Vieillissement : les « super marcheurs » deux fois moins exposés au déclin cognitif

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Une étude publiée dans la revue Neurology a identifié un groupe rare de personnes âgées, baptisées « super movers » (super marcheurs), qui présenteraient un avantage remarquable : un risque nettement réduit de déclin cognitif, y compris lorsque leur cerveau montre les mêmes altérations liées à la maladie d’Alzheimer que celui de leurs contemporains. Les chercheurs décrivent ce profil comme un « phénotype de vieillissement exceptionnel », susceptible de livrer des indices précieux sur la manière dont certains préservent leur santé cérébrale malgré l’âge.

Le critère qui définit ces individus est d’une simplicité déconcertante : la vitesse de marche. Seuls 6 à 10 % des adultes entrent dans cette catégorie. Ces personnes marchent plus vite que la moyenne pour leur âge et leur sexe, à une allure comparable à celle d’une personne d’environ trente ans de moins. De précédents travaux avaient déjà montré qu’ils souffraient de moins de maladies chroniques, adoptaient un mode de vie plus sain, étaient moins sujets à la dépression et présentaient un âge biologique plus jeune que leurs pairs.

Un cerveau qui résiste malgré les lésions

La nouveauté de cette étude est d’avoir vérifié si cet avantage physique se traduisait par une meilleure santé cognitive. Les chercheurs ont analysé près de 4 000 adultes issus du réseau de la Health and Retirement Study, suivis sur plusieurs années pour observer l’évolution de leurs capacités.

Les résultats sont frappants : les super marcheurs affichaient de meilleures fonctions cognitives que les autres personnes du même âge et du même sexe, et l’on comptait parmi eux moins de nouveaux diagnostics d’Alzheimer ou de démence — alors même que leur cerveau présentait des niveaux comparables de lésions liées à ces pathologies. C’est là l’un des constats les plus intrigants, selon l’auteur principal, le Dr Joe Verghese, professeur de neurologie à la Renaissance School of Medicine de l’université Stony Brook. Ces personnes disposeraient de « mécanismes de résilience » leur permettant de maintenir leurs fonctions cognitives en dépit des altérations cérébrales liées à l’âge — mécanismes dont la compréhension pourrait ouvrir de nouvelles pistes pour favoriser un vieillissement cérébral sain.

Mobilité et cerveau, deux santés liées

Le principal enseignement, pour le Dr Verghese, tient en une phrase : mobilité et santé cérébrale sont profondément liées. Le Dr Alexander Mauskop, fondateur du NY Headache Center et professeur de neurologie clinique, souligne que le profil du super marcheur reflète vraisemblablement des décennies de meilleure santé vasculaire, d’exercice régulier et d’autres facteurs protecteurs — les mêmes, note-t-il, que ceux recommandés pour le contrôle des migraines et la prévention des AVC. Marcher régulièrement, entretenir sa force et son équilibre, préserver sa vitesse de marche jusqu’à un âge avancé pourraient ainsi être présentés non seulement comme bénéfiques pour le cœur, mais aussi comme une stratégie de résilience cognitive.

Faut-il pour autant conseiller aux seniors d’augmenter leur nombre de pas quotidiens dans l’espoir de protéger leur cerveau ? Le Dr Verghese appelle à la prudence : l’étude ne permet pas d’établir de lien de cause à effet. Selon lui, une marche plus rapide pourrait être à la fois le signe d’un cerveau en bonne santé et un facteur contribuant à le préserver. La vitesse de marche, explique-t-il, reflète la santé intégrée de plusieurs systèmes — cerveau, muscles, cœur, métabolisme et système nerveux —, tandis que l’activité physique régulière peut contribuer à protéger le cerveau par une meilleure condition cardiovasculaire et une inflammation réduite.

Le message pratique reste mesuré : maintenir sa mobilité est une composante essentielle d’un vieillissement en bonne santé. Sans prétendre que marcher plus vite prévient à soi seul le déclin cognitif, les chercheurs rappellent qu’il est possible d’améliorer sa vitesse de marche par un entraînement progressif — de préférence en sollicitant un avis médical en cas de problème de santé notable.

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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