Nationalisme corse et droites européennes : ce qui se jouera aux Scontri Palatini des 28 et 29 août

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L’Associu Palatinu organise sa rentrée politique les 28 et 29 août avec deux réunions publiques, les Scontri Palatini, l’une à Ajaccio place Jean Casili, l’autre à Bastia place Guascu, toutes deux à 17 h. Le calendrier n’est pas neutre : le projet de loi constitutionnelle « pour une Corse autonome au sein de la République » doit être examiné par le Sénat à la rentrée, et la formation identitaire corse est l’une des rares à en contester la rédaction depuis les rangs nationalistes.

Ajaccio le 28, Bastia le 29

À Ajaccio, Paul Marchione, vice-président de Mossa Palatina, échangera avec Stéphane Rambaud, député RN du Var, originaire de Levie par sa mère, et Gabriel Lucchini, délégué du RN dans le Pumonte. Trois thèmes annoncés : les convergences entre patriotes corses et patriotes français au sein de l’Unione di i Patriotti, les premiers succès électoraux de la plateforme, et le projet de Marine Le Pen pour l’autonomie de la Corse.

Rambaud n’a pas été choisi au hasard : il était l’orateur du groupe RN en commission des lois lors de l’examen du texte corse.

À Bastia le lendemain, le plateau change de dimension avec Marion Maréchal, députée européenne et présidente d’Identité-Libertés, et François-Xavier Ceccoli, député LR de Haute-Corse, annoncé par les organisateurs comme vice-président des Républicains. Deux questions au programme : quelle autonomie pour la Corse, et quelle place pour la nouvelle génération identitaire dans les droites européennes.

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Le texte constitutionnel arrive au Sénat

L’Assemblée nationale a adopté le projet de loi constitutionnelle le 23 juin par 271 voix pour, 202 contre et 64 abstentions. Aucun groupe n’a voté de façon unanime, à l’exception de l’extrême droite : les 120 députés RN et les 17 députés ciottistes ont voté contre, tandis que Les Républicains se prononçaient majoritairement contre.

Le RN avait tenté d’imposer sa propre version. Son amendement de réécriture intégrale, porté par Marine Le Pen, a été rejeté. La présidente du groupe avait pourtant affirmé publiquement que le mot « autonomie » ne lui faisait pas peur, tout en refusant la reconnaissance constitutionnelle d’une communauté corse distincte de la communauté nationale — précisément le point sur lequel Mossa Palatina, qui réclame l’inscription du peuple corse dans la Constitution, ne partage pas la position de son allié. C’est cette tension que les Scontri devront traiter à Ajaccio.

Le palatinisme et ses trois piliers

Mossa Palatina est issu de l’association Palatinu, fondée par Nicolas Battini en 2021, et s’est constitué en parti en mars 2024, autonomiste et non indépendantiste, identitaire et conservateur.

Sa charte identifie trois piliers de l’identité corse : la famille, la langue corse, la catholicité. Elle revendique la lutte contre le wokisme et l’idéologie LGBT+, le natalisme, le soutien à l’immersion linguistique, la primauté du catholicisme comme patrimoine matériel et immatériel, une laïcité dite positive. Le volet économique est libéral — refus de la surfiscalité, défense des entrepreneurs — et le volet institutionnel modéré, la doctrine se définissant comme « modérée sur les questions institutionnelles et très exigeante sur les questions identitaires ».

Le mouvement entend rompre avec le tiers-mondisme des années 70, qu’il décrit comme un nationalisme corse otage de la gauche, et revendique la pleine maîtrise des politiques d’immigration au nom du droit de chaque peuple à la continuité de son être historique. Il exclut toute violence de ses pratiques et tout rapprochement avec des forces qui la cautionneraient — position qui le distingue de l’histoire du nationalisme insulaire. La charte comporte enfin un soutien affiché à l’État d’Israël, rare dans le paysage régionaliste européen.

Le point de doctrine qui intéresse au-delà de la Corse est celui-ci : Mossa Palatina veut fédérer les mouvements régionalistes, autonomistes ou indépendantistes européens qui partagent la même vision de « l’identité ethnoculturelle et des patries charnelles ». C’est le sujet annoncé de la soirée bastiaise avec Marion Maréchal.

L’idée n’est pas neuve — l’Alliance libre européenne occupe ce terrain depuis des décennies, mais orientée à gauche. Ce que propose la formation corse est un régionalisme de droite civilisationnelle, articulé au refus de tout transfert de souveraineté vers des organismes supranationaux et à l’opposition à un super-État européen. Bretons, Flamands, Catalans et Basques sont, en creux, les destinataires de cette offre.

Mars 2026 : entrée dans les conseils municipaux

Les « premiers succès électoraux » inscrits au programme d’Ajaccio renvoient aux municipales. La plateforme Unione di i Patriotti, née le 18 octobre 2025 à la croix de Quasquara, réunit le RN, Mossa Palatina et l’UDR. Au premier tour, François Filoni obtenait 18,65 % à Ajaccio et Nicolas Battini 16,65 % à Bastia, qualifiant les deux listes pour le second tour.

Le second tour a été moins favorable. Filoni recule à 12,8 % (2 999 voix), perdant près de 6 points et 1 305 voix entre les deux tours, Battini terminant à 13,9 % à Bastia. La coalition entre malgré tout dans les deux conseils municipaux, une première pour le RN dans les deux principales villes de l’île. À Ajaccio, le groupe compte 3 élus : François Filoni, Alexandre-Guillaume Tollinchi (UDR) et Stéphanie Cuttoli-Bonnechère (RN). Le candidat de l’alliance a par ailleurs déposé un recours devant le tribunal administratif contre le scrutin ajaccien.

Les deux rendez-vous sont ouverts au public : Ajaccio, vendredi 28 août, 17 h, place Jean Casili ; Bastia, samedi 29 août, 17 h, place Guascu.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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