Au bout de cent quatre vingt minutes cumulées sur deux manches, le rêve de Millwall s’est effondré lundi soir 11 mai 2026 au Den, dans le sud de Londres. Tenus en échec à l’aller (0-0) vendredi à Hull, les Lions ont craqué chez eux face à Hull City, vaincus deux buts à zéro et privés d’une finale d’accession qu’ils ont longtemps cru à portée. Les Tigers, qui n’avaient arraché leur place en play-offs qu’à la dernière journée, défieront Southampton ou Middlesbrough à Wembley le 23 mai prochain pour une éventuelle remontée en Premier League. Millwall, troisième de la phase régulière du Championship, restera, lui, en deuxième division anglaise la saison prochaine. Avec, comme seul lot de consolation, la perspective de voir débouler dans la même division l’ennemi héréditaire de l’East End : West Ham United.
Une élimination cruelle au Den
Sur le papier, Hull City partait clairement défavorisé. Sixième du Championship contre un Millwall solide troisième, des Tigers qui ne s’étaient hissés en play-offs qu’in extremis lors de la dernière journée, et un Den à guichets fermés, réputé pour l’une des ambiances les plus suffocantes du Royaume-Uni : tout penchait du côté des Lions. La première période a d’ailleurs ressemblé à ce qu’on attendait. Bousculé, étouffé par une enceinte hostile, Hull a vu son ailier Liam Millar laisser glisser sa première touche à trois pieds de lui, signe que la pression s’était immédiatement installée dans les têtes. Les londoniens ont alors poussé : Thierno Ballo a vu une frappe sauvée sur la ligne, Femi Azeez a buté sur le gardien croate des Tigers, Ivor Pandur.
Hull, dépossédé du ballon (34 % de possession à l’arrivée), a pourtant tenu. À la pause, le tableau d’affichage indiquait toujours zéro partout. Au retour des vestiaires, c’est même Oli McBurnie qui a frôlé l’ouverture pour les visiteurs, son tir étant dégagé sur la ligne par le défenseur français de Millwall Tristan Crama.
L’éclair Belloumi
Tout a basculé à la 64e minute. Matt Crooks a trouvé sur le côté droit Mohamed Belloumi, l’international algérien entré en jeu peu avant pour remplacer Kyle Joseph, sorti sur blessure juste avant la pause. Le milieu offensif a eu tout le temps de rentrer sur son pied droit avant d’enrouler une frappe imparable dans la lucarne opposée du gardien Anthony Patterson. Une exécution clinique, à la hauteur de l’enjeu.
Quinze minutes plus tard, le même Belloumi adressait une offrande à Joe Gelhardt, fraîchement entré lui aussi, qui ne tremblait pas pour faire le break. Le Den se vidait alors par paquets entiers. Les supporters de Hull, parqués dans le secteur visiteurs, exultaient. Pour le club du nord de l’Angleterre, c’est l’opportunité de retrouver l’élite après neuf ans d’absence — la dernière saison de Hull en Premier League remontant à 2016-2017 — et d’imiter les générations de Dean Windass en 2008 et Mohamed Diamé en 2016, qui avaient déjà signé pareille remontée à Wembley.
Reste un lot de consolation : le retour possible du derby le plus féroce d’Angleterre
Pour les fidèles de Millwall, descendus la mort dans l’âme du Cold Blow Lane, il reste cependant un horizon réjouissant. À mesure que la saison de Premier League touche à sa fin, la relégation de West Ham United se précise dangereusement. Et si les Hammers venaient à dégringoler en Championship, le calendrier 2026-2027 offrirait aux supporters anglais quelque chose qu’ils n’ont pas vu depuis plus de quatorze ans : la résurrection du derby le plus violent, le plus chargé et le plus passionné du football britannique.
L’histoire entre les deux clubs du sud-est de Londres remonte à la fin du XIXe siècle. Le premier affrontement entre Millwall et West Ham — alors connu sous le nom de Thames Ironworks FC — s’est tenu le 23 septembre 1897, et il s’était soldé par une victoire des Lions sur le score de deux buts à zéro. Plus d’un siècle de rivalité plus tard, ce duel reste l’un des plus codifiés du football mondial, opposant deux clubs ouvriers des docks londoniens, deux quartiers que séparent quelques kilomètres et tout un imaginaire de classe.
Les deux clubs n’évoluent plus dans la même division depuis longtemps. Leurs dernières confrontations remontent à la saison 2011-2012 de Championship : un premier match le 17 septembre 2011, puis un retour disputé le 4 février 2012. Depuis lors, plus rien. West Ham a navigué dans l’élite, parfois même en Europe ; Millwall a alterné entre Championship et League One. Une éventuelle relégation des Hammers offrirait donc aux deux blocs de supporters, et au calendrier anglais, un rendez-vous attendu depuis quatorze ans, dans des stades aujourd’hui mieux sécurisés mais qui n’ont rien perdu de leur intensité tribunale.
D’ici là, Hull City s’envole vers Wembley avec une marche encore à franchir. Millwall, lui, rumine. Mais un coin de Bermondsey (12 000 abonnés déjà, fidèles, pour la saison prochaine) commence déjà à scruter, fébrile, le classement de Premier League — en espérant qu’un voisin trop bien né finisse par tomber de son perchoir…
YV
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.