Canicule : Ni climatiseur ni centrales nucléaires : l’État qui vous fait la morale et vous invite à disparaître [L’Agora]

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Quarante degrés en Bretagne, des records qui tombent, et un État qui, faute de pouvoir vous rafraîchir, se rabat sur ce qu’il sait faire de mieux : vous expliquer comment boire un verre d’eau. Pendant ce temps, les vrais bouleversements — ceux-là rapides, massifs et peut-être irréversibles — se déroulent dans une indifférence soigneusement entretenue. Coup de gueule.

Il fait chaud. Très chaud. Et comme à chaque épisode caniculaire, la grande machine étatique se met en branle. Non pas pour vous procurer de l’air frais — soyons sérieux — mais pour vous abreuver de conseils. Hydratez-vous. Fermez les volets. Évitez l’effort aux heures chaudes. Pensez à vos voisins âgés. Un numéro vert, des spots, des bandeaux d’alerte, des préfets graves à la télévision. L’État-nounou est dans son élément. Il ne peut rien pour vous, mais il vous tient la main en vous expliquant, avec la condescendance d’une institutrice de maternelle, qu’un être humain a besoin de boire quand il a soif.

On reste pantois devant ce spectacle. Voilà une puissance publique qui prélève la moitié de la richesse nationale, qui régente vos vies du berceau au tombeau, qui a un avis sur votre alimentation, vos déplacements, votre chauffage et bientôt votre respiration — et qui, sommée de répondre concrètement à une vague de chaleur, n’a strictement rien d’autre à proposer qu’un dépliant pédagogique. Pas de climatisation dans les écoles, où l’on renvoie les enfants chez eux. Pas de climatisation dans les Ehpad, ces mouroirs surchauffés où l’on entasse nos vieux. Pas de climatisation dans les hôpitaux, les bureaux, les trains. Mais des conseils. Toujours des conseils.

Car il faut bien le dire : la climatisation, en France, est devenue un objet de suspicion morale. La clim, c’est mal. C’est égoïste, énergivore, climaticide. On préfère un peuple qui sue dignement dans le respect de la planète à un peuple qui vit confortablement. L’idéologie a tranché : mieux vaut avoir chaud vertueusement que frais coupablement. Et tant pis si les pays sérieux — les États-Unis, le Japon, les pays du Golfe — climatisent tout sans état d’âme depuis un demi-siècle. Nous, nous avons les bandeaux orange et le numéro vert.

Mais d’où viendrait l’électricité pour climatiser, me direz-vous ? Excellente question. De ces centrales nucléaires que nous avons cessé de construire pendant trente ans, par lâcheté politique, par clientélisme vert, par soumission aux lubies allemandes. La France, qui fut la championne mondiale de l’atome, qui offrait à ses citoyens l’une des électricités les plus abondantes et décarbonées de la planète, a sabordé son avantage par pure idéologie. On a fermé Fessenheim en pleine forme. On a laissé pourrir la filière. On a préféré couvrir le pays d’éoliennes inutiles qui ne tournent pas quand on en a besoin et qui défigurent nos paysages. Résultat : une énergie plus rare, plus chère, et un État qui vous demande maintenant de baisser votre consommation. La boucle est bouclée. On vous a privés des moyens de vous protéger, et on vous fait la leçon sur votre inconfort.

Voilà pour le premier visage de la bête : l’État impuissant qui compense son incurie par la pédagogie.

Mais il y a pire, et c’est le second visage. Car cet État qui ne sait pas vous climatiser sait parfaitement vous culpabiliser. À chaque canicule, la même liturgie : voyez, le climat se réchauffe, voyez le danger, voyez demain. On transforme un épisode météorologique en sermon eschatologique. Le réchauffement devient une religion d’État, avec ses prêtres, ses indulgences, ses péchés et ses pénitences. Et le fidèle, terrorisé, se flagelle.

C’est là que se révèle le vertige. Toute une partie de la population s’angoisse pour le climat, scrute les courbes de température, tremble devant les projections de 2100 — sur lesquelles elle n’a, individuellement, aucune prise réelle. Que vous installiez ou non un climatiseur, que vous preniez ou non l’avion cet été, cela ne change rigoureusement rien à la trajectoire du climat planétaire, déterminée par la Chine, l’Inde et quelques géants industriels. On vous fait porter une culpabilité cosmique pour des gestes dérisoires, pendant que les vraies puissances émettrices construisent une centrale à charbon par semaine.

Et pendant que cette population se mortifie pour un degré hypothétique en fin de siècle, elle ferme soigneusement les yeux sur les transformations qui, elles, bouleversent réellement, collectivement et rapidement nos vies. L’immigration de masse qui change le visage de nos villes en une génération. L’insécurité qui gangrène jusqu’aux campagnes. Les lubies sociétales qui déconstruisent la famille, l’école, les repères les plus élémentaires. Tout cela se déroule sous nos yeux, vite, et avec un risque sérieux d’irréversibilité. Mais cela, on ne le regarde pas. C’est trop chaud, justement. On préfère parler du thermomètre que de la démographie.

Le paradoxe atteint son sommet dans cette injonction, devenue presque banale chez les plus zélés défenseurs du climat : ne faites plus d’enfants. Pour sauver la planète, disparaissez. Réduisez l’empreinte carbone de l’espèce en cessant de la reproduire. On a là le degré ultime de la folie : une idéologie qui présente l’extinction de son propre peuple comme un acte moral. Des gens qui s’inquiètent tant de l’avenir qu’ils refusent d’en avoir un. Qui défendent une Terre qu’ils veulent, au fond, débarrassée d’eux-mêmes. C’est la première fois dans l’histoire qu’une civilisation érige son propre effacement en vertu cardinale.

Pendant ce temps, d’autres peuples, eux, font des enfants, bâtissent, conquièrent, occupent l’espace que nous désertons. La nature a horreur du vide, et l’Histoire encore davantage. Le territoire que nous abandonnons au nom de la sobriété et de la décroissance, d’autres le peupleront. Voilà la vraie irréversibilité, celle dont on ne parle jamais entre deux bandeaux d’alerte canicule.

Alors oui, il fait chaud. Buvez de l’eau, c’est un bon conseil. Mais réservez votre angoisse aux combats où elle peut encore changer quelque chose. Le climat se débrouillera très bien sans votre culpabilité. Votre civilisation, en revanche, ne survivra pas à votre renoncement.

Et la prochaine fois qu’un préfet vous expliquera doctement comment vous hydrater, vous pourrez lui demander, poliment, où sont passées les centrales — et le bon sens.

Et pour ceux qui le peuvent, mettez à fond vos climatisation, faite des bassines d’eau, aidez vos voisins, et attendez que ça passe !

Julien Dir

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle. Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

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4 réponses à “Canicule : Ni climatiseur ni centrales nucléaires : l’État qui vous fait la morale et vous invite à disparaître [L’Agora]”

  1. Jacques BRACQUEMONT dit :

    Bravo tout à fait d’accord avec cet article

  2. Carton Rouge dit :

    La même procédure de conseils et de peurs que pour le Covid…attention on est en guerre contre la chaleur dirait Macron qui se régale de guerres contre les non vaccinés, la Russie, les narcos mais pas un mot sur l’Islamisme rampant et déclaré sans complexe….vous, les français de souche, les blancs, ne faites plus d’enfants car ce sera bientôt un délit pénal…laissez les envahisseurs remplir les maternités et vous les méchants disparaissez dans les Epadhs à 40 °C. Ces conseils  » Mode Canicule  » débiles nous montrent le mépris de nos politiques pour le peuple jugé ignare et idiot .

  3. Burgat dit :

    Pour se rafraichir, aller tout simplement « pic-niquer » sous les éoliennes !

  4. VD dit :

    D’accord avec cet article, … sauf sur un point : le nucléaire
    Le nucléaire fournit de l’électricité pas chère, oui ! Mais quand il ne fait pas trop chaud ! Les installations actuelles sont refroidies par l’eau des rivières dont le débit devient si bas en période de chaleur intense qu’il a déjà fallu ARRÊTER 2 RÉACTEURS …
    Alors en attendant de revoir et fiabiliser le refroidissement des réacteurs pour en construire de nouveaux pouvant fonctionner avec des températures extérieures de 40°C et plus, ne stoppons pas les énergies renouvelables, au contraire !
    Mais il est vrai qu’une production centralisée nécessite un réseau de distribution coûteux et donc peut-être contrôlée par (je vous laisse compléter !) alors qu’avec une production décentralisée et locale, plus de moyens de pression …

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