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Il aura suffi de quelques matchs du Stade Rennais regardés depuis le Minnesota pour qu’un collégien américain s’attache durablement à la Bretagne. Vingt ans plus tard, William McMillan vit à Brest, parle breton au quotidien et consacre ses recherches à l’enseignement des langues régionales. Il vient de livrer son parcours dans le cadre des portraits publiés par Breizh Amerika.
Une découverte par le football
Originaire des environs de Minneapolis, avec des attaches familiales dans le nord du Minnesota, sur les rives du lac Supérieur, William McMillan a découvert la Bretagne au collège. Il regardait alors les matchs du Stade Rennais pour améliorer son français. La curiosité s’est déplacée du terrain vers la culture, les habitants, puis les langues — et singulièrement le breton.
Cet intérêt l’a conduit vers la recherche sur les langues régionales et minorisées, puis à un master à l’université Rennes 2 consacré à l’enseignement du breton. Apprendre la langue lui est apparu comme une étape naturelle, autant pour servir son travail que par respect pour les gens et la culture qu’il étudiait.
Comment les jeunes utilisent-ils réellement le breton ?
Ses travaux portent sur la manière dont les systèmes éducatifs dédiés aux langues menacées sont conçus, et sur la façon dont les structures politiques les façonnent. Il a étudié plusieurs langues régionales de France — le breton, le corse, le catalan — pour comprendre comment l’histoire, la culture et la politique influent sur leur transmission, avec l’idée que ces territoires peuvent apprendre les uns des autres.
Pour son mémoire, il a transposé à la Bretagne une méthode expérimentée auparavant au Maroc. L’enquête portait sur l’usage du breton par des collégiens et lycéens selon les situations sociales : parle-t-on la même langue avec ses camarades qu’avec ses enseignants ? Le sujet de la conversation modifie-t-il le choix de la langue ? Il s’est également intéressé à la perception qu’ont ces élèves de leur pratique hors du cadre scolaire — en particulier aux situations où ils auraient voulu parler breton mais ne s’en sont pas senti la possibilité.
Interrogé sur les obstacles rencontrés, McMillan cite d’abord les mutations consonantiques, ce mécanisme grammatical qui modifie la première lettre des mots. Mais la principale difficulté, dit-il, fut ailleurs : trouver l’occasion de parler.
À Rennes, les locuteurs étaient rares et la pratique régulière difficile. C’est l’une des raisons pour lesquelles il a créé un compte Instagram en breton — un moyen d’utiliser la langue quotidiennement. L’installation à Brest a tout changé : il y parle breton tous les jours.
Aux apprenants, il recommande Desketa (desketa.bzh), la plateforme d’apprentissage en ligne gratuite de la région Bretagne, pour bâtir des bases solides avant de se lancer dans la pratique ou de suivre des cours. Il salue également le rôle d’organisations comme Sked, Mervent ou Skol an Emsav.
Bretons et Minnesotans, mêmes tempéraments
Ce qui l’a le plus surpris ? Les ressemblances entre sa région d’origine et sa terre d’adoption. Au-delà des littoraux, des météos capricieuses et des paysages, la parenté se lit surtout chez les gens.
Les uns comme les autres, observe-t-il, partagent un fort désir d’aller voir le monde — on croise des Bretons et des Minnesotans dans les recoins les plus improbables de la planète. Mais partout où ils vont, ils développent souvent un attachement encore plus vif à leur propre identité, et finissent par se sentir rappelés chez eux. Deux peuples curieux du monde, dit-il, mais profondément liés au lieu qui les a formés.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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2 réponses à “Comment le Stade Rennais a mené un lycéen américain jusqu’à la langue bretonne”
Un exemple de « chance pour la France » malheureusement trop rare
Beaucoup de vrai dans les propos de ce découvreur de l’Ouest (France). Les mutations il a fait leur connaissance mais pas de toutes les autres subtilités de la langue bretonne qui vont disparaître.