evidemment, il serait plus simple d’expliquer qu’à Rennes, comme à Nantes, la gauche est poussée par une sociologie favorable que l’on ne trouve que dans les métropoles : cadres sup, monde de l’université, professions libérales et intellectuelles… Or les classes dirigeantes votent à gauche… Si bien qu’à Nantes et à Rennes, le Parti socialiste a conservé l’hôtel de ville. C’est ce que confirme Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l’Ifop : « Ces grandes capitales régionales sont majoritairement à gauche, en raison d’une sociologie particulière, à forte proportion d’étudiants, de catégories sociales plutôt favorisées, et de populations assez mixées en termes d’origines, et de classes sociales. Il existe dans ces villes un “biotope“ spécifique, celui de la France des grandes métropoles : on pourrait reprendre les termes de David Goodhart et parler d’une France un peu anywhere, mondialisée dans sa façon d’appréhender le monde, dans ses modes de consommation, ses valeurs et, de plus en plus, dans ses modes de vie. » (Le Point, 26 mars 2026)
Le nouveau « think tank » du PS
Pour ce qui relève de la « bataille culturelle », le Parti socialiste est très outillé grâce à des annexes bien implantées ; la Fondation Jean Jaurès et Terra Nova bénéficient en effet d’une forte médiatisation et de moyens significatifs. Mais il faut croire que cela ne suffit pas puisque le PS lance un laboratoire d’idées dénommé « Noûs ». Il s’agit de « répondre à l’extrême droite sur le plan des idées, en s’engageant dans la bataille culturelle », paraît-il. Si Jean Jaurès et Terra Nova ont vocation à alimenter le débat public, ce nouveau cercle de réflexion travaille spécifiquement pour le PS ; il y a donc « complémentarité ». « Noûs souhaite s’attaquer à des sujets sur lesquels la gauche a peu planché ou manque de doctrine claire (…) Parmi les premières thématiques, le sommeil, le bruit ou l’intelligence artificielle. » (Le Monde, mardi 9 juin 2026)
Si Nathalie Appéré écoutait, par exemple, France Inter, elle saurait que la « bataille culturelle » existe bel et bien ; les animateurs de la « première radio de France » la mènent chaque jour – dans un sens qui devrait lui plaire. C’est le charme d’une radio « progressiste »…
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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