Jean-Yves Le Gallou : « Le régime Macron, c’est l’anarcho-tyrannie »

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Dans un tweet du mois de janvier, Jean-Yves Le Gallou, de la fondation Polémia, évoquait le concept d’anarcho-tyrannie qui « consiste pour l’État à criminaliser des citoyens paisibles qui obéissent à la loi tout en se refusant à punir les délinquants. C’ aussi le refus d’appliquer des lois existantes tout en prenant de nouvelles qui criminalisent les innocents ».

M. Le Gallou étant depuis plusieurs décennies très souvent inventeur de mots et de concepts qui ensuite, s’imposent dans le débat public, nous avons voulu en savoir plus sur l’anarcho-tyrannie.

Breizh-info.com : Jean-Yves Le Gallou, dans vos tweets, sur Polémia, vous parlez beaucoup de l’anarcho-tyrannie. De quoi s’agit-il ?

Jean-Yves Le Gallou : L’anarcho-tyrannie est un régime qui met l’ordre au service du désordre. Je m’explique. L’État tolère les atteintes aux lois lorsqu’elles sont le fait de groupes minoritaires (ethniques, raciaux, religieux, ou de militants d’extrême gauche). Il va même jusqu’à financer des actions de déconstruction des mœurs et des coutumes héritées de l’histoire et de la civilisation. Et en même temps, il réprime sévèrement les groupes qui tentent de s’opposer par les actes ou simplement par la parole à ces dérives.

Breizh-info.com : Donnez-nous des exemples !

Jean-Yves Le Gallou : Commençons par évoquer une grande fiction : Le Camp des saints de Jean Raspail. Dans ce roman, l’invasion de la France par des masses venues du sous-continent indien est rendue possible par la lâcheté des élites qui débouche sur la liquéfaction de l’État face à l’invasion. Et en même temps quand des groupes de résistants tentent de faire front dans le Var, l’État se ressaisit et envoie l’armée française – en l’occurrence l’aviation – liquider les résistants. Quel symbole !

Breizh-info.com : C’est une fiction, parlez-nous du réel ! Sur l’insécurité, par exemple.

Jean-Yves Le Gallou : Allons-y !

– Un propriétaire dont la maison est squattée mettra plusieurs années à exiger de la justice qu’elle le rétablisse dans ses droits et aura du mal à obtenir le concours de la force publique pour reprendre possession de son bien. Et en même temps, s’il tente de récupérer son logement par ses propres moyens, la justice sera aussi rapide qu’implacable.

– Un citoyen agressé ou cambriolé peut rarement bénéficier d’un concours rapide des forces de l’ordre. Et en même temps, s’il se défend lui-même, la justice considérera généralement la riposte comme disproportionnée et ne reconnaîtra presque jamais le droit à la légitime défense.

– Un jeune Européen qui refusera de baisser les yeux devant une bande de racailles devra défendre sa vie et son honneur avec ses poings. S’il perd la bataille, pas sûr que l’État s’active pour retrouver ses agresseurs. Et en même temps, s’il triomphe de son – ou de ses – adversaire(s), il risque des poursuites judiciaires pour violences volontaires, aggravées le cas échéant du chef de « racisme ».

Breizh-info.com : Et sur l’immigration ?

Jean-Yves Le Gallou : La police ferme généralement les yeux devant les musulmanes qui se promènent dans la rue en niqab, ce qui est pourtant interdit par la loi. Et en même temps, les jeunes féministes identitaires de Némésis qui ont organisé, sur le parvis des droits de l’homme à Paris, une manifestation symbolique contre le voile islamique à l’occasion du « Hidjab Day » ont fini en garde à vue.

– Les associations immigrationnistes complices des passeurs sont subventionnées par l’État et les collectivités locales, et reçues avec honneur dans les préfectures. Et en même temps, les Identitaires qui protestent, en Méditerranée, dans les Alpes ou les Pyrénées, contre l’intrusion d’immigrés clandestins sont menacés de dissolution.

– Lorsque le passeur de clandestins Cédric Herrou a été condamné en première instance en application de la loi, le Conseil constitutionnel (dans l’esprit que lui a inspiré depuis trente ans la « gauche morale » d’Olivier Duhamel) a profité d’une QPC (question prioritaire de constitutionnalité) pour casser le jugement au motif qu’il serait contraire à son interprétation du principe de fraternité. Et en même temps, l’écrivain Renaud Camus est régulièrement poursuivi pour délit d’opinion sans pouvoir faire valoir le principe de liberté, la liberté d’opinion étant la première des libertés.

– On pourrait aussi évoquer la loi contre le séparatisme, qui n’ose pourtant pas dénoncer son véritable objet, l’islamisme. Et en même temps, qui va permettre la mise en place de nouvelles législations liberticides.

Breizh-info.com : Sur la répression des manifestations ?

Jean-Yves Le Gallou :  Chaque année, il y a des centaines d’émeutes dans les banlieues d’immigration. La police hésite à intervenir et n’utilise que très rarement les lanceurs de balles de défense (LBD) pour rétablir l’ordre et se défendre. Mais, si par malheur un émeutier est blessé, alors le policier est suspendu et poursuivi. Et en même temps, plus de 25 Gilets jaunes – très souvent des manifestants pacifiques – ont été éborgnés mais, deux ans plus tard, l’IGPN et la justice traînent toujours des pieds pour instruire les faits.

– En théorie l’État et la police doivent être neutres. Mais black blocks et antifas ne sont guère inquiétés y compris lorsqu’ils s’attaquent à des policiers ou vandalisent une librairie, comme ils l’ont fait – à plusieurs reprises – pour La Nouvelle Librairie. Et en même temps, Didier Lallement, le préfet de police de Paris qui doit sa carrière au Grand Orient de France, n’a pas hésité à dire à un Gilet jaune : « Nous ne sommes pas dans le même camp, madame ».

– Quel plus bel exemple d’anarcho-tyrannie d’ailleurs que les vœux de ce préfet de police citant Trotski, l’inventeur des camps de concentration soviétiques. Et en même temps, l’homme de la révolution permanente ! C’est l’ordre au service de la déconstruction.

– On pourrait aussi mentionner le laxisme de la police et de la justice dans les banlieues. Et en même temps évoquer la vigueur et l’efficacité de la répression des contraventions routières et sanitaires. Sans oublier le zèle des propagandistes de la direction générale de la Gendarmerie nationale incitant, dès 17 heures, les Français à rentrer chez eux pour regarder France Télévisions, Netflix et Disney !

Breizh-info.com : Avez-vous des exemples dans d’autres domaines ?

Jean-Yves Le Gallou : Oui, dans l’Éducation nationale. Le déclin des connaissances est manifeste, selon les résultats PISA. Et en même temps, les professeurs qui cherchent à élever leurs élèves sont régulièrement réprimandés par leur hiérarchie, tout comme ceux qui ne cèdent pas au chantage islamiste dans leur enseignement en histoire et instruction civique. Comme Samuel Paty dont le lâchage administratif a précédé et permis l’assassinat.

Breizh-info.com : Et l’armée ?

Jean-Yves Le Gallou : L’armée est le sanctuaire de valeurs héroïques et de valeurs traditionnelles. Et en même temps, elle est utilisée par le pouvoir politique pour des actions désastreuses : première guerre d’Irak déstabilisant le Moyen-Orient, guerres d’agression de la Yougoslavie pour faire émerger deux micro-États musulmans (la Bosnie et le Kossovo), soutien des djihadistes en Syrie contre le gouvernement légal et renversement de Kadhafi en Libye, le tout entraînant l’invasion migratoire de 2015.

Breizh-info.com : D’où vous est venu le concept d’anarcho-tyrannie ?

Jean-Yves Le Gallou : Cela fait beaucoup d’années que je réfléchis au rôle malfaisant de l’État, instrument de soumission aux civilisations venues d’ailleurs et de répression contre les Français. Mais je manquais du mot et du concept pour décrire la situation. C’est Philippe-Joseph Salazar, normalien et rhétoricien, auteur d’une enquête sur « les gourous de la droite identitaire », publié chez Plon sous le titre un peu racoleur de Suprémacistes, qui m’a signalé ce concept qu’il a décrit dans la revue Influences et que Polémia a repris. L’inventeur du concept est un essayiste américain, Samuel Todd Francis, ancien du Washington Times, proche de Pat Buchanan et de Jared Taylor et auteur d’un essai sur l’État moderne, Le Leviathan. Voici sa définition (telle que traduite par Salazar) de l’anarcho-tyrannie : « Dans un État d’anarcho-tyrannie le gouvernement n’applique pas la loi et ne remplit pas les fonctions que son devoir légitime lui impose d’accomplir ; et en même temps l’État invente des lois et des fonctions qui n’ont pas de raison valide et ne répondent pas à un devoir légitime. Une caractéristique de l’anarcho-tyrannie est cette propension de l’État à criminaliser et à punir des citoyens innocents qui obéissent à la loi, et en même temps de se refuser à punir les délinquants. Une autre est le refus par l’État d’appliquer des lois existantes et de prendre encore plus de lois qui sont sans effet sur la véritable criminalité, mais qui criminalisent encore plus les innocents, ou restreignent leurs libertés civiles. » Vous noterez l’expression « et en même temps » qui figure deux fois dans ce texte. D’autant plus significative que l’auteur est mort en 2005 et ne pouvait pas connaître Macron ! Un texte vraiment prophétique, un concept fort utile.

Propos recueillis par YV

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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2 réponses à “Jean-Yves Le Gallou : « Le régime Macron, c’est l’anarcho-tyrannie »”

  1. Occidentale dit :

    Sur la photo notre Théâtreux impubéral a l’expression butée, fourbe et vicieuse de Hollande.
    Interview très intéressante qui ouvre bien le concept de l’anarcho-tyrannie sur ce que nous vivons.

  2. louis dit :

    bravo monsieur le gallou !

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