À la veille des premiers résultats de Parcoursup, attendus le 2 juin, une étude publiée par LBA (Les Belles Années), filiale du groupe Valority et gestionnaire de résidences étudiantes privées, met en lumière l’ampleur des mobilités étudiantes en France. Fondée sur cinq années de données de la plateforme, elle révèle que près de 110 000 nouveaux bacheliers quittent chaque année leur académie d’origine pour poursuivre leurs études, dessinant l’un des plus vastes mouvements de population du pays.
Quelques grands pôles concentrent l’attractivité
En cinq ans, le nombre de nouveaux bacheliers a progressé de 3,6 % et l’offre de formations sur Parcoursup de 12 %. Pour autant, les grands équilibres demeurent : une poignée de métropoles continue d’aspirer la majorité des étudiants mobiles.
En volume, c’est l’Île-de-France qui accueille le plus grand nombre d’étudiants venus d’ailleurs (19 319), devant Lyon (12 803) et Lille (8 383). Mais rapportée au total des admis, la hiérarchie change : Lyon arrive en tête, avec 41 % de ses admis issus d’une autre académie, contre 26 % à Paris. Un deuxième groupe de métropoles – Toulouse, Nantes, Montpellier, Bordeaux, Rennes, Aix-Marseille et Strasbourg – attire chacune entre 2 500 et 7 500 nouveaux bacheliers mobiles par an.
L’étude relève aussi le rayonnement de bassins universitaires plus modestes mais attractifs au-delà de leur territoire, comme Limoges (43 % d’admis extérieurs), Reims (32 %) ou Clermont-Ferrand (31 %). À l’inverse, Créteil, Versailles et Nancy-Metz recrutent très majoritairement à l’échelle locale.
La filière, premier facteur de déménagement
La mobilité dépend largement du type de formation choisi. Les écoles d’ingénieurs génèrent les déplacements les plus importants, avec 45 % d’admis changeant d’académie, suivies des écoles de commerce (43 %) et des classes préparatoires (28 %). À l’opposé, le BTS (14 %) et le PASS (13 %) maintiennent les étudiants près de chez eux.
C’est toutefois la licence qui provoque le plus grand nombre de départs en valeur absolue : en 2025, 39 891 admis ont dû quitter leur académie, soit plus d’un tiers de l’ensemble des déménagements liés aux études supérieures.
Sur cinq ans, la mobilité recule légèrement dans la plupart des filières. Le repli est particulièrement net dans les instituts de formation en soins infirmiers (IFSI), avec six points de moins, conséquence directe de la régionalisation des concours infirmiers intervenue en 2022.
Une pression locative estivale considérable
Cette concentration géographique a une traduction très concrète : chaque été, les grands marchés locatifs étudiants absorbent en quelques semaines une demande massive. À Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Lille ou Nantes, la tension se cristallise sur huit à dix semaines, créant l’un des pics locatifs les plus élevés de l’année.
Le phénomène est amplifié par les étudiants en réorientation ou en reprise d’études – 175 502 en 2025 – auxquels s’ajoutent alternants et jeunes actifs. Selon la Cour des comptes, le logement dédié aux étudiants ne couvre que 11 % de leurs besoins.
Les chiffres avancés par LBA donnent la mesure de cette tension. En 2025, l’opérateur dit avoir enregistré dix-huit demandes pour chaque logement loué, soit 105 500 candidatures pour 5 815 logements. Pour la rentrée 2026, et avant même la publication des résultats de Parcoursup, 27 300 demandes de location avaient déjà été reçues fin mai.
Pour Morgane Bentata, directrice de LBA, cette demande est structurelle et largement indépendante des cycles immobiliers : chaque année, environ 110 000 nouveaux étudiants doivent se loger dans une ville qu’ils ne connaissent pas, sur une fenêtre étroite allant de juin à octobre, dans des marchés où les meilleures annonces partent en quelques heures.
Une précision méthodologique mérite d’être soulignée : l’étude porte sur le seul périmètre Parcoursup hors apprentissage, et n’intègre ni les formations à recrutement direct ni certains cursus privés. Le chiffre de 110 000 départs annuels constitue donc un plancher : la mobilité étudiante réelle est, en pratique, supérieure.
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