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Dans une tribune publiée le 17 avril dans The Epoch Times, Joel Salatin, agriculteur américain mondialement connu pour ses fermes d’élevage régénératif en Virginie et auteur de plusieurs ouvrages sur l’agriculture écologique, livre un plaidoyer décapant contre l’obsession sanitaire qui s’est emparée des sociétés occidentales. Sa thèse : à force de tout désinfecter, l’homme moderne affaiblit son système immunitaire au lieu de le protéger.
Un système immunitaire qui s’entretient comme un muscle
Le point de départ de la réflexion de Salatin tient en une analogie simple : le système immunitaire fonctionnerait comme un muscle. Sans sollicitation régulière, il s’atrophie. Privé d’exposition aux microbes du quotidien, il devient incapable de réagir efficacement face à de véritables agressions.
Cette intuition n’a rien d’une élucubration personnelle. Elle s’appuie sur l’« hygiène hypothesis » formulée à la fin des années 1980 par l’épidémiologiste britannique David Strachan, qui avait observé que les enfants ayant plusieurs frères et sœurs aînés développaient moins d’allergies, l’exposition précoce à diverses infections offrant une protection durable. Salatin rappelle également l’apport de Jared Diamond dans son ouvrage Guns, Germs, and Steel, qui mettait en évidence le lien entre proximité avec les animaux domestiques et robustesse immunitaire des populations humaines au long cours.
L’éclairage des recherches finlandaises
Depuis une vingtaine d’années, les chercheurs finlandais ont apporté un poids substantiel à cette hypothèse, en comparant la santé d’enfants apparentés (cousins ou frères et sœurs) vivant dans des environnements différents. Les résultats convergent : les enfants ayant grandi à la ferme, fréquentant l’étable dès leurs premiers pas et portant tout à la bouche selon leur instinct de tout-petits, se révèlent significativement plus robustes que leurs équivalents urbains. Un peu de fumier, de terre, de foin moisi ou de grain suffirait à stimuler le système immunitaire et à réduire la vulnérabilité aux affections courantes de l’enfance.
C’est précisément cette logique qui anime Joel Salatin dans sa pratique quotidienne. L’agriculteur explique boire dans les abreuvoirs de ses vaches – non par soif, mais par souci de diversifier son microbiome. Sa philosophie : un corps humain sollicité par une grande variété de micro-organismes développera une riposte plus efficace face aux agents véritablement dangereux.
La scène d’avion qui résume tout
Pour illustrer le paradoxe contemporain, Salatin raconte une anecdote particulièrement éloquente vécue lors d’un vol récent. Un couple masqué, installé à ses côtés, sort des lingettes désinfectantes dès l’embarquement et nettoie méthodiquement plateaux-repas, accoudoirs et dossiers du siège avant. Lorsque la passagère lui propose une lingette, l’agriculteur décline poliment, expliquant qu’il préfère respirer leurs microbes.
Mais le décollage à peine effectué, le couple sort un véritable supermarché de produits ultra-transformés : Pringles, Twizzlers, Reese’s Pieces, sodas. Après deux heures à grignoter ce festival de sucre et d’additifs, ils sonnent l’hôtesse pour réclamer un jus de pomme, en proie à des « problèmes de glycémie ». Salatin ne se prive pas d’ironiser : tout désinfecter pour ensuite gaver son corps de cochonneries industrielles relève d’une incohérence qu’il qualifie de dystopique.
La vraie vulnérabilité : la malbouffe ultra-transformée
C’est là que la critique de l’agriculteur prend toute sa dimension. Pour lui, la combinaison d’une paranoïa microbienne et d’une alimentation industrielle constitue la véritable recette du dérèglement immunitaire. Le microbiome humain, fort de plusieurs milliards de membres, n’a rien de stérile. Et son principal indicateur de vitalité réside dans la diversité microbienne intestinale.
Cette diversité, on l’obtient en consommant de la nourriture authentique, non transformée, qui apporte la variété de micro-organismes nécessaire à un système immunitaire bien entraîné. À l’inverse, la nourriture industrielle, désincarnée et appauvrie, prive l’organisme de cette stimulation salutaire.
Une critique de fond du paradigme pharmaceutique
Au-delà de l’aspect anecdotique, la tribune de Joel Salatin formule une critique structurelle du paradigme dominant. L’industrie pharmaceutique et vaccinale, observe-t-il, postule que le bien-être fonctionnel passe nécessairement par une pilule, une injection ou une intervention médicale. La même logique s’applique en élevage industriel, où un animal malade est perçu comme « pharmaceutiquement défavorisé ».
Salatin oppose à cette vision un paradigme radicalement différent, fruit de plusieurs décennies d’élevage : un animal malade témoigne avant tout des erreurs de l’éleveur. Mauvaise sélection génétique, hygiène défaillante, alimentation inadaptée, stress, inconfort, exposition à des toxines… Les causes de la maladie sont multiples, mais la « privation médicale » n’en fait jamais partie. Le même raisonnement, transposé à l’humain, invite à reconsidérer les responsabilités collectives en matière de santé publique.
Un signal encourageant et une suggestion entrepreneuriale
Note positive dans le tableau : Salatin observe que l’idée d’une immunité « musculaire » progresse dans la société. De jeunes mères emmènent désormais leurs tout-petits dans les fermes pédagogiques et les tas de terre, mode qu’il juge salutaire. À destination des entrepreneurs urbains, il propose même une idée : un service par abonnement de tapis perméables imprégnés de compost et de terre, renouvelés tous les quatre mois, pour permettre aux citadins de retrouver un contact direct avec les micro-organismes de la terre vivante.
L’agriculteur précise qu’il ne plaide nullement pour un retour aux égouts à ciel ouvert ou à l’absence de réfrigération. Il invite simplement la société techno-sophistiquée à reconnaître qu’elle est devenue trop stérile, et que ses systèmes immunitaires s’en trouvent affaiblis. Son ordonnance est simple : retourner au jardin, dans la terre, partager quelques microbes, ou à défaut visiter une ferme. Une approche qu’il juge bien préférable à celle consistant à compenser l’atrophie d’un corps désœuvré par des aiguilles et des comprimés.
Une réflexion qui rejoint, sous bien des aspects, les préoccupations identitaires et écologiques d’une partie croissante de la population européenne, soucieuse de renouer avec un mode de vie plus enraciné, plus rural, et libéré de la dépendance aux grands acteurs pharmaceutiques.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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2 réponses à “« Cessez de vous désinfecter, exercez votre système immunitaire » : le plaidoyer de l’agriculteur Joel Salatin contre l’obsession hygiéniste”
Quand on lit cet article on ne peut s’empêcher de penser à l’incommensurable degré de connerie auquel est arrivé notre civilisation ! Mais il explique aussi comment l’imbécilité générale a permis de faire porter le masque anti-covid … sans aucune réflexion ni même interrogation; La blouse blanche, via la télé (important) a dit et il ne reste donc plus qu’à s’exécuter ! Et tous ceux, très peu nombreux, qui n’ont pas souscrit à ces élucubrations sont, vous l’aurez deviné, des complotistes ! Pour info, les trous dans les masques, car il faut bien que l’air y passe, ne sont, au mieux QUE 100 fois plus gros que les microorganismes présents dans l’air. Par contre avec un masque on respire 20% de moins de cet oxygène nécessaire au fonctionnement cérébral et donc à la réflexion, ceci expliquant cela.
Le masque n’a jamais empêché l’oxygène de passer ! Quant au virus il est effectivement beaucoup plus petit que les pores du masque mais il ne vole pas tout seul, il est véhiculé dans des gouttelettes de mucus qui sont filtrées par la masque. Etudiez et arrêtez de prendre les autres systématiquement pour des cons !