Il avait prévu son assassinat. Ça n’a pas manqué : le 6 mai 2002, Pim Fortuyn, figure charismatique et controversée de la politique néerlandaise, était assassiné par un militant d’extrême gauche. Son crime ? Alerter et s’opposer à l’islamisation de son pays et de l’Europe tout entière.
Intellectuel et homme public, Pim Fortuyn incarnait une rupture avec le consensus politique traditionnel. Son éloquence incisive et son style provocateur ont résonné profondément auprès d’une partie de la population lasse des élites et préoccupée par les défis qui vont de pair avec l’immigration : non seulement la sécurité et la cohésion sociale mais aussi l’identité nationale inévitablement menacée par l’arrivée massive de populations étrangères, peu à même de s’assimiler.
Critique virulent de l’islamisation de la société, l’universitaire estimait que les cultures musulmanes étaient incompatibles avec les valeurs fondamentales de la société néerlandaise moderne, comme l’égalité des sexes, la liberté d’expression et l’émancipation des homosexuels dont il se revendiquait ouvertement. Il plaidait pour une assimilation totale des immigrants… tout en sachant que certaines cultures n’en ont clairement pas l’intention.
Il affirmait : « Pour les musulmans, en tant qu’homosexuel, je suis moins qu’un cochon. » et déclarait : « Je ne hais pas l’islam. Je le considère juste comme une culture arriérée. » Ce que n’étaient pas à ses yeux le christianisme, « passé à la lessiveuse de l’humanisme ». En 1997, il rédigea un essai intitulé Contre l’islamisation de notre culture (Tegen de islamisering van onze cultuur). Un ouvrage souvent cité comme un précurseur des discours populistes anti-islamisation en Europe.
Son parcours politique fut relativement atypique, car il fut membre du Parti socialiste, essaya en vain d’adhérer au Parti communiste, puis fonda un mouvement libéral-conservateur et anti-islamiste. Si la liste Pim Fortuyn fut définie d’extrême droite par certains de ses adversaires et les médias, il refusa toujours cette étiquette. Comparé à Jean-Marie Le Pen, surnommé « Haider de Rotterdam » par ses détracteurs, il déclarait au contraire admirer des politiciens comme le social-démocrate Joop den Uyl et le président américain John F. Kennedy.
Il définit sa plate-forme politique comme libérale, laïque, en faveur des libertés et des droits civiques, des droits LGBT et des femmes, de la démocratie directe, du républicanisme. De quoi déplaire aux apôtres autoproclamés de la tolérance d’extrême gauche, rien n’étant plus insupportable à leurs yeux que ceux de leur propre camp qui n’adhèrent pas à la totalité du credo progressisto-droit-de-l’hommisme sans-frontiériste altérophile.
De ces rangs-là que proviendra l’assassin de Pim Fortuyn, Volkert van der Graaf, un activiste écologiste et animaliste. Le 6 mai 2002, à la veille des élections législatives, il l’abattra de cinq balles de 9 mm à bout portant, pour « protéger les musulmans ». Condamné en 2003 à 18 ans de prison, ce dernier sera libéré le 2 mai 2014, après avoir purgé les deux tiers de sa peine, suscitant une vive émotion dans l’opinion qui a considéré que onze ans d’incarcération pour un assassinat prémédité était décidément trop peu.
Photo d’illustration : DR
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2 réponses à “Le 6 mai 2002, Pim Fortuyn était assassiné par un activiste d’extrême gauche pour ses positions anti-islam”
Au final un LFI anti-islam.
Ainsi que le disait Guy Béart dans une de ses chansons » le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté ». Quand pense sa fille signataire de toutes les pétitions » antifascistes » qui passent ?