« La Marine et les peintres » : au Trocadéro, quatre siècles de dialogue entre pinceau et pavillon

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À l’occasion du 400ᵉ anniversaire de la Marine nationale, le musée national de la Marine, installé au palais de Chaillot à Paris-Trocadéro, organise du 13 mai au 2 août 2026 une grande rétrospective intitulée « La Marine et les peintres — Quatre siècles d’art et de pouvoir ». Près de 150 tableaux, plus de 90 artistes, du XVIIᵉ au XXᵉ siècle : l’exposition retrace, à travers les œuvres des grands peintres de marine, la manière dont l’art a accompagné, magnifié, parfois interrogé la construction navale, les expéditions maritimes et l’histoire militaire française. L’événement sera accompagné du 46ᵉ Salon de la Marine.

Il y a quatre siècles, en 1626, le cardinal de Richelieu, alors principal ministre du roi Louis XIII, entreprenait de doter la France d’une Marine royale structurée — institution qui, de Colbert à aujourd’hui, n’a cessé d’accompagner, de protéger et de projeter la puissance française sur toutes les mers du monde. Le musée national de la Marine, établissement public placé sous la tutelle du ministère des Armées, a décidé de marquer ce 400ᵉ anniversaire par une année entière de manifestations culturelles étalées sur l’ensemble de son réseau — Paris, Brest, Port-Louis, Rochefort et Toulon. L’exposition-phare, programmée au Trocadéro du 13 mai au 2 août 2026, propose une relecture originale de cette histoire par le prisme de ceux qui, de siècle en siècle, l’ont fixée sur la toile.

Près de 150 œuvres, plus de 90 artistes

L’exposition « La Marine et les peintres » réunit près de 150 peintures signées par plus de 90 artistes, déployées sur quatre siècles — du règne de Louis XIII aux années 2000. Parmi les signatures les plus illustres figurent Claude Le Lorrain (1600-1682), maître du paysage marin classique ; Joseph Vernet (1714-1789), auteur de la célèbre série des Ports de France commandée par Louis XV ; Théodore Gudin (1802-1880), premier à porter le titre de peintre de la Marine ; Antoine-Léon Morel-Fatio (1810-1871), chroniqueur graphique des campagnes navales du Second Empire ; Édouard Manet (1832-1883), ancien élève-officier qui garda toute sa vie un goût profond pour les sujets maritimes ; Félix Ziem (1821-1911), Paul Signac (1863-1935), Albert Marquet (1875-1947), Mathurin Méheut (1882-1958), ce dernier particulièrement cher au cœur des Bretons, ou encore Marin-Marie (1901-1987), navigateur-écrivain-peintre qui fut l’un des derniers grands représentants du genre.

Parmi les pièces emblématiques annoncées par le musée, trois figurent déjà en bonne place sur les visuels de communication : Le sergent de la coloniale d’Albert Marquet (vers 1906), prêté par le musée des Beaux-Arts de Bordeaux ; Napoléon Iᵉʳ et Marie-Louise assistent au lancement du vaisseau Le Friedland dans le port d’Anvers d’Ignace Van Bree (1810), issu des collections du château de Versailles ; et une saisissante Vue d’un port avec un navire en construction de Jean-Baptiste de la Rose (vers 1665), conservée au musée national de la Marine.

Un regard nouveau sur un genre longtemps sous-estimé

La peinture de marine constitue l’une des grandes spécificités de l’art français et européen depuis le XVIIᵉ siècle. Rattachée au genre du paysage dans la hiérarchie académique, elle a pourtant développé ses codes propres, ses spécialistes, ses commanditaires, son marché. Elle a surtout, au fil des siècles, entretenu avec le pouvoir politique et militaire une relation dense et parfois ambiguë. Richelieu, puis Colbert, en inventant la Marine royale moderne, en ont immédiatement compris la dimension symbolique : un navire peint est un pavillon qui flotte dans la mémoire collective. La grande commande de Joseph Vernet par Louis XV en 1753 — quinze tableaux représentant les principaux ports du royaume — constitue sans doute l’acte fondateur de cette relation structurée entre la puissance navale et les arts visuels.

L’exposition du Trocadéro s’attache précisément à explorer cette tension entre art et pouvoir. Comment la peinture de marine a-t-elle servi les ambitions de l’État monarchique, puis impérial, puis républicain ? Comment les artistes ont-ils, à l’inverse, conservé leur liberté de regard, leur singularité formelle, leur capacité à décaler le propos officiel ? Quel rôle a joué le corps des Peintres officiels de la Marine (POM), institué en 1830 sous Louis-Philippe et toujours en activité aujourd’hui, dans la structuration du genre ? Autant de questions que le parcours chronologique invite le visiteur à méditer, des drames historiques — tempêtes, naufrages, batailles navales — aux vues pittoresques de ports, des visions impériales aux expérimentations modernistes du XXᵉ siècle.

Le 46ᵉ Salon de la Marine en accompagnement

Parallèlement à l’exposition historique, le musée accueille la 46ᵉ édition du Salon de la Marine, manifestation annuelle qui rassemble les œuvres contemporaines des Peintres officiels de la Marine en activité et de leurs invités. L’occasion de mesurer la vitalité actuelle d’un genre parfois considéré, à tort, comme une curiosité patrimoniale. Les POM contemporains — aquarellistes, huilistes, graveurs, illustrateurs, photographes — continuent d’embarquer régulièrement à bord des bâtiments de la Flotte pour témoigner, chacun à sa manière, de la vie maritime française au XXIᵉ siècle.

Une programmation déployée sur tout le réseau

L’exposition parisienne n’est qu’un des volets d’une programmation nationale exceptionnelle pour marquer l’anniversaire. Plusieurs expositions labellisées sont programmées sur les autres sites du musée :

  • À la citadelle de Port-Louis (Morbihan), Machines des mers : les inventions d’Henri Dupuy de Lôme — du 22 mai au 15 novembre 2026. L’occasion de redécouvrir l’œuvre d’un ingénieur de génie, père de la construction navale moderne française, à qui l’on doit notamment le cuirassé La Gloire et le premier sous-marin Le Plongeur.
  • Au château de Brest, Le dessous des mers. L’aventure de la cartographie sous-marine — du 26 juin 2026 au 7 mars 2027. Une plongée dans les techniques qui ont permis aux marins, depuis trois siècles, de cartographier un monde longtemps resté invisible.
  • À Rochefort, Au poste de plongée ! L’aventure des premiers submersibles — du 22 septembre 2026 à août 2027. Retour sur l’histoire pionnière et souvent méconnue des premiers engins sous-marins français.

À cela s’ajoutent plusieurs cycles de conférences et colloques, dont le prestigieux colloque 400 ans d’opérations navales organisé à Paris et à la Sorbonne les 19 et 20 octobre 2026, en partenariat avec la Société française d’histoire maritime, les Archives nationales, l’Académie de Marine et le Service historique de la Défense. Un cycle de conférences sur les grandes figures et techniques de navigation sera par ailleurs proposé à Toulon.

Côté patrimoine, le musée parisien mettra en valeur à partir d’avril 2026 le superbe Livre des signaux généraux de Monseigneur le comte de Toulouse, manuscrit aquarellé de 1704, pièce d’exception qui rappelle la sophistication des codes de communication inter-navires sous Louis XIV. À partir d’octobre 2026, le parcours permanent s’enrichira également de l’installation du central opérations du patrouilleur Commandant Ducuing, élément rare de la Marine contemporaine désarmée et transféré au musée.

Enfin, à Rochefort, un timbre officiel des 400 ans de la Marine sera mis en vente en avant-première dès le 5 mai 2026, tandis qu’à Toulon, la Musique de la Marine nationale donnera une série de concerts mensuels à partir du 12 mai — rendez-vous gratuits très appréciés du public varois.

Un musée à redécouvrir

Le musée national de la Marine, après plusieurs années de travaux de rénovation, a rouvert ses portes au Trocadéro en novembre 2023 dans une scénographie entièrement repensée. L’institution, héritière directe des collections royales rassemblées par Henri-Louis Duhamel du Monceau au XVIIIᵉ siècle, constitue l’un des plus anciens musées maritimes au monde. Ses collections — maquettes de navires, instruments de navigation, tableaux, sculptures, armes, cartographies — forment un ensemble d’une richesse exceptionnelle, aujourd’hui déployé sur cinq sites dont trois en Bretagne ou à proximité immédiate (Brest, Port-Louis, Rochefort).

Pour les Bretons, les Bretonnes et plus largement les amateurs d’histoire maritime, cette année anniversaire est une occasion à saisir : rarement l’institution aura déployé une programmation aussi dense, aussi variée, et aussi ancrée dans les territoires qui constituent, historiquement et aujourd’hui encore, le cœur battant de la Marine française.

Informations pratiques :

  • Exposition : La Marine et les peintres — Quatre siècles d’art et de pouvoir
  • Lieu : Musée national de la Marine, 17 place du Trocadéro, 75116 Paris
  • Dates : du 13 mai au 2 août 2026
  • Visite presse : lundi 11 mai 2026 à 14 h
  • Site : www.musee-marine.fr

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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