Boire « seulement de temps en temps » ne protège pas forcément le foie. Une étude récente publiée dans la revue Clinical Gastroenterology and Hepatology vient bousculer une idée largement répandue : ce n’est pas seulement la quantité globale d’alcool consommée qui compte, mais aussi la manière de boire.
Selon ces travaux, les personnes atteintes de MASLD — une maladie du foie liée aux troubles métaboliques — voient leur risque de lésions hépatiques multiplié par trois lorsqu’elles pratiquent des épisodes de consommation excessive, même occasionnels.
La MASLD (maladie du foie gras d’origine métabolique) touche des millions de personnes, souvent sans qu’elles en aient conscience. Elle se développe chez des individus qui consomment peu ou pas d’alcool, mais présentent des facteurs de risque comme le surpoids, le diabète, l’hypertension ou un excès de cholestérol.
Dans les pays occidentaux, cette pathologie est devenue l’une des plus fréquentes. Et c’est précisément chez ces patients que l’alcool, même ponctuel, peut avoir des effets aggravants.
Le danger du « binge drinking »
L’étude s’appuie sur les données de plus de 8 000 personnes. Parmi celles atteintes de MASLD, environ 16 % déclaraient des épisodes de consommation excessive — ce que les chercheurs définissent comme cinq verres ou plus en une seule occasion pour les hommes, quatre pour les femmes.
Résultat : ces comportements sont associés à des formes avancées de fibrose hépatique, c’est-à-dire à une dégradation progressive du foie, remplacé peu à peu par du tissu cicatriciel incapable d’assurer ses fonctions.
Le mécanisme est simple : absorber une grande quantité d’alcool en peu de temps « submerge » le foie, provoque une inflammation brutale et accélère les lésions.
Un phénomène sous-estimé
Les chercheurs insistent sur un point clé : jusqu’ici, les médecins s’intéressaient surtout à la consommation moyenne d’alcool. Cette étude montre que les pics ponctuels sont tout aussi, sinon plus, dangereux.
Les profils les plus concernés sont les hommes et les adultes jeunes, plus enclins à ce type de consommation irrégulière mais intense.
Dans un contexte où l’alcoolisation a augmenté ces dernières années — notamment après la période du Covid — et où les maladies métaboliques progressent, la combinaison des deux devient particulièrement préoccupante.
Le problème est d’autant plus insidieux que la fibrose du foie ne provoque souvent aucun symptôme au début. Elle peut évoluer silencieusement pendant des années.
Si elle est détectée tôt, elle peut encore être réversible. Mais laissée sans traitement, elle peut conduire à la cirrhose, voire au cancer du foie.
Et les effets de l’alcool ne s’arrêtent pas là. Plusieurs études récentes ont également établi des liens avec certains cancers, les accidents vasculaires cérébraux précoces ou encore le déclin cognitif.
Un signal d’alerte clair
Le message des chercheurs est sans ambiguïté : il ne suffit pas de « boire modérément en moyenne » pour se protéger.
Même des épisodes ponctuels d’alcoolisation excessive peuvent avoir des conséquences lourdes, en particulier chez les personnes déjà fragilisées par une maladie du foie ou des troubles métaboliques.
Dans une société où ces comportements sont souvent banalisés, cette étude rappelle une réalité simple : le foie, lui, ne fait pas la différence entre une habitude quotidienne et un excès occasionnel.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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2 réponses à “Alcool : même occasionnel, il peut tripler le risque de lésions du foie”
C’est cocasse, aucun breton de Breizh-info ne commente cet article 😅
Et rien sur la qualité des alcools consommés ! Or il y a une différence entre un mauvais vin blanc et un grand whisky, à dose d’alcool identique. Et en général entre un bon produit, de qualité, et un mauvais produit.
Même quand on arrive 3 grammes d’alcool dans le sang…
Un demi-verre de vin du Sud-Ouest (Cahors et alentours) à chacun des deux repas est bénéfique pour la santé.