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La délinquance se calme à Nantes, sinon, qu’est-ce que ça serait. Pour preuve, l’accroissement subit du nombre…de fusillades, avec quatre épisodes en deux jours à peine à Nantes, faisant un mort et un blessé en urgence absolue.
Du sang, mais pas de blessés ?
Le 17 mai, rue de la Chicotière à Saint-Herblain, à l’entrée nord de Bellevue, cinq à six détonations ont été entendues vers 15h et au moins huit impacts et des traces de sang relevés dans le hall du numéro 5, squatté de façon récurrente l’après-midi et le soir par un groupe de jeunes gens apparemment oisifs, mais sans qu’aucun blessé ne se fasse connaître. C’est la 20e fusillade de l’année. Le tireur serait un motard et aurait rafalé le hall avant de repartir.
A Bellevue, un mort sans nom ?
Très vite, les événements s’emballent. Le soir du 17 mai, vers 20h45, un jeune homme descend du tramway à l’arrêt Neruda, ligne 1, toujours dans le quartier dit « sensible » de Bellevue. Une moto surgit, montée par deux hommes. Trois tirs au moins claquent, le jeune homme s’effondre. Il meurt sur place à 21h05 malgré les secours qui lui ont été apportés. C’est la 21e fusillade de l’année – et c’est aussi le second mort par balle de l’année, après un certain Sofiane Kabouche tué le 19 mars rue d’Angleterre à Malakoff lors de la 10e fusillade de l’année.
Une heure après le meurtre, deux personnes qui se disent proches de la victime donnent une photo et un nom pouvant correspondre à son identité. Mais… deux jours plus tard son identité reste à confirmer, car celle sous laquelle il figure dans le casier judiciaire est différente. Il avait à l’époque était condamné pour vols, probablement sous un faux alias.
Dans tous les cas, la victime, un homme d’une vingtaine d’année, est né en Algérie. Aux dernières familles, il a été identifié par ses proches, au commissariat, comme un certain Zakarya Dris, 23 ans, de nationalité algérienne. En France depuis juillet 2021, il aurait été selon ses proches à Nantes « depuis un mois pour une mission de travail dans la fibre optique » et était « en situation irrégulière ».
OK Corral à la station service route de Pornic
Nuit du 17 au 18 mai, station total de Cheviré, sur la route de Pornic, vers 2h30. Nuit noire, personne d’autre à la station qu’une caissière dans sa boutique, et une Audi qui fait de l’essence. Puis une Twingo arrive. Son conducteur en sort, prend à partie les occupants de l’autre voiture, puis un passager de la Twingo tire sur le conducteur et un passager de l’Audi avant de quitter les lieux. Un des blessés, atteint à l’abdomen, est toujours en danger de mort deux jours après ; l’autre est touché aux jambes. Il s’agit de la 22e fusillade de l’année.
Quant à la caissière, terrifiée derrière sa vitre blindée, elle a aussi été prise en charge par les pompiers, sous le choc. Seule station service ouverte H24 dans la métropole de Nantes avec sa boutique, elle n’a pas d’agent de sécurité – sans doute est-ce trop cher pour une petite PME du pétrole comme Total et inutile pour une ville si peu criminogène comme Nantes.
Et un ex-pompiste de confier à nos confrères d’Ouest-France (18.05) : « cette station est assise sur des braises. Rares sont les moments de sérénité sur les 12h de service, de nuit comme de jour. C’était un enfer. J’ai déjà eu des armes dégainées sous mes yeux ». Trois ex-employés qui ont côtoyé le danger pour 1300 à 1600 euros par mois ont attaqué aux prud’hommes après avoir vécu « l’enfer ».
Retour à Bellevue, un nouveau hall rafalé
Mais l’enfer des enfers, comme pour les phares, il est à l’ouest. Vers 2 heures du matin le 19 mai, rue de Morlaix à Bellevue de nouveau, le hall du 9 est rafalé – 13 impacts relevés sur la porte et la façade, le tireur selon les riverains était sur un deux-roues. C’est la 23e fusillade de l’année.
A qui le tour ?
Louis Moulin
Crédit photo : DR
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