Le jeudi matin 16 juillet à 08 heures, heure de Paris, Donald Trump a prononcé un discours de 25 minutes dans lequel il a mis en garde le peuple américain contre la fragilité d’un système électoral qui, selon lui, ne présenterait pas toutes les garanties nécessaires quant à la fiabilité des résultats.
D’une certaine manière, on peut relier ce discours à celui tenu par Kennedy, dix jours avant son assassinat le 12 novembre 1963 à l’Université de Columbia. Il y disait notamment :
« Le bureau présidentiel a été utilisé pour mettre sur pied un complot d’anéantissement de la liberté du peuple américain, et avant de quitter ce bureau, je dois informer les citoyens de cet état critique. »
A l’époque, le « deep state » n’avait pas encore été mis en lumière. Eisenhower lui avait fait allusion en utilisant le terme du « complexe militaro-industriel » dans son discours d’adieu à la Maison Blanche en janvier 1961, mais l’opinion publique de l’époque n’y était pas encore préparée.
L’idée que quelqu’un ait pu « orienter » les choix d’un peuple dont la souveraineté était inscrite dans le marbre de la Constitution américaine de 1787 était tout bonnement inconcevable.
Mais le temps a passé et depuis quelques années, l’idée qu’il pourrait exister un « Etat profond », sorte de pouvoir multiforme qui se serait emparé des leviers traditionnels à l’insu du peuple américain, a fait son chemin. Il existe une sorte de « continuité » qui a fait l’objet de livres souvent cités en référence. (Une liste non exhaustive est jointe en annexe)
Dans les propos tenus par le président américain, les mots employés ne sont pas les mêmes, mais le décor en toile de fond est toujours le même : il y a un pouvoir non-élu qui entend diriger la nation américaine au mépris de la démocratie et ce pouvoir n’hésite pas, d’après Donald Trump, à falsifier le résultat des élections. Il déclare avoir demandé la « déclassification » de certains documents pour que le peuple américain puisse en prendre connaissance.
Pourquoi une telle levée de boucliers contre Trump ?
En tant que président en fonction, la parole de Donald trump est libre, tout comme l’a été celle de chacun de ses prédécesseurs. Je ne me rappelle pas que les discours d’Eisenhower ou de Kennedy aient provoqué un tel tollé, ni que de grands médias américains se soient autorisés à boycotter leurs propos. Voici les propos tenus par D Trump et publiés par « Le Figaro »
«Décision rare, NBC et ABC ont dit toutes les deux qu’elles ne diffuseraient pas ce discours. (…) Parce qu’elles savent combien notre système est corrompu et qu’elles ne veulent pas le révéler. Elles, et d’autres médias, font partie d’un complot. Elles veulent continuer cette fraude. (…) Une fraude comme celle-ci devrait signifier le retrait de leurs licences»
En France, les journaux « bien-pensant » activent une fois de plus l’épouvantail complotiste, sorte de réponse automatique à tous les discours de Trump. Cette alliance objective entre les médias américains et français indique une certaine similitude « éditorialiste ». Serait-ce le « supranationalisme » de l’Etat-profond décrit par Peter Dale Scott dans son livre « L’État profond américain- la finance, le pétrole et la guerre perpétuelle » ?
Il y décrit (p 69 éditions demi-lune) à propos de certaines « proximités » :
« Le milieu complexe de Khashoggi, de la BCCI et du Safari Club peut être considéré comme un élément d’un État profond international dont les liens organiques avec la CIA aurait pu contribuer à le renforcer. Quoi qu’il en soit, il est clair que les décisions prises à ce niveau par le Safari Club et la BCCI ne furent en aucun cas déterminées par la volonté politique du pouvoir élu siégeant à Washington. »
Donald Trump s’est présenté depuis sa campagne de 2016 comme un adversaire résolu de l’État profond américain. Or, il se trouve que ce dernier s’est effectivement « internationalisé » et que cette extension concerne surtout les pays de l’OTAN parmi lesquels l’Angleterre se trouve. Cela peut expliquer l’attitude de Donald Trump et son désir à peine voilé d’en retirer les États-Unis.
Un monde prêt à s’embraser ?
Cela peut également permettre de comprendre certaines attitudes vis-à-vis de l’Union Européenne et les attaques répétées contre ses dirigeants par certains de ses proches. Mais Trump doit également se battre contre ses adversaires américains qui sont encore très puissants. La bataille qui est en train de s’engager sur les prochaines élections des « mid term » sera probablement sans merci car ses enjeux dépassent de loin la politique intérieure américaine. Il ne faut pas se leurrer, ce qui se joue en ce moment est planétaire. L’État profond qui a étendu sa capacité à agir à tout l’Occident s’opposera avec tous les moyens dont il dispose à la venue du monde multipolaire pourtant souhaitée par une large majorité de la population mondiale. Donald Trump ne semble pas aujourd’hui décidé a s’engager avec la Chine et la Russie mais maintient cependant un doute quand à ses intentions sur la guerre avec l’Iran, ne désirant visiblement pas aller trop loin pour risquer l’embrasement mondial qui, lui, figure peut-être dans les plans de cet Etat profond comme étant le moyen le plus radical de restaurer sa domination sur le monde et de concrétiser définitivement l’objectif de la mise en place d’un futur gouvernement mondial.
Il se pourrait que les guerres en Ukraine et en Iran soient les deux détonateurs et on comprend alors que Donald Trump soit pressé d’y mettre un terme.
Jean Goychman, Cercle PATRIA
Annexe : Livres à lire éventuellement pour approfondir la notion d’Etat-profond
L’histoire secrète de l’oligarchie anglo-américaine de Carol Quigley
Les secrets de la Réserve Fédérale Eustace Mullins
La guerre des monnaies Hong BingSong
L’État profond américain Peter Dale Scott
La machine de guerre américaine Peter Dale Scott
La route vers le désordre mondial Peter Dale Scott
Photo d’illustration : DR
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4 réponses à “Trump défie l’État profond : les grands médias débranchent le président américain”
Il existe une loi US qui date de 1932 qui obligeait les chaines de radio a donner un temps d’audience egal au deux partis, demoNcrat et republicain. Avec l’apparition de de la television cette loi a ete etendu aux chaines nationales qui utilisaient les ondes pour passer leurs infos. L’apparion du cable et ensuite internet n’ont pas change la loi. Les chaines ABC, NBC et CBS sont obligees d’obeir ou voir leurs authorisation revoquee. Ca semble etre le cas pour ABC (Disney) qui n’a plus le droit de travailler dans un grand nombre de metropole US.
FAFO
De tout temps il y eut des « éminences grises » que l on qualifie aujourd’hui d’ « état profond » et qui sont les vrais dirigeants des gouvernements. Dans l ‘ombre, on légifère, on organise le monde de demain et on donne en pâture à la populace des broutilles d’informations bien orientées pour le tenir en laisse.
Il y a une grande différence entre le discours de Trump et celui de Kennedy : le premier a été enregistré, le second est une pure fake new (voir par exemple https://apnews.com/article/fact-check-JFK-fake-quote-conspiracy-theory-672501330708) — ce qui explique assez que vous ne vous souveniez pas d’un « tollé ».
Dans quel sens Trump pourrait il « s’engager » avec la Chine et la Russie ?