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Cinq ans après un incident à Philadelphie (États-Unis) ayant déclenché des accusations de racisme à l’encontre du géant Starbucks, la société vient d’être condamnée à indemniser une ancienne directrice régionale licenciée dans la foulée. Le jury ayant conclu que le fait qu’elle soit blanche avait joué un rôle dans la décision de Starbucks.
Accusations de racisme chez Starbucks : comme un air de déjà vu…
L’affaire avait débuté au mois d’avril 2018. Dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, l’interpellation de deux individus d’origine afro-américaine dans un café de la chaîne Starbucks de Philadelphie (en Pennsylvanie) par des policiers avait déclenché une série de protestations à l’échelle des États-Unis sur fond d’accusations de racisme. Soit deux ans avant les manifestations du mouvement Black Lives Matter ayant rapidement gagné l’Europe.
Le personnel de l’établissement avait alors refusé l’accès aux toilettes aux deux hommes noirs alors qu’ils n’avaient rien commandé. Ces derniers indiqueront par la suite qu’ils attendaient un ami, lequel arrivera quelques minutes après leur interpellation.
Rapidement, l’habituel emballement médiatique se mettait en place et le PDG de Starbucks Kevin Johnson présentait ses excuses « les plus sincères aux deux hommes qui ont été arrêtés ». Dans la foulée, il annonçait que le groupe Starbucks allait effectuer « une revue complète de ses pratiques », ajoutant dans le même communiqué que Starbucks était « fermement opposé à la discrimination et au profilage racial ». Starbucks prenait même la décision extraordinaire de fermer temporairement 8 000 enseignes afin de sensibiliser ses employés aux « préjugés raciaux ».
De son côté, le commissaire de police de Philadelphie, lui-même noir, assurait que ses agents avaient bien agi, après avoir demandé aux deux hommes de quitter les lieux à plusieurs reprises.
Une directrice licenciée parce que blanche ?
Toutefois, l’affaire n’en est pas restée là par la suite. Shannon Phillips, une directrice régionale de Starbucks qui supervisait plusieurs établissements dans les états du New Jersey et de la Pennsylvanie, fut licenciée après cette polémique.
Cinq ans plus tard, lundi 12 juin 2023, un jury fédéral du New Jersey a finalement ordonné à Starbucks de verser 25,6 millions de dollars de dommages et intérêts compensatoires et punitifs à l’ancienne directrice régionale, de type européen.
Pour sa défense, Shannon Phillips avait soutenu qu’elle n’avait rien à voir avec les arrestations, mais que la direction de Starbucks l’avait utilisée comme « bouc émissaire » afin de prouver que l’entreprise prenait des mesures après la polémique de Philadelphie.
Le verdict du jury a ainsi conclu que la couleur de peau de la directrice avait joué un rôle dans la décision de l’entreprise de la licencier, ce qui constituait une violation de ses droits civiques.
Shannon Phillips. Source : Sky News australia
Au cours du procès, le directeur du café Starbucks de Philadelphie, qui est noir, a témoigné au cours des six jours de procès qu’il avait quant à lui conservé son emploi. L’avocate de Shannon Phillips, Laura Mattiacci, a déclaré aux jurés que le directeur du magasin n’avait pas été licencié parce qu’il était noir.
Starbucks : de curieuses injonctions hiérarchiques
Par ailleurs, toujours au cours du procès, Shannon Phillips a affirmé que Starbucks avait cherché à punir les employés blancs de Philadelphie et des environs, même s’ils n’étaient impliqués en rien dans l’incident survenu dans le café Starbucks en question. La directrice régionale a également déclaré que l’un de ses supérieurs, une femme afro-américaine, lui avait demandé de suspendre un directeur blanc qui supervisait d’autres Starbucks de Philadelphie, mais pas celui où l’incident avait eu lieu.
La femme aurait déclaré que la suspension était motivée par le comportement discriminatoire du directeur blanc, mais Shannon Phillips a déclaré qu’elle savait pertinemment que ces allégations étaient fausses et qu’elle s’était opposée à cette demande.
Pour sa part, Starbucks a soutenu au cours de la procédure que sa directrice régionale, qui travaillait pour la société depuis 13 ans, avait été licenciée pour avoir été inefficace et absente à la suite des arrestations. Le groupe a refusé de commenter le verdict du 12 juin.
Enfin, les deux Afro-américains arrêtés en 2018 (et âgés de 23 ans à l’époque) ont finalement vu les charges retenues contre eux abandonnées. Ils ont également conclu un accord non divulgué avec Starbucks, ainsi qu’avec la ville de Philadelphie. À l’époque, des manifestants avaient envahi le Starbucks local ainsi que d’autres café de la chaîne dans le reste des États-Unis, appelant à un boycott du groupe.

Les deux individus interpellés dans le café Starbucks en 2018. Source : Associated Press
Crédit photo : capture YouTube (photo d’illustration)
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2 réponses à “États-Unis. Starbucks condamné à verser 25,6 millions de dollars à une ancienne directrice licenciée parce que blanche [Vidéo]”
un male blanc à éradiquer, aujourd’hui ils s’en prennent aussi à un femme blanche!,
C’est pourtant facile de ne pas mettre les pieds dans ces Starbucks qui implantés dans les émirats ou autres interdisent l’accès aux femmes ! Le boycott des cette chaîne devrait se faire en France mais bon….tout le monde, ou presque, s’en fout !