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Dix policiers ont quitté le district de Derry et Strabane en dix-sept mois. Menaces des groupes républicains dissidents, agressions en service, difficultés de recrutement : la police nord irlandaise (PSNI) peine à retenir ses effectifs dans l’une des zones les plus sensibles d’Irlande du Nord.
Les chiffres, obtenus par le Belfast Telegraph au terme d’une demande d’accès aux documents administratifs, sont sans ambiguïté. Dix policiers ont quitté le district de Derry City and Strabane au cours des dix-sept derniers mois : sept au cours de l’année 2025, trois autres entre le 1er janvier et le 31 mai 2026.
Le PSNI (Police Service of Northern Ireland) enregistre les départs antérieurs à la retraite sous deux catégories seulement — démission ou révocation — sans consigner ni vérifier les motifs individuels. Interrogée, la police nord-irlandaise a répondu qu’un agent démissionnaire n’était nullement tenu de justifier son départ, et que les explications éventuellement fournies ne faisaient l’objet d’aucun enregistrement exploitable.
Une zone sous tension permanente
Une source policière citée par le quotidien de Belfast avance néanmoins une explication : les menaces émanant des républicains dissidents et, plus largement, les préoccupations sécuritaires figureraient parmi les raisons plausibles de ces départs. Le niveau de menace demeure élevé dans le Nord-Ouest, où la New IRA reste active à Derry. L’an dernier, le Sunday Life rapportait que l’unité locale de l’organisation préparerait une attaque contre la police, dans l’espoir de reconquérir les faveurs de son ancien chef, Thomas Mellon.
Les agressions subies en intervention constituent un second facteur. « Ils gèrent un incident et finissent par être attaqués », explique la même source, qui souligne le sentiment de vulnérabilité gagnant les plus jeunes agents. Beaucoup manquent d’expérience de terrain et se retrouvent démunis face à des situations qu’ils ne savent pas désamorcer.
« Nous sommes encore loin de la normalité »
Ancien officier supérieur du PSNI devenu chef de l’Ulster Unionist Party, Jon Burrows confirme la difficulté propre à ce district. Il rappelle d’abord un facteur géographique : les policiers affectés à Derry et Strabane résident souvent loin de leur lieu de travail et souhaitent naturellement se rapprocher de leur domicile, le recrutement local demeurant compliqué. Il évoque ensuite l’existence d’une menace dissidente significative, qui fait de cette zone l’un des secteurs les plus difficiles à surveiller. Le maintien de l’ordre et les communautés ont beaucoup changé en quelques décennies, admet-il, mais la normalité n’est pas encore au rendez-vous.
Julie Middleton, élue DUP de Foyle à l’Assemblée de Stormont, se garde de spéculer sur les motivations individuelles, mais estime que toute perte d’effectifs constitue un motif d’inquiétude pour les communautés locales, particulièrement là où le terrorisme républicain dissident demeure une menace concrète. Elle réclame pour le PSNI les financements, les moyens et les capacités de recrutement nécessaires au maintien d’une présence solide sur le terrain.
Darren Guy, président du partenariat local pour la sécurité et le maintien de l’ordre (PCSP), renvoie pour sa part la question des démissions à la compétence opérationnelle du PSNI, tout en rappelant que des moyens policiers suffisants sont indispensables à la sécurité du district.
Un service à bout de souffle
Ces départs s’inscrivent dans un contexte plus large. Une inspection récente de l’HM Inspectorate of Constabulary and Fire & Rescue Services a conclu que le PSNI subissait une pression considérable, conséquence d’un sous-financement chronique et d’un manque d’effectifs. Jon Burrows s’est dit vivement préoccupé par la chute du nombre d’agents réellement déployables sous la barre des 5 000, une fois déduits les arrêts maladie et absences pour raisons de santé. Aucun service de police, avertit-il, ne peut absorber une telle charge avec si peu d’hommes disponibles.
Le rapport dresse selon lui un bilan contrasté : un service débordé, contraint par des moyens limités, en difficulté pour recruter comme pour fidéliser, et pour accompagner le bien-être de ses personnels. Burrows appelle l’Exécutif nord-irlandais et le gouvernement britannique à garantir un financement pluriannuel pérenne.
Crédit photo : DR
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Une réponse à “Irlande du Nord. La menace dissidente républicaine pousse des policiers à quitter le Nord-Ouest”
Ils en sont encore à se quereller entre chrétiens alors qu’Allah est là! Ce n’est pas brillant.