L’article publié par Libération le 22 août, « Nucléaire : face aux chaleurs, EDF en sueurs », est un remarquable exemple de prestidigitation journalistique. Les faits rapportés sont réels ; c’est leur agencement qui relève de l’escamotage. Une canicule exceptionnelle devient la preuve d’une faiblesse structurelle de l’atome, tandis que quelques baisses temporaires de puissance annoncent déjà la faillite d’une filière entière.
La conclusion est imposée dès le titre : EDF transpire, donc le nucléaire chancelle. Le vocabulaire fait le reste. Les réacteurs sont « en carafe », les centrales deviennent de « grosses bouilloires » et la canicule inaugure « l’été de tous les dangers ». Les chiffres sont exacts : le 12 août, treize réacteurs étaient affectés et 7,3 gigawatts indisponibles. L’article reconnaît pourtant que l’électricité n’a pas manqué, que la France continuait d’en exporter et qu’EDF maintenait sa prévision annuelle de production. Ces précisions, qui devraient commander l’analyse, sont reléguées au rang de vétilles.
Le choix des interlocuteurs parachève la démonstration. Greenpeace, NégaWatt, le Collectif Arrêt du nucléaire et Mycle Schneider prononcent successivement le réquisitoire. Aucun spécialiste favorable à l’atome ne leur répond. Aucune comparaison n’est faite avec les centrales au gaz ou au charbon, elles aussi tributaires d’un refroidissement, ni avec l’intermittence constitutive de l’éolien et du solaire. La chaleur réduit également le rendement des panneaux photovoltaïques, tandis que la sécheresse pénalise l’hydroélectricité ; ces vérités auraient troublé la limpidité du récit.
L’article tait surtout les possibilités d’adaptation. Palo Verde, en Arizona, fait fonctionner depuis les années 1980 trois puissants réacteurs au cœur du désert de Sonora, loin de tout fleuve et de tout lac, grâce aux eaux usées retraitées de Phoenix. Refroidissement sec, aéroréfrigérants, eaux recyclées et nouveaux caloporteurs offrent d’autres solutions. Les 8,7 milliards d’euros engagés par EDF pour adapter ses installations ne constituent donc pas l’aveu d’une impuissance, mais la réponse technique à une contrainte identifiée.
Cette mécanique dépasse le nucléaire. Qu’il soit question d’économie, d’écologie, d’immigration ou d’« extrême droite », Libération pose d’abord la conclusion idéologique, puis trie, ordonne et colore les faits afin qu’ils lui donnent raison. Il arrive cependant que le procédé soit si appuyé qu’il se retourne contre son auteur. Le journal voulait montrer un nucléaire terrassé par le climat ; il démontre seulement que, durant une canicule exceptionnelle, quelques réacteurs ont réduit leur puissance sans pénurie, sans danger et sans interruption des exportations. Le thermomètre devait mesurer la vulnérabilité de l’atome. Il aura surtout pris la température idéologique de la rédaction.
Trystan Mordrel
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7 réponses à “Mordrel frappe ! Quand Libération fait suer le nucléaire”
On peut ajouter que les éoliennes ne supportent pas les fortes chaleurs, elles sont mises à l’arrêt.
N’empêche qu’EDF a bien dû mettre à l’arrêt certains réacteurs. Le nucléaire n’est pas une énergie miracle, il présente des handicaps : nécessité d’acheter du combustible, traitement et/ou stockage des déchets, contraintes techniques très élevées, réactions de l’opinion en cas d’incident et donc vulnérabilité au manque d’eau. Cela en fait une énergie « intermittente » : il est aujourd’hui indispensable mais pas suffisant.
Voici un demi-siècle, la France a été assez réaliste pour renoncer à sa filière nucléaire « maison » (graphite-gaz) pour adopter la technologie « américaine » de Westinghouse, bien plus efficiente. Mais elle aurait dû profiter de son avance pour inventer de nouvelles technologies…
Si l’écolo traitresse Dominique Voynet n’avait pas soudoyé Lionel Jospin en échange de quelques voix « vertes » pour qu’il saborde Superphénix, la France qui dispose d’un stock de trois cents mille tonnes d’uranium 238 pourrait assurer son indépendance électrique pour plus de mille ans. Dans le milieux des années 90 le CEA et la COGEMA avait 25 ans d’avance sur pratiquement la terre entière en matière de nucléaire, notamment avec le combustible MOX de l’usine MELOX de Marcoule. Mais les boches voyait d’un très mauvais œil cette hégémonie française et ont commencé a saboter en infiltrant la politique de notre pays. Encore aujourd’hui, il existe une antenne allemande au sein même du cabinet ministériel de Mme. Panier-Runacher, c’est dire l’étendue de la trahison.
Ouvrez des livres et informez-vous notamment sue la notion de « PILOTABLE ».
Une énergie « intermittente » (éolien et solaire) dépend des conditions naturelles variables et non contrôlables. Le nucléaire est PILOTABLE vu qu’on peut moduler sa puissance et la maintenir stable selon la demande. Les arrêts imprévus ou les réductions de puissance sont des « pannes ou des indisponibilités », et non une caractéristique propre à la source d’énergie.
Vouloir expliquer sans rien comprendre est la spécialité de certaines personnes.
Na zijoñjit ket Tristan « Breiz atao » en amzer da dad pa an Emsao a oa en tu dehou! Debaoe 1945 gant skoazell ar Stad Gall, ar re Jakobined o deus roet an Emsav d’ar re Ru.
Mordrel va-t-il à chaque fois publier une image faite par l’IA sur laquelle il passe encore pour un super héros ? Ça va devenir lassant, à la longue…
Elle s’est sabordée, comme souvent, grâce aux politiques incompétents, ceux et celles qui ont torpillé superphénix par exemple. Quant au « manque d’eau » vous avez du zapper le « Palo Verde, en Arizona » de l’article, et le reste. Concernant « l’Aberration », l’auteur de l’article, il ne prêche jamais une analyse honnête, ses journalistes devraient changer de métier.