Covid : le rapport du Congrès américain qui démonte les certitudes du confinement

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Deux événements se sont télescopés à Washington fin juillet. Le 29, Anthony Fauci comparaissait devant la commission sénatoriale de la sécurité intérieure. Le 30, était rendu public le rapport final de la sous-commission spéciale de la Chambre des représentants sur la pandémie de coronavirus.

Le premier a produit du spectacle. Le second a produit un document, et c’est celui-là qui mérite d’être lu.

Ce que dit le rapport

Le rapport conclut à une origine probablement liée à un accident de laboratoire ou de recherche à Wuhan. Il ne soutient pas que le SARS-CoV-2 aurait été conçu ou libéré délibérément comme arme biologique, et présente sa conclusion comme une évaluation de probabilité, non comme une preuve définitive.

Son argument principal est une absence. Aucun animal infecté n’a été identifié au marché de Huanan ni dans sa chaîne d’approvisionnement. Lors des précédentes épidémies zoonotiques, les enquêteurs avaient retrouvé les animaux infectés, les premiers cas humains exposés à ces animaux, et les formes ancestrales du virus. Rien de comparable n’existe pour le Covid.

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La piste du pangolin, avancée au début de la pandémie, n’a rien tranché. Robert Garry, l’un des auteurs de l’article The Proximal Origin of SARS-CoV-2, a reconnu ultérieurement que les séquences de coronavirus trouvées chez les pangolins ne permettaient pas d’établir si le virus pandémique avait émergé naturellement ou par la recherche en laboratoire.

Le rapport s’appuie aussi sur des courriels montrant que des scientifiques ayant d’abord jugé plausible une origine de laboratoire se sont ensuite employés à la réfuter. Kristian Andersen, premier auteur de Proximal Origin, écrivait en février 2020 que son groupe s’était concentré sur la réfutation des thèses de laboratoire alors même que les éléments disponibles restaient non concluants. Fauci et d’autres responsables scientifiques auraient encouragé la production de cet article, que Fauci a ensuite cité publiquement à l’appui de l’explication naturelle.

La règle des deux mètres de distanciation basé sur rien

C’est probablement le passage le plus parlant pour le grand public.

La distance d’un mètre quatre-vingt — six pieds — a structuré le fonctionnement des écoles, des commerces, des églises, des entreprises et des services publics pendant des mois. Le rapport conclut qu’aucune donnée scientifique quantitative n’appuyait cette distance précise. Interrogé par les enquêteurs, Fauci a expliqué que la règle relevait d’une décision empirique et qu’elle était « en quelque sorte apparue », sans comparaison contrôlée entre différentes distances.

Elle a pourtant été érigée en obligation quasi universelle par les gouvernements comme par les entreprises, avec pour conséquences la réduction des capacités d’accueil, la prolongation des fermetures d’écoles, la sanction de ceux qui la contestaient, et l’érosion de la vie sociale ordinaire.

Le rapport impute aux confinements prolongés des dégâts économiques, des troubles de santé mentale, des retards de soins, des pertes d’apprentissage, une dégradation physique et des perturbations du développement de l’enfant. Il en tire un principe simple : la réponse à une maladie ne doit pas causer plus de dommages que la maladie elle-même.

Il reproche également aux responsables d’avoir marginalisé les stratégies alternatives, à commencer par la « protection ciblée » proposée par la déclaration de Great Barrington — lever les restrictions pour les populations à faible risque, concentrer la protection sur les personnes vulnérables. Le texte ne préconisait ni d’infecter délibérément la population, ni de laisser circuler le virus sans contrôle. Le directeur des NIH, Francis Collins, n’en réclamait pas moins par écrit une « démolition rapide et dévastatrice » publiée de ses prémisses.

Les vaccins : une distinction que le rapport maintient

Sur ce point, le document est plus nuancé que ses commentateurs. Il affirme que les vaccins ont réduit le risque de forme grave et de décès et qu’ils ont « incontestablement sauvé des millions de vies ». Il qualifie l’opération Warp Speed, qui a accéléré leur développement, de succès majeur.

Ce qu’il retient en revanche, c’est une exagération de ce qu’ils permettaient. La vaccination a d’abord réduit l’infection et la transmission, en particulier face aux premiers variants, mais sans jamais offrir une protection complète ni durable contre l’une ou l’autre. Les dirigeants politiques ont pourtant continué à présenter la vaccination comme un moyen d’empêcher de contracter et de transmettre le virus — argument qui a servi à justifier les obligations professionnelles, les passes sanitaires et les restrictions imposées aux non-vaccinés.

Le rapport reproche enfin aux autorités américaines d’avoir sous-évalué l’immunité acquise par infection antérieure, alors que les données montraient une protection substantielle contre la réinfection et les formes graves. De nombreuses obligations vaccinales n’en tenaient aucun compte.

Il documente également les pressions exercées par l’administration Biden sur les plateformes pour faire retirer ou limiter des contenus relatifs au Covid.

Ce que le rapport ne règle pas

Il faut prendre la mesure de ce que ce document est, et de ce qu’il n’est pas.

C’est le rapport d’une sous-commission de la Chambre des représentants, à majorité républicaine, dans un contexte politique où l’administration américaine a fait de la thèse du laboratoire une position officielle — une page du site de la Maison-Blanche intitulée « Lab Leak » a été publiée le 18 avril 2025.

En face, 27 experts indépendants missionnés par l’OMS estimaient en juin 2025 que le poids des preuves disponibles allait dans le sens d’une transmission zoonotique, directement par des chauves-souris ou via un hôte intermédiaire. Conclusion elle-même prudente, les autorités chinoises pratiquant une rétention des données nécessaires pour compléter l’étude.

Autrement dit : deux évaluations de probabilité divergentes, aucune preuve, et une partie des données bloquée à Pékin. Nous ne saurons peut-être jamais comment ce virus est entré dans la population humaine.

L’audition Fauci, elle, n’a rien produit

Le contraste avec la séance du 29 juillet est saisissant. Trois heures durant, des sénateurs républicains ont accumulé les accusations contre l’ancien conseiller médical de la Maison-Blanche. Celui-ci a répondu 111 fois qu’il déclinait respectueusement de répondre, en invoquant le cinquième amendement. Son avocat, qui souhaitait s’exprimer, a été prié de sortir.

Quelques jours avant la convocation, le journal personnel que Fauci avait tenu pendant la pandémie — plus de 1 100 pages — avait été diffusé contre son gré par Rand Paul, sénateur du Kentucky et président de la commission. Le sénateur du Missouri Josh Hawley a conclu son intervention en espérant qu’un jour, d’une manière ou d’une autre, l’intéressé paierait pour ses crimes. Fauci avait été gracié préventivement par Joe Biden fin 2024 pour ses actes entre 2014 et janvier 2025, ce qui ne le protège que des poursuites fédérales.

Sur le fond, un point factuel reste établi : 600 000 dollars ont bien été versés à l’Institut de virologie de Wuhan par l’intermédiaire de l’organisation EcoHealth, via les NIH dont dépendait l’institut dirigé par Fauci. Ce dernier reconnaît le versement et conteste que cet argent ait financé des expériences problématiques.

Et maintenant

La veille de l’audition, le ministère américain de la Santé a confirmé de nouvelles règles interdisant le soutien fédéral aux recherches dangereuses de gain de fonction, aux États-Unis comme à l’étranger, et instaurant un examen indépendant renforcé pour certaines recherches à haut risque. Elles prolongent un décret présidentiel signé en mai 2025.

L’American Society of Microbiology s’en est alarmée dans un communiqué du 29 juillet, estimant que la nouvelle politique définit trop largement plusieurs catégories de recherche et entravera la capacité nationale à répondre aux futures épidémies. Son directeur de la stratégie, Allen Segal, plaide pour investir dans les infrastructures et la formation plutôt que de contraindre la recherche.

En Europe, aucun exercice comparable n’a été mené. Ni sur l’origine du virus, ni sur la base scientifique des distances imposées, ni sur les contrats de vaccins négociés par la Commission européenne, ni sur la proportionnalité des passes sanitaires. Les questions que le rapport américain pose valent pourtant mot pour mot pour les décisions prises à Paris, à Bruxelles ou à Berlin.

Le rapport final de la sous-commission spéciale de la Chambre des représentants sur la pandémie de coronavirus est consultable sur le site du Congrès américain.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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