Irlande du Nord : sommes nous tous des Protestants nord-irlandais ? [L’Agora]

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Pour le commun des mortels, l’Irlande du Nord ce sont des images de rues dévastées, de grévistes de la faim et d’hommes en armes exhumées des années 70 et 80. Depuis l’accord du Vendredi Saint de 98, le territoire avait quitté la Une de l’actualité et ne resurgissait que sporadiquement pour des histoires de frontières post-Brexit, des attentats ou des tensions communautaires entre Protestants et Catholiques qui semblaient, vu de France ou de Bretagne, tirées des livres d’histoire racontant la lointaine Saint-Barthélémy.

En tout cas l’Irlande du Nord était plutôt considéré comme une bizarrerie dans un monde devenu théoriquement « village mondial » où les frontières devaient disparaître les unes après les autres pour le plus grand bien de tous.

En France, depuis que le journaliste et écrivain (talentueux) Sorj Chalandon a soldé le passé avec deux immenses livres : « Mon Traître » et « Retour à Killybegs », il n’existe plus de grand spécialiste de la question nord-irlandaise. A part, un seul : Yann Vallerie qui traîne ses guêtres autant au Sud qu’au Nord depuis des années, a rencontré un certain nombre d’acteurs modestes ou importants des Troubles et des post-Troubles et qui, de livres en articles, informe toujours les passionnés de l’île d’Irlande notamment sur Breizh-Info. « C‘est une niche, je vais en vendre 100 et encore » me confiait modestement Yann à la parution de son dernier livre « Quis Separabit » sur le monde loyaliste nord-irlandais, livre que je recommande chaudement.

Je recommande ce livre sans réserve car Yann y fait preuve d’une neutralité sans concession. Il explique que, en tant que militant nationaliste breton, il a découvert l’Irlande du Nord avec les yeux d’un supporter naturel de la cause républicaine. Et pourtant, petit à petit, il a su s’intéresser au camp d’en face. Sans juger et sans s’enthousiasmer non plus. Un regard non pas de militant mais de journaliste et, oserais-je dire, d’ethnologue qui essaye de comprendre un monde qui a son histoire et ses mythes. Et qui est, aujourd’hui, traversé de peurs. Bref, lisez Quis Separarabit car il renseigne en profondeur sur la notion de communauté, bien au-delà de la question loyaliste nord-irlandaise.

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Mais revenons à notre sujet.

Aujourd’hui, l’Irlande du Nord est le territoire d’Europe occidental le moins touché par l’immigration extra-européenne. A part la Laponie ou les Îles Féroé, les quartiers urbains de Belfast ou Derry sont paradoxalement les moins « enrichis » du continent. Au propre comme au figuré d’ailleurs. Et effet le rappelait Yann Vallerie dans sa récente interview à CNews, les statistiques ethniques sont autorisées et pratiquées au Royaume-Uni. Et ces statistiques montrent que dans les 6 comtés, la population est blanche à 97% ! Largement supérieur à ce qu’on peut connaître à Rennes, Brest ou Nantes voir à Pontivy aujourd’hui !

Et pourtant, c’est dans ces territoires que les réactions contre l’immigration extra-européenne sont les plus violentes. Ceci n’est pas étonnant au regard de l’histoire nord-irlandaise. En France, en Italie ou en Espagne si vous avez une manifestation (notamment de gauche) qui tourne en émeute, les manifestants vont démolir du matériel urbain et quelques distributeurs de billets avant de piller des magasins d’articles de sport. En Irlande du Nord, les manifestants vont investir une rue, casser les fenêtres des maisons et y balancer des cocktails molotov, que les habitants y soient présents ou non. C’était déjà le cas dans les années 60 et la moindre explosion de violence ramène les « vieux réflexes » des pogroms de jadis.

En résumé : Le niveau de violence populaire en Irlande du Nord n’a absolument rien à voir avec ce qu’on peut voir ailleurs en Europe occidentale.

Et, de la même façon, le niveau d’acceptabilité de l’immigration extra-européenne n’a, uniquement dans les quartiers protestants pour le moment, aucun rapport avec ce que nous acceptons sur le continent. Une situation semblable à celle de la Seine Saint-Denis, de Marseille ou même de Roubaix est impossible là-bas.

Et pourtant…

Etant donné que, pour des raisons de dynamiques démographiques, le problème de l’immigration ne va faire qu’empirer partout en Europe (le Tiers-Monde surpeuplé et incapable de s’assumer continuera de se déverser sur les pays développés mais faibles européens), Irlande du Nord compris, les émeutes anti-immigration resurgiront d’une manière ou d’une autre à Belfast.

Car en Irlande du Nord, la problématique est simple : en 1998, les Républicains et notamment le duo Sinn Fein/IRA signent les accords du Vendredi Saint parce qu’ils ont compris que la démographie leur est favorable. Il suffit juste de continuer à faire des enfants et d’attendre le basculement. Aujourd’hui ce basculement est arrivé. Le parlement Nord-Irlandais est le reflet de cette tendance : en 1998, le rapport était de 58 sièges pour les Unionistes à Stormont contre 42 pour les Nationalistes et 8 « autres » (souvent des formations d’extrême-gauche). Aujourd’hui (élections de 2022), il est de 37 (Unionistes) contre 35 (Républicains) et 18 « autres ». En politique, il ne faut pas voir les résultats à l’instant T, il faut voir les tendances. Et la tendance boostée par la démographie est sans appel : l’Irlande du Nord, autrefois majoritairement protestante et unioniste devient catholique et républicaine.

Or, le monde républicain a été biberonné depuis des décennies au tiers-mondisme, de l’espèce la plus niaise et naïve qui soit. Palestinisme, LGBTisme, néo-féminisme, immigrationnisme, victimisme, Black Lives Matterisme et j’en passe, le Sinn Fein et, plus encore, les Dissidents sont devenus des annexes de la cage aux folles avec un keffieh autour du cou. Encore une fois, avec 3% d’extra-européens dans leurs rues, ils n’ont pas compris ce qui les attend. Et « l’accélération de l’Histoire » qu’ils connaissent depuis 10 ans n’a pas fini de les surprendre.

Preuve en est de cette niaiserie : Dans la grande séance d’ethnomasochisme et de fouettage de coulpe républicain qui a suivi les émeutes anti-immigration de la semaine dernière, les responsables communautaires républicains en ont fait des tonnes pour s’excuser auprès des migrants tout en leur proposant, la larme à l’oeil, l’asile antifasciste dans leurs quartiers. Les Protestants loyalistes doivent sauter de joie ! Tout en s’inquiétant des conséquences à long terme. Parce que Belfast c’est petit. Et c’est serré.

Malheureusement, le changement démographique et politique de l’Irlande du Nord et l’aveuglement idéologique du camp républicain sur la question migratoire, devraient amener de nouveaux flots de migrants dans le territoire. En effet, si le Sinn Fein arrive au pouvoir, les choses vont être claires : il va falloir laver plus blanc que blanc, être plus immigrationiste et woke que tout le monde. Être plus immigrationniste que tout le monde en servant, par exemple, de refuge à tous les migrants qui ne trouveront plus portes ouvertes et table mise au Royaume-Uni où la bascule politique en faveur de Farrage et de Reform UK ne devrait pas tarder.

Partant, le Sinn Fein connaîtra une situation qu’il a lui-même mis à profit en 1998 : la stratégie de la conquête par les ventres. 3% d’extra-européens en Irlande du Nord en 2026, combien dans 10-20 ans si les Républicains niaiseux ont tous les pouvoirs à Belfast mais aussi, peut-être un jour, à Dublin ?

Car, c’est ici la deuxième partie du problème : pour les raisons expliquées plus haut, la Réunification de l’Irlande paraît de plus en plus probable. Qu’adviendra-t-il, dans ce schéma, des Loyalistes protestants qui se verront marginalisés culturellement et démographiquement autant par le catholicisme républicain que par les « enrichisseurs » qui vont arriver et se multiplier génération après génération ?

Les Protestants loyalistes se croyaient confrontés à UN problème (leur anéantissement dans une Irlande, républicaine et catholique), ils découvrent qu’ils sont confrontés à DEUX problèmes (leur anéantissement dans une Irlande, républicaine, catholique et niaisement immigrationiste). Ils veulent conserver leur autonomie culturelle ? Ils devront se battre contre DEUX ennemis. Car ce ne sont plus seulement des écoles en gaélique qu’ils vont voir s’implanter dans leurs quartiers mais aussi des écoles coraniques !

En fait, la situation des Loyalistes protestants ressemble terriblement à la nôtre dans bien des endroits de Bretagne et de France désormais : submergés par le Grand Remplacement, nous devons aussi nous battre contre ceux qui organisent et promeuvent la « Nouvelle France » où notre place n’est pas assurée. Prenons le cas de Callac par exemple quand une certaine partie de la population s’est révoltée contre le projet d’implanter un centre pour migrants. Eh bien, les révoltés c’était les Protestants d’Irlande du Nord et les gauchistes, LFI et »nationalistes bretons » en tête, qui défendaient le projet, c’était le Sinn Fein. Le camp des collaborateurs de l’immigration.

Collabos gauchistes + migrants Vs population vieillissante, en plein hiver démographique et diabolisée de toute part, en fait la situation dans ce petit territoire oublié d’Irlande du Nord est devenu une sorte de caricature d’une tendance générale qui touche toute l’Europe. Caricature accentuée par cette polarisation communautaire unique en Europe.

Et cerise sur le gâteau en Bretagne : nous avons le rouleau compresseur jacobin français qui tue nos langues et notre culture mais également, désormais, la culture « cité » et le changement démographique. Un problème à trois corps, comme les Protestants de Belfast !

Finalement, nous nous réveillons chaque matin depuis une semaine en découvrant que, attaqués sur deux fronts, nous sommes tous des Protestants nord-irlandais !

Jean-Pierre Trédia

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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