Hermann Tertsch (Vox) : « Nous rétablirons le droit de chaque Espagnol de Catalogne et de chaque Espagnol du Pays basque à parler espagnol » [Interview]

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Hermann Tertsch est député européen du parti nationaliste espagnol Vox. Lionel Baland l’a rencontré à Bruxelles au sein du Parlement européen et l’a interrogé pour Breizh-info, dans ce qui constitue une interview…qui devrait faire réagir eu égard des propos sur les autonomies et langues régionales.

Breizh-info : Pourquoi et quand êtes-vous entré en politique ?

Hermann Tertsch : Je suis journaliste depuis quarante ans et je suis entré chez Vox en 2019 lorsque le président de ce parti, Santiago Abascal, m’a invité à le rejoindre. J’ai travaillé toute ma vie et Vox est le premier parti auquel j’adhère. Je suis député européen de cette formation politique depuis 2019.

Breizh-info : Quelle est la position de Vox par rapport à l’Union européenne ?

Hermann Tertsch : Nous pensons que l’Union européenne doit être profondément réformée. Si nous voulons qu’elle survive, nous devons la changer fortement. Nous devons nous débarrasser de la manière centralisée, socialiste, presque soviétique de traiter les problèmes qu’adopte la Commission européenne. Nous pensons que cette dernière s’est accaparée des compétences qui ne sont pas les siennes. Personne n’a imaginé la Commission comme un gouvernement pouvant intervenir dans les affaires des États membres.

La Commission a suspendu le principe de subsidiarité, qui veut que la responsabilité d’une action publique revienne à l’entité compétente la plus proche de ceux qui sont directement concernés par cette action. Elle ne respecte par la souveraineté, ni les compétences nationales. En conséquence, nous devons revenir à la nation, à la souveraineté et au principe de subsidiarité. Cette Commission ne doit être un organe de coordination du travail que si cela s’avère nécessaire, ce dont nous doutons. Cet organe devait être seulement une sorte d’agence réalisant le travail quotidien de la coordination du Conseil européen, c’est-à-dire des représentants des nations. La Commission est une perversion socialiste et centraliste de l’Union européenne agissant de manière totalitaire à l’aide de la censure, de l’intervention et de la surrèglementation. Nous faisons face à une jungle de règles juridiques prenant à la gorge, non seulement l’économie, mais aussi les personnes, les familles et les entreprises. Tout est étranglé par des réglementations que cette horrible bureaucratie fabrique continuellement. Pour rester active et se développer, l’Union européenne actuelle est devenue un monstre qui a besoin d’établir des règles et de contrôler les gens. Et cela nous amène à une tendance qui conduit à la tyrannie.

Breizh-info : Quelle est la position de Vox par rapport à l’euro ?

Hermann Tertsch : Nous n’avons pas l’idée en ce moment de mettre fin à l’euro. L’Espagne dispose de cette monnaie et j’espère que nous parviendrons à un arrangement raisonnable dans l’ensemble de l’espace au sein duquel l’euro a cours. La question principale est celle de savoir ce que feront les Allemands. Nous ne pensons pas que tout est fini. L’euro a été mis en place d’une manière très peu solide et beaucoup de gens ont beaucoup souffert. L’imposition de l’euro a été une source d’énormes problèmes pour de nombreuses personnes en Europe.

Breizh-info : Quelles sont les positions de Vox par rapport à la guerre en Ukraine et par rapport à l’OTAN ?

Hermann Tertsch : Nous soutenons le droit de l’Ukraine à se défendre contre l’invasion russe. Nous sommes souverainistes, dans le sens que nous défendons les frontières, et nous estimons que chaque pays a le droit de le faire, Israël comme l’Ukraine. Nous sommes dans l’OTAN et nous pensons que nous avons besoin d’une Europe qui ait confiance en elle pour se défendre. Et c’est ce que le président Trump demande. Nous ne pouvons pas être des parasites permanents des États-Unis dans l’OTAN. Si nous sommes des profiteurs, nous sommes dans la soumission. Nous devons donc avoir la capacité de nous défendre. Mais, pour cela, nous devons avoir des nations qui disposent à nouveau d’une base solide, d’une estime de soi et d’un sentiment national afin que les sociétés puissent réagir et prendre conscience de notre besoin de nous protéger dans un monde dangereux. Dans ce contexte, nous devons disposer de notre propre défense.

Breizh-info : Et quelle est la position sur la migration ?

Hermann Tertsch : Nous sommes absolument ravis de la position de Donald Trump parce que celle-ci a été la notre bien avant que ce dernier ne déboule en politique : nous pensons que nous devons fermer les frontières et expulser tous ceux qui ne sont pas en séjour légal dans nos pays et ne pas laisser l’immigration illégale à nouveau se développer.

Breizh-info : En Espagne, des territoires désirent leur indépendance ou beaucoup d’autonomie. Qu’en pensez-vous ?

Hermann Tertsch : L’Espagne est une nation et Vox est un parti nationaliste. Nous sommes le plus grand ennemi de tous les séparatistes à l’intérieur de l’Espagne. Les socialistes et le Parti populaire font des coalitions avec les séparatistes. Vox le refuse. Le système espagnol nourrit en permanence les séparatismes et leur donne de l’argent. Les partis autonomistes font chanter, au Parlement, les partis centraux qui ont besoin d’eux pour former des majorités. Cette situation est impossible. Nous devons réformer le système espagnol afin de mettre fin à cela et d’apporter au pays ce dont il a besoin. Vox est pour l’unité avec une pluralité dans le domaine culturel. Nous sommes une nation. La Catalogne et le Pays basque sont des régions d’Espagne. Nous sommes, avec la France, la plus ancienne nation d’Europe et l’une des plus vieilles du monde. Et nous voulons être une nation pour toujours.

Breizh-info : Qu’en est-il des langues à l’intérieur de l’Espagne ?

Hermann Tertsch : L’Espagne constitue un cas unique au monde. En effet, dans certaines parties du pays, la population ne peut pas aller suivre les cours à l’école en espagnol. Cela doit changer. Nous rétablirons le droit de chaque Espagnol de Catalogne et de chaque Espagnol du Pays basque à parler espagnol. L’espagnol est persécuté et réprimé en Catalogne, en Galice et au Pays basque. Et il l’est par le Parti populaire, par le Parti socialiste et par les formations politiques nationalistes et séparatistes.

Breizh-info : Au niveau européen, pourquoi Vox a-t-il changé de groupe, passant des Conservateurs et réformistes européens à Patriotes pour l’Europe ?

Hermann Tertsch : Parce que les choses évoluent et que nous avons besoin d’une dynamique maintenant pour créer un plus grand parti. C’est un processus. Je pense que nous serons bientôt ensemble : Conservateurs et réformistes européens (ECR), Europe des nations souveraines (ESN) et Patriotes pour l’Europe (PfE). Je suis certain que la tendance va vers l’unification des vraies forces conservatrices et que nous serons le groupe le plus fort du Parlement européen lors des prochaines élections.

Breizh-info : Mais est-ce possible avec la guerre en Ukraine ?

Hermann Tertsch : La guerre en Ukraine est un problème. Mais j’estime que ce conflit sera finalement résolu d’une manière ou d’une autre. Je ne pense pas que cette situation durera de nombreuses années.

Breizh-info : Quelle est la position économique et sociale de Vox ? Celle-ci est-elle proche de celle du président argentin Javier Milei ?

Hermann Tertsch : Nous sommes de très bons amis de Javier Milei. Au sein de Vox, différentes opinions en matière économique sont représentées. Nous sommes pour la liberté, pour la liberté d’entreprendre, pour la réduction de l’État. Nous désirons moins d’intervention étatique. Nous voulons de la déréglementation, des frontières fortes, la sécurité et la liberté.

Breizh-info : Voulez-vous ajouter quelque chose ?

Hermann Tertsch : Je pense que nous sommes face à un moment d’espérance énorme, car, dans toute l’Europe, la réaction des gens qui en ont assez se manifeste : marre du wokisme, de l’injustice, de l’iniquité et du non-respect des droits du peuple, de son propre peuple, et de la tyrannie des minorités. Tant de choses qui ont mal tourné ! Nous devons corriger cela et nous le ferons. Nous sommes sur le meilleur rythme pour les remettre sur la bonne voie et Donald Trump le réalise, ainsi que Javier Milei, et cela se passera aussi en Amérique du Sud. Nous assisterons à l’émergence de nombre de mouvements inattendus dans les mois et les années à venir. Ce sera une période fascinante.

Propos recueillis par Lionel Baland

Crédit photo : DR

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Une réponse à “Hermann Tertsch (Vox) : « Nous rétablirons le droit de chaque Espagnol de Catalogne et de chaque Espagnol du Pays basque à parler espagnol » [Interview]”

  1. patphil dit :

    en attendant de parler arabe avec les migrants musulmans qui déboulent en vagues

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