À Besançon (Doubs), il ne suffit plus de planter des fleurs pour embellir la ville : encore faut-il, semble-t-il, qu’elles soient politiquement compatibles. Depuis l’arrivée du maire LR Ludovic Fagaut, la capitale comtoise s’est découvert un nouveau sujet de discorde : le retour des massifs colorés, pots, jardinières, géraniums, bégonias et palmiers. Le nouveau maire avait promis, selon Le Parisien, de « redonner du beau et de la couleur » à la ville. Manifestement, cette ambition horticole n’a pas plu à tout le monde.
80 plantes volées près de Saint-Ferjeux
Premier épisode : mardi 9 juin, la municipalité a dénoncé le vol d’environ 80 plantes dans des massifs fraîchement réaménagés près de la basilique Saint-Ferjeux. Les végétaux ont été arrachés puis emportés. La Ville a annoncé le dépôt d’une plainte et l’exploitation des images de vidéosurveillance. Elle a condamné « fermement ce type de comportement, qui porte atteinte à l’embellissement de notre cadre de vie et au travail des agents mobilisés quotidiennement pour entretenir et fleurir les espaces publics ».
À ce stade, les auteurs de ce vol n’ont pas été identifiés publiquement. Mais l’affaire tombe dans un climat local déjà électrique. Le fleurissement est devenu l’un des symboles de l’alternance municipale : après les vivaces, les herbes hautes et les fleurs des champs de l’ancienne majorité écologiste, Ludovic Fagaut assume un retour à un fleurissement plus visible, plus classique, plus populaire aussi.
Des palmiers sur le pont Battant
Samedi 13 juin, nouvelle scène presque burlesque : une dizaine d’opposants au nouveau fleurissement ont tenté de déplacer des pots installés sur le pont Battant, notamment des palmiers. La police est intervenue. Présent sur place, l’ancien adjoint écologiste Benoît Cypriani a déclaré à France 3 avoir voulu protester contre une « décision réactionnaire de revenir à des méthodes de fleurissement d’il y a 40 ans ». Selon lui, ces plantes « nécessitent un entretien, de l’eau » et « n’apportent aucun service si ce n’est de l’esthétisme ».
Voilà donc l’esthétique placée au rang des suspects. On peut bien sûr débattre d’eau, d’essences végétales et d’adaptation aux canicules. Mais à Besançon, il aura suffi de quelques pots de fleurs pour transformer les géraniums en affaire politique. Les fleurs apaisent, paraît-il, les esprits. Encore faut-il qu’elles ne soient pas en pot.
Crédit photo : capture page Facebook mairie de Besançon (photo d’illustration)
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