Au vu des toutes récentes déclarations de Donald Trump – entre les attaques au pape, à la Chine et l’image de lui incarnant Jésus – tenter de comprendre les véritables intentions qui l’ont poussé à déclarer la guerre à l’Iran relève de la psychiatrie.
On a tout dit : que Donald Trump délire, qu’il sait très bien ce qu’il fait, qu’il suit bêtement son allié israélien, qu’il a été incité à entrer en guerre tenu par des dossiers Epstein compromettants, qu’il n’avait aucune stratégie, qu’il en avait une. Certaines de ces suppositions sont probablement vraies.
Et si l’on ne peut qu’être abasourdi par l’absurdité d’une crise parfaitement évitable, de morts civils évitables, il faut garder à l’esprit un point : les États-Unis ont perdu la quasi-totalité des guerres qu’ils ont menées. Mais ils se lancent sans cesse dans de nouvelles et leur budget militaire dépasse celui de la Russie, de l’Allemagne, de l’Inde, du Royaume-Uni, d’Arabie saoudite, de la France, d’Ukraine et du Japon réunis ! (37 % des dépenses militaires mondiales en 2024.)
Vietnam, Afghanistan, Irak : ils frappent, ils s’enlisent, puis repartent en laissant derrière eux un pays en ruine. Les campagnes de bombardements totalement inutiles de l’Oncle Sam ne sont pas en reste : les 2 millions de tonnes de bombes larguées sur le Laos entre 1964 et 1973 n’ont pas changé le cours de la guerre, les bombardements atomiques sur le Japon étaient parfaitement évitables, ce dernier étant déjà au bord de la reddition, le régime nord-coréen se porte encore très bien malgré trois ans de bombardement entre 1950 et 1953, quant aux frappes aériennes illégales sur la Serbie de 1999, elles représentent une véritable erreur stratégique.
C’est donc ailleurs que dans l’issue des conflits dans lesquels ils se lancent à corps perdu qu’il faut rechercher la source de leur bellicisme.
Les États-Unis n’ont-ils pas définitivement dépassé les autres puissances économiques du globe au lendemain de la Première Guerre mondiale, quand leurs alliés et leurs ennemis – tous considérés comme des adversaires commerciaux et stratégiques – devaient se remettre d’un conflit armé dévastateur ? Leur statut de superpuissance incontestée ne s’est-il pas affirmé après 1945 ? Puis comme unique « hyperpuissance » après la chute de l’URSS en 1991 ?
Comme à vouloir dire que, bien que dynamiques et riches en ressources naturelles, l’Oncle Sam ne règne vraiment que lorsque ses adversaires sont au plus bas. Logique, me direz-vous.
Si dans un premier temps le coût humain (les morts civils) et politique (la popularité de Donald Trump) semble élevé face à un ennemi prêt au sacrifice total, les « gains » pour Washington sont conséquents.
L’attaque de l’Iran a affecté les échanges d’énergie à l’échelle planétaire, épargnant seulement les États-Unis, autosuffisants en énergie dès 2020. Elle inflige un coup dur à son principal ennemi commercial, la Chine, dont la sécurité énergétique est rudement menacée étant donné qu’elle est dépendante du pétrole iranien, et ses exportations sont ralenties (baisse de 2,6 % en mars 2026). Quant à l’Europe, elle doit et devra accuser le coup d’une crise sans précédent : inflation, doublement du prix du gaz, explosion des prix à la pompe, et surtout, menace d’une désindustrialisation massive et permanente de certains secteurs énergivores (chimie, acier). La région du Golfe est déstabilisée, et l’inflation et la crise du marché obligataire mondiales générées par les bombes sur l’Iran compromettent les économies de ce ROW (Rest Of the World) honni par la superpuissance américaine. Alors perdre ou gagner la guerre avec l’Iran, libérer le détroit d’Ormuz ou pas, qu’est-ce donc face à ce palmarès ?
On entend souvent que le trublion de Washington, avec toute sa vulgarité et son incohérence apparente, nous a au moins libérés de l’hypocrisie de « l’apport de la démocratie ». Mais les peuples de la planète ne s’en portent pas mieux pour autant…
Audrey D’Aguanno
Photo d’illustration : DR
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7 réponses à “Iran : et si le but des Américains n’était pas de gagner la guerre ? [L’Agora]”
Bonjour,
C’est un peuple qui se nourrit désormais du chaos qu’il génère dans le monde.
Cdt.
M.D
Ah ! les délices des raisonnements paradoxaux… Mais vous avez tort de dire que « les États-Unis ont perdu la quasi-totalité des guerres qu’ils ont menées ». Ils ont au contraire gagné militairement (politiquement, c’est autre chose) la plupart de leurs guerres : au 18e s. la guerre d’indépendance contre la couronne britannique, au 19e s. des guerres importantes contre le Mexique et l’Espagne ainsi que leurs guerres indiennes internes, au 20e s. la Seconde Guerre mondiale, excusez du peu (avec l’URSS et l’Empire britannique en Europe mais presque seuls dans le Pacifique), et la Guerre du Golfe en 1991. La Guerre de Corée est une demi-victoire autant qu’une demi-défaite, les guerres en Afghanistan et en Irak ont d’abord été des victoires militaires qui ont mal tourné par la suite, surtout la première. Les bombardements de la Serbie en 1999 menés par les Etats-Unis au nom de l’OTAN, étaient certes déplorables à tous égards, et illégaux car non autorisés par l’ONU, mais ils ont — hélas — atteint leurs objectifs. Seule la Guerre du Vietnam est une défaite absolue.
« Les peuple de la planète ne s’en portent pas mieux » dites vous.
Certes, car la crise économique qui en résulte les affecte. Mais Trump a le grand mérite, comme Israël, de s’être attaqué au régime le plus sanguinaire de la Planète: 36.000 morts en 48 heures dans tout le pays. Voudriez-vous dire Merci à ces salopards et dire à Trump d’aller se faire foutre?
Ce qui est regrettable, c’est que les pays européens aient refusé de prêter main forte à Trump en oubliant que les USA sont venus nous aider en 1945 pour nous libérer de l’Allemagne Nazie. Si les Européen avaient eu assez de couilles, le destin du peuple iranien serait aujourd’hui plus clair, libéré de ses tortionnaires depuis 47 ans de violences, emprisonnements, assassinats de masse, pendaisons et viols.
Pour la « stabilité mondiale », tout le monde s’en serait mieux porté, y compris les pays du Golfe que l’Iran voudrait mettre à genoux. Laisser un tel pays, bras armé du terrorisme mondial, prospérer, c’est mettre en danger l’Europe et le monde entier. Mais les « couilles molles » au nom du « Droit International » préfèrent regarder l’Histoire se dérouler en espérant que tout rentrera dans « l’ordre économique » tout en restant bien au chaud dans leurs pantoufles mais en critiquant sans arrêt les actions de Trump.
Je le dis pour la énième fois : il n’y a pas de « Droit international » pour les terroristes car ce serait leur reconnaître un « DROIT », une raison d’exister. Le crime doit être combattu par tous les moyens, y compris la force si nécessaire.
Ce que je dis est du même point de vue que celui de la venézuellienne Maria Machado, prix Nobel de la Paix, qui s’exprimait Mercredi 15 avril sur LCI, déplorant les propos constamment à charge contre Trump de la part de journalistes pervers, de militaires aux ordres et de rats de plateaux. Bravo à Trump pour ce qu’il aura tenté !
@Durandal, tu dis des âneries. Va demander au peuple iranien ce qu’il endure depuis 50 ans de violences. Mais tu préfères sans doute le chaos que l’Iran est capable de générer sur la planète ! Son but est de mettre à genoux les pays du Golfe, leur imposer son diktat économique et religieux. Le terrorisme qui depuis 1/2 siècle gangrène de plus en plus la planète, c’est à l’Iran qu’on le doit. Comme d’autres « bien pensants » tu préfères regarder l’Histoire et parler.
C’est bien….je crois que quelqu’un doit ecouter Alexis Cossette…Il est temps que les francais comprennent la strategie tres fine de Trump
Cher Christian, votre point de vue me semble digne des affirmations de LCI, BFMTV et autres médias du système…
l’Iran est un grand pays et les femmes peuvent y faire de brillantes études. On les retrouve souvent dans des filières réservées majoritairement aux hommes dans d’autres pays dont la France et l’Inde parmi d’autres.
Le monde n’est pas machiavélique.
Tout n’est pas soit blanc, soit noir.
Je pense que tout est gris…
Rycart, tu n’as rien compris à mon propos qui, au contraire, est très éloigné du « système ».
LCI et BFMTV ne servent que de point de comparaison. Pour juger, il faut s’y frotter et c’est justement sur ces chaines où l’on voit des Anti Trump primaires et où l’on entend toujours des paroles à charge.
Quant aux femmes iraniennes (j’ai déjà entendu ça, probablement de ta part) elles sont emprisonnées, violées et pendues si elles s’opposent à la dictature qui gangrène ce pays. J’ai suffisamment d’amis iraniens pour en parler mieux que toi qui semble bien au chaud dans tes croyances.
Pose donc la question aux femmes iraniennes réfugiées politique en France : Association FEMME AZADI, qui soutient les réfugiés politiques iraniens. Son siège social se trouve au n° 9 Boulevard de l’Europe, 91000 Évry-Courcouronnes.
Cette association créée le 14 décembre 2022 par des femmes franco- iraniennes pour soutenir le mouvement « Femme, Vie, Liberté » et porter la voix du peuple iranien en France, t’expliquera très bien le sort réservée en Iran aux femmes « contestataires ».