Finale de la Coupe du monde 2026. Comment l’équipe d’Argentine à troqué la Garra contre une bande de racailles

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Je vais commencer par une confession, parce que ce qui suit n’aurait aucun sens sans elle : j’ai soutenu cette équipe d’Argentine. Pas du bout des lèvres, pas par posture. En 2022, quand ils ont soulevé la coupe au Qatar, j’étais pour eux ne supportant pas, par principe et parce que Breton, l’équipe de France. Depuis le début de ce Mondial 2026, j’étais encore avec eux. Et j’ai passé trois semaines à les défendre parfois envers et contre tous.

Contre l’Argentine bashing devenu un sport national dans certaines rédactions françaises. Contre ceux qui découvrent tous les quatre ans que ces gars-là jouent dur, provoquent, chambrent, taclent dur, cherchent la faute, tirent le maillot et vous regardent dans les yeux en souriant. Oui. Et alors ? C’est une culture footballistique. C’est la garra, cette manière de considérer qu’un match se gagne aussi dans les interstices, dans les duels, dans la tête de l’adversaire. C’est aussi ça le football. Ça en fait même partie depuis toujours, et ceux qui prétendent le contraire n’ont jamais joué en district un dimanche matin.

Alors quand ils ont sorti l’Angleterre en demie avec deux passes décisives de Messi, j’ai applaudi, plus encore, j’ai hurlé. Quand on m’expliquait qu’ils étaient des tricheurs professionnels, j’ai haussé les épaules.

Et puis il y a eu dimanche soir.

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Refuser de jouer n’est pas défendre

Qu’on soit clair, parce que la nuance a son importance. Le catenaccio est une école. Défendre bas, fermer les espaces, laisser le ballon à l’adversaire et le frapper en contre : c’est une stratégie légitime, parfois magnifique, souvent efficace. L’Italie en a fait un art. Personne n’a jamais reproché à Trapattoni de gagner 1-0.

Ce n’est pas ce qui s’est passé au MetLife Stadium. Ce qu’on a vu, ce n’est pas une équipe qui défend, c’est une équipe qui refuse de jouer au football. Zéro tir en quatre-vingt-dix minutes. Zéro. Jamais, dans l’histoire des finales de Coupe du monde, une sélection n’avait produit ça. Le premier tir argentin est intervenu à la 117e minute. Deux frappes au total, aucune cadrée. Le gardien espagnol n’a pas eu un seul arrêt à effectuer de toute la soirée.

Des dégagements en touche systématiques, le plus loin possible, sans même chercher un partenaire. Aucune tentative de conserver le ballon. Aucune ambition, à aucun moment, de marquer un but. Un seul objectif : tenir cent vingt minutes et confier le titre mondial à une séance de tirs au but, c’est-à-dire à une loterie.

On peut appeler ça du pragmatisme. Moi j’appelle ça une capitulation déguisée en tactique. Et une finale de Coupe du monde, ce spectacle que des centaines de millions de gosses regardent une fois tous les quatre ans, mérite mieux que ce néant.

Les coups, les crocs-en-jambe, la sortie par la petite porte

Encore, si ça s’était limité à ça. Mais l’Argentine a jugé bon d’ajouter au vide footballistique une collection de saloperies gratuites.

Le coup de coude de Paredes dans le dos de Rodri, sans ballon, sans enjeu, sans autre finalité que de faire mal. Enzo Fernandez expulsé pour une faute grossière  dans le temps additionnel. Messi qui, à la 117e, frappe de toutes ses forces dans le visage de Merino. Paredes encore, exclu après le coup de sifflet final pour être allé frapper un joueur espagnol.

Et puis le pompon. Au moment de la remise des médailles, quand l’Espagne célébrait son titre, les Argentins ont tourné le dos. Pas un regard, pas un applaudissement, pas ce minimum de tenue qu’on exige d’un gamin de douze ans battu en finale du tournoi de la Pentecôte.

Voilà. C’est ça, l’image finale de ce Mondial : une équipe qui n’a pas joué la finale, qui a distribué des coups, et qui n’a même pas eu la dignité de saluer le vainqueur.

Et maintenant, on explique quoi aux gosses ?

C’est là que ça devient sérieux, et c’est pour ça que j’écris ce texte au lieu de hausser les épaules une fois de plus.

Il y a, dans ce pays, des milliers d’éducateurs bénévoles. Des types qui se lèvent le samedi matin, qui traversent la Bretagne en minibus, qui essaient d’apprendre à des gamins de treize ans qu’on serre la main de l’arbitre, qu’on relève l’adversaire qu’on vient de faucher, qu’on ne répond pas à une insulte par un coup de coude. Des types qui bataillent contre une violence de terrain qui monte partout — les chiffres des commissions de discipline sont là, tout le monde les connaît, tout le monde les déplore une fois par an dans une tribune avant de passer à autre chose.

Ces éducateurs-là, lundi matin, ils font quoi ? Ils expliquent quoi au gamin qui vient de cracher par terre devant l’arbitre, qui vient de mettre un coup de coude dans le dos d’un adversaire, qui refuse de saluer l’équipe d’en face ? Qu’il ne faut pas faire ça ? Le môme répondra qu’il l’a vu à la télé, en finale de Coupe du monde, chez les meilleurs joueurs de la planète, ceux dont il a le maillot sur le dos.

Et il aura raison.

C’est ça que je ne pardonne pas. Pas la défaite, pas le jeu défensif, pas les provocations, pas même les coups pris isolément. C’est le message envoyé, à l’échelle planétaire, à la génération qui regarde. Le football professionnel n’a pas d’obligation de beau jeu — le but est de gagner, je l’ai toujours défendu, je le défendrai encore. Mais il a une obligation d’exemplarité, parce qu’il est vu, imité, reproduit sur toutes les pelouses du monde par des gosses qui n’ont pas dix ans.

Une trahison de leur propre pays

Ce qui me met le plus en colère, au fond, c’est que ce n’était pas nécessaire. L’Argentine est une nation de football. Un pays où le ballon est une langue, une religion, un héritage. Un pays qui a produit Maradona, Kempes, Batistuta, Riquelme, Messi. Un pays qui joue dur, oui, qui provoque, oui, mais qui joue.

Dimanche soir, cette équipe n’a rien représenté de tout ça. Elle s’est comportée comme une bande de voyous en excursion. Pas des compétiteurs, pas des durs à cuire : des racailles avec un maillot bleu ciel et blanc sur le dos. Et je pèse mes mots, parce que je sais ce qu’ils valent et je sais aussi ce que je viens de passer trois semaines à défendre.

Ils ont fait honte à leur pays. Ils ont sali des émotions réelles qu’ils avaient procurées aux tours précédents. Ils m’ont fait regretter — moi, qui étais avec eux en 2022 — de les avoir soutenus.

Messi, lui, quittera la scène mondiale sur cette image-là : une finale où il n’a rien produit, sinon une frappe dans la figure d’un adversaire. À trente-neuf ans, après une carrière que personne ne discute, c’est une sortie qui restera. Pas celle qu’il méritait, ni celle qu’il avait choisie.

L’Espagne a gagné. Elle méritait de gagner. Mais dimanche soir, le vrai vaincu, ce n’était pas l’Argentine. C’était le football.

YV

Photo : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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