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J’avoue être un poil déçu du livre de Lukas Aubin paru en janvier 2026 « Les états fantômes » (Editions Eyrolles) qui dissèque les questions géopolitiques liées aux semi-états ou territoires sécessionnistes tels la Transnistrie, Taïwan, le Somaliland, la Palestine, … ni tout à fait indépendant, ni tout à fait soumis au contrôle de la puissance voisine, ces territoires vivent au quotidien dans une zone grise et c’est en cela qu’ils sont fascinants.
En fait, le préambule du livre est ce que j’attendais : l’auteur raconte un voyage en Transnistrie, ce territoire vivant encore au temps de l’URSS séparé de fait de la Moldavie. Confetti d’empire soutenu à bout de roubles par Moscou. Lukas Aubin nous fait entrer dans ce pays mystérieux, figé dans le temps et qui, en fait, est sous contrôle d’un conglomérat, l’entreprise « Sheriff » qui truste le tiers du budget de la République.
Mais sorti de cet exemple « embarqué » passionnant, Lukas Aubin disserte sans fin sur les tenants et aboutissants de l’existence des états fantômes, notamment en matière de droit international. Bon…
De plus, certains Etats qui auront pu être traités par l’auteur sont totalement oubliés : la république serbe de Bosnie, l’état Bektachi au centre de Tirana, capitale de l’Albanie, sorte d’équivalent pour les Soufis du Vatican; l’île de Pitcairn, qui avant la triste affaire de moeurs qui l’a secoué en 2004, était un véritable état fantôme ou, tout du moins, un état perdu; etc….
D’autres territoires qui pourraient devenir des états fantômes auraient également mérité un paragraphe : Return to the Land dans les Monts Ozark en Arkansas; Orania, l’embryon de volkstaat afrikaner, en Afrique-du-Sud et son équivalent Xhosa dont le nom m’échappe; voire Shefa Living en Caroline du Nord qui entend devenir un sanctuaire juif orthodoxe en plein centre des Etats-Unis.
Et dans une moindre mesure, toutes les enclaves urbaines où la loi commune et la culture commune ne s’exerce plus sont, également, des embryons de territoires fantômes. Toujours dans une certaine zone grise, entre gris clair et gris foncé.
De surcroît, Lukas Aubin aurait pu mentionner les territoires ultra-autonomes de Man, Jersey, Guernesey et encore plus Sercq, cette île anglo-normande qui a été, de fait, un état féodal -soumis au droit coutumier normand, jusqu’en 2008 (et il reste nombres de lois et dispositions totalement archaïques) et qui n’est, encore aujourd’hui, que la propriété personnelle du roi d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande-du-Nord.
Ah et puis, le petit biais gauchiste qui transparaît parfois dans les écrits de Lukas Aubin est également un peu agaçant. Un seul exemple : Non, Mayotte n’est pas un « reliquat colonial » où « le droit des peuples [est] manié à géométrie variable par les puissances établies ». Mayotte est un département français dont la moitié des habitants vote régulièrement pour le RN et qui se jetteraient à l’eau plutôt que d’être rattachés à la mère-patrie comorienne. D’ailleurs, ces sont les Comoriens qui prennent la mer sur des barcasses pour venir accoucher à Mayotte et non l’inverse. Comme lors de la Chute du Mur de Berlin où les Allemands vivant dans le paradis communiste ont tous cavalé vers l’enfer capitaliste. Au grand dam de la Gauche et de ses rêveries…
Ah et puis ce « palestinisme » endémique dans certains milieu est également tellement clicheton qu’il entame la crédibilité de l’auteur, surtout quand celui-ci est directeur de recherche à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS).
Mais ces critiques n’empêchent pas que le livre de Lukas Aubin est un bon début pour découvrir la problématique des états fantômes qui pourraient se multiplier sur la planète au regard des bouleversements géopolitiques actuels…
Les Etats Fantômes. Lukas Aubin. Janvier 2026. Editions Eyrolles. 19,90€.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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