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En prévision des élections municipales de 2026, les militants rennais du Rassemblement national ont créé une plateforme dénommée « Rassemblement pour Rennes ». Julien Masson, porte-parole du RN à Rennes, présente ainsi les choses : « L’objectif est de rassembler toutes les droites. Ceux qui ont voté pour Jordan Bardella, pour François-Xavier Bellamy et pour Marion Maréchal » (Le Mensuel de Rennes, janvier 2025). Un discours étonnant puisque non seulement Marine Le Pen a toujours refusé la théorie de l’« union des droites », mais encore elle n’a jamais déclaré être de « droite » – à la différence de Jean-Marie Le Pen qui, lui, se voulait “de droite“. Julien Masson n’a pas l’air d’être au courant… En revanche, Marion Maréchal a toujours défendu le principe de l’ « union des droites ». Par conséquent, Julien Masson devrait changer de boutique. On peut ajouter que l’électorat “populiste“ (RN-classes populaires) se mêle difficilement avec celui de « droite » (LR-classes aisées) – sociologiquement parlant, ce sont deux mondes différents.
L’actualité politique donne également tort à Julien Masson puisque le « socle commun » de Michel Barnier et de François Bayrou regroupe les groupes macronistes (Renaissance, Horizons, Modem) et la droite (Droite républicaine-LR). L’union de la droite et du centre est donc chose faite à l’échelon national. A Nantes, le “rassemblement“ existe maintenant puisque Laurence Garnier (LR) et Valérie Oppelt (Renaissance) ont annoncé la couleur : « Nous avons décidé de nous rassembler pour que Nantes change de cap ! » (Presse Océan, mardi 21 janvier 2025) On peut parier qu’à Rennes, on assistera au même “mariage“, ce qui signifiera l’enterrement de la plateforme de Julien Masson ; son beau discours tombera à l’eau : « Ce socle sera ouvert à tous les Rennais qui ne veulent plus ni de l’alliance entre l’extrême gauche et la gauche, portée par Nathalie Appéré, ni de la macronie, elle aussi responsable du déclin de la ville » (Le Mensuel de Rennes, janvier 2025). Un peu de jugeote devrait indiquer à Masson que jamais les représentants de la droite rennaise n’accepteront de s’allier avec le RN pour ces élections municipales ; il n’y a que lui à croire à « l’union des droites ».
Impossible de faire aussi bien que Marine Le Pen
Aujourd’hui, à Rennes, le RN devrait pouvoir trouver assez facilement 61 volontaires (moitié hommes-moitié femmes) pour constituer une liste. Quant à la question financière, elle ne devrait pas se poser puisque le RN, grâce au financement public, possède les ressources nécessaires. Au premier tour des municipales de 2020, la liste « Rassemblement pour Rennes », conduite par Emeric Salmon, avait obtenu 1 904 voix (4,21 %) ; c’est-à-dire qu’elle n’avait pas pu bénéficier du remboursement des frais de « propagande », tel qu’il est prévu par l’article L.242 (« il est remboursé aux candidats le coût du papier, l’impression des bulletins de vote, affiches et circulaires, ainsi que les frais d’affichage ») et par l’article L.243 (« les dépenses visées à l’article L. 242 du code électoral ne sont remboursées qu’aux listes qui ont obtenu au moins 5 p. 100 des suffrages exprimés ») du code électoral. A cette époque, on pouvait parler de candidatures “de témoignage“.
Depuis les choses ont bien changé, même si Rennes – comme Nantes – demeure une ville dans laquelle le RN ne peut pas faire de miracles, compte tenu de la composition sociologique de la population. A l’élection présidentielle de 2022, Marine Le Pen y avait obtenu 6 722 suffrages (7,29 %) au premier tour (10 avril) et 12 920 voix (15,85 %) au second (24 avril) ; on peut supposer que le deuxième dimanche, elle a récupéré les électeurs d’Eric Zemmour du 10 avril (4 126 voix – 4,48 %) qui détestent Emmanuel Macron à cause de l’immigration. Aux élections européennes du 9 juin 2024, la liste conduite par Jordan Bardella recueille à Rennes 6 717 suffrages (9,42 %), celle dirigée par Marion Maréchal se contentant de 2 316 suffrages (3,25 %).
A partir de ces données, Julien Masson peut espérer non seulement dépasser les 5 % qui assurent le remboursement des frais de « propagande », mais encore se hisser jusqu’à 10-12 %, ce qui lui donnerait une poignée de conseillers municipaux ; on ne peut pas dire que cela ferait le bonheur de Nathalie Appéré ! Laquelle ne tient certainement pas à ce que de mauvais esprits mettent leur nez dans le maquis des subventions (associations “amies“) et dans les aides apportées aux immigrés. Bien entendu, Masson peut également s’intéresser aux questions du logement, de l’emploi, des crèches, des maisons de retraite… C’est-à-dire à tout ce qui intéresse les classes populaires qui constituent la base électorale du RN.
Il paraît que le parti prépare « très activement » les municipales de 2026. De passage à Saint-Malo, Sébastien Chenu, vice-président du RN et député du Nord, veut y croire : « Nous voulons montrer que nous pouvons avoir des élus locaux en Bretagne » (Ouest-France, Ille-et-Vilaine, lundi 27 janvier 2025). On verra le résultat à Brest, Nantes, Rennes et Saint-Nazaire ; obtenir dans ces villes quelques conseillers municipaux serait révolutionnaire !
B. Morvan
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5 réponses à “Rennes : Julien Masson (RN) s’est trompé d’adresse”
N’allez pas croire que le rassemblement existe à Nantes. Laurence Garnier et Valérie Oppelt ont peut-être annoncé la couleur (très pâle, la couleur, pas grand chose + pas grand chose), mais Mme Garnier a dit qu’elle se consacrera au Sénat (avec peut-être l’espoir de redevenir ministre un jour ?) et a laissé la place à son second. Quand à Sarah El Hairy (Modem) elle n’a rien dit encore (+ pas grand chose ?). En revanche, un co-listier de Laurence Garnier, Foulques Chombart de Lauwe s’est déclaré candidat dissident et a lancé une offensive très énergique qui marche fort pour l’instant. Il a tenu réunion publique la semaine dernière devant près de 500 personnes dans une ambiance enthousiaste. p
ne vous trompez pas JAMAIS vous ne serez au pouvoir sans l’union total des droites du RN (sans Marine ) à
RECONQUETE (sans Zemmour ) avec Retailleau,Philipot , knafo, Marion ,Bardella,Poisson …. que de puissance !!!!
Quelle salade russe…il est permis de rêver pour tous ces petits chefs qui se prennent tous pour des chefs sublimes, la Grosse Bertha archi nulle, Zemmour sans appareil, sans militants se trouvait un avenir messianique comme le Galiléen ! certainement que la jument de labours allait lui céder la place…on n’est pas sorti de l’auberge!
Encore une fois on est en plein délire…avec la Garnier qui zyeute vers le Sénat pour devenir ministre…carrément! avec le raton Wauquiez sans doute? Ah on est loin de Cincinatus retournant à sa charrue après avoir fait son Devoir! (Remember le marquis de la Rouerie Compagnon de Cincinatus!). Jadis Nantes récupérait la noblesse du coin mais aussi d’Anjou et de Vendée, ville qui nous semblait agréable mais toutes ces agressions…nous sommes mieux à Vannes pour l’instant.
Les groupes macronistes (Renaissance, Horizons, Modem) appartiennent à ce qu’on peut appeler par dérision « l’extrême-centre ». Et ce qu' »on appelle « la droite » (Droite républicaine-LR), c’est tout bonnement le centre-droit. Puisque le RN refuse de se dire de droite, la seule droite reste incarnée par Reconqête et par quelques électrons libres comme Maréchal et Ciotti. L’une des raisons du marasme français, c’est que, contrairement à d’autres pays, il n’existe pas de réelle droite influente chez nous, et donc pas d’alternance possible.