Nos contemporains en sont souvent convaincus : manifester ne sert à rien. Les pouvoirs oligarchiques qui nous gouvernent sont tellement puissants que rien de ce que nous pourrions faire ne pourrait changer la donne. Petite piqûre de rappel pour ceux qui n’osent pas sauter le pas… et pour les plus fainéants aussi.
Aseptisés par un siècle de démocratie libérale, ayant volontairement livré les clés de leur destin à leurs représentants politiques, les peuples occidentaux semblent endormis. Peu de choses les font réagir hors de la sphère des réseaux sociaux, et une fois leur indignation exprimée sur la toile, ils se contentent d’attendre les prochaines élections. Ne dit-on pas que l’espoir est le dernier à mourir ?
Quelques soubresauts se produisent à chaque nouvel épisode sidérant de viol, de meurtre ou de mise à sac de nos ville, puis la pression retombe et chacun retourne à sa tranquillité. Chaque mort est le mort de trop. Mais, chaque mort est l’avant-dernier.
Le temps des tergiversations est pourtant terminé. La mère de Louis, l’adolescent de 17 ans lynché à mort par la racaille à Narbonne, nous le rappelle : « Ce n’est pas le temps du deuil, c’est le temps de la guerre. »
« Droitiser » l’espace public
Il y a de multiples raisons pour participer à une manifestation. Aussi surprenant que cela puisse paraître, les Français sont vus à l’étranger comme le peuple par excellence qui ne se laisse pas faire et descend dans la rue pour exprimer sa colère. Mais tant de causes, les plus politiquement incorrectes, restent dans l’ombre : certains Français ont encore peur de s’exprimer librement et publiquement.
L’omniprésence des manifestations pour le féminisme, les droits LGBT, le climat ou l’antiracisme peut donner l’illusion que l’espace public est le monopole exclusif des courants progressistes et de gauche. Cet état de fait occulte d’autres réalités et crée un biais dans la perception de la situation sociale réelle du pays.
Aux micros de Radio Courtoisie, Raphaël Ayma, porte-parole de Tenesoun en Provence, est revenu sur la mobilisation en hommage à Louis, soulignant l’importance de participer aux manifestations. Il s’est adressé à ceux qui profèrent que manifester ne sert à rien :
« Ces gens-là nous tiennent ce discours car ils ont un trait caractéristique : le fait de croire au providentialisme électoral. Ils considèrent que la seule solution politique, la seule solution, à leur drame, le seul changement possible ne peut advenir que par le jeu démocratique et par l’idée de venir déposer un bulletin dans une urne tous les cinq ans.
On leur répond que les manifestations viennent imposer une chose très importante en politique : le rapport de force. »
Raphaël Ayma a raison : il est totalement différent de gouverner un pays où systématiquement les Français sortent dans la rue pour crier leur colère, expriment publiquement et collectivement leur mécontentement, où ils ne se contentent pas de rester confinés dans la sphère privée et virtuelle.
Le peuple de France ne pourra faire l’impasse de la manifestation qui demeure le moyen légal le plus direct pour exprimer une résistance face au pouvoir et rompre le silence. Mais pour contraindre les décideurs politiques à réagir et asseoir la légitimité des revendications, seule une mobilisation de longue haleine s’avérera réellement efficace.
Solidarité
À ceux qui ne sont pas convaincus de l’utilité de la chose, on rappellera que manifester dans les rues de Narbonne ou devant le ministère de la Justice, c’est aussi la façon la plus pertinente et la plus visible d’apporter son soutien aux proches d’un Louis ou d’une Lyhanna. Leur montrer qu’ils ne sont pas seuls. Que leur enfant perdu n’est ni ignoré, ni oublié. Faire corps. Sans mobilisation populaire, combien de nos martyrs auraient-ils sombré dans l’oubli sans même qu’on ait eu connaissance de leur calvaire ? Peut-on confier aux médias dominants le choix des « faits divers » à prendre en compte et de ceux à ignorer ?
Créer du lien
Et puis, en ces temps de restrictions de la liberté d’expression, marqués par la montée en puissance de la censure numérique comme de l’application prochaine du DSA, du fichage de la population à travers de fourbes manœuvres soi-disant vouées à nous protéger ou à protéger la jeunesse, de la criminalisation des actions militantes, des fermetures des comptes bancaires des médias et associations dissidentes, créer des liens véritables, « in the real life » comme disent les plus connectés, s’avérera nécessaire.
Et si nous n’avons convaincu personne de l’utilité de descendre dans la rue, s’engager auprès de la cause de leur choix, en aidant ou en la finançant, et même les deux, s’avérera encore plus nécessaire.
Mais une chose est sûre : à défaut d’engagement de la part de nos compatriotes, ce sont les assassins de leurs enfants et les fossoyeurs de leur pays qui auront raison. Leur inertie, leur attente béate des prochaines élections, les conduira à mériter en partie ce qu’il leur arrive.
Ce n’est certes pas agréable à lire… mais la réalité n’est pas toujours agréable.
Audrey D’Aguanno
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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