Le centre de Nantes soumis au masque anti-covid-19

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Comme Breizh-info le prévoyait avant-hier, Nantes est rentrée dans le rang. Un arrêté préfectoral publié hier soir impose le port du masque dans l’espace public sur une partie du territoire urbain à partir de vendredi. Des mesures comparables sont déjà en vigueur dans la quasi-totalité des villes françaises.

Après avoir traîné les pieds, les services de Johanna Rolland assurent que la décision a été prise « en concertation avec la Ville de Nantes ». Mais l’arrêté préfectoral, pris « sur proposition du directeur général de l’agence régionale de santé des Pays de la Loire et du secrétaire général de la préfecture de la Loire-Atlantique », renvoie à des constats objectifs inquiétants : le taux d’incidence du covid-19 en Loire-Atlantique a dépassé le « seuil d’attention » depuis le 7 août et continue à augmenter, de nouveaux foyers épidémiques ont été identifiés, « un grand nombre de personnes se regroupent dans certaines parties de la commune et notamment dans les zones commerciales et touristiques ».

Le masque est obligatoire pour tout le monde à partir de 11 ans dans tout l’hypercentre de Nantes, sur les parvis nord et sud de la gare et le long d’une partie des rives de l’Erdre. La Ville souligne qu’il doit être porté à pied, à vélo, en trottinette ainsi que par les joggeurs. Et ce de jour comme de nuit.

Les démasqués encourent une amende de 135 euros. Et de 1 500 euros en cas de récidive dans les quinze jours. Cependant, le comportement de l’amende risque d’être à l’inverse de celui du coronavirus : le contrevenant est sans doute mieux protégé au sein de la foule. On imagine mal un équipage de la police municipale distribuant des P.V. par poignées aux centaines de jeunes rassemblés sur les quais de l’Erdre certains jours à la nuit tombée.

Des exemptions qui étonnent

Mais peut-être les fêtards déserteront-ils les quais de l’Erdre pour ceux de la Loire. Car le quai François-Mitterrand, où déjà l’on s’entasse souvent, n’est pas dans la zone à masque obligatoire. Pas plus que la passerelle Schoelcher voisine, très fréquentée à certaines heures. Ni surtout, un peu en aval, le parc des Chantiers et le Hangar à bananes, totalement exemptés de masque. En permanence pourtant une foule dense et animée entoure le Grand éléphant des Machines de l’île quand il traverse le parc. S’il y a danger de transmission du virus en plein air quelque part à Nantes, c’est probablement là.

Ou peut-être aussi au château des ducs de Bretagne (1). Ou au Jardin extraordinaire et sur le belvédère voisin. Et plus encore au jardin des Plantes, surtout du côté des jeux pour enfants, de l’enclos des chèvres et de la volière. Avec une circonstance aggravante : les personnes âgées, plus sensibles au virus, y sont nombreuses. La différence de traitement appliquée à ces espaces étonne, tout autant que l’exemption des Champs Elysées à Paris. La Ville de Nantes a-t-elle négocié avec la Préfecture pour que les précautions sanitaires ne soient pas appliquées dans ces lieux à vocation touristique ?

(1) Mise à jour au 14 août : Le château des ducs de Bretagne n’est pas compris dans le périmètre de l’arrêté préfectoral du 12 août. Le paradoxe de cette exemption sautait aux yeux ! Le 13 août, le château a décidé d’imposer le port du masque à ses visiteurs à partir du 14.

E.F.

Illustration : carte Préfecture de Loire-Atlantique et Ville de Nantes.
[cc] Breizh-info.com, 2020, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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