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La campagne présidentielle de 2027 a commencé avant la rentrée, ce qui peut être interprété comme un signe de fébrilité. L’immense majorité de nos concitoyens perçoivent le déclin de notre pays et, parmi les nombreux sujets d’inquiétude et leurs conséquences sur notre futur, il y en a un qui surplombe tous les autres : la dette publique de la France.
Pourquoi atteint-elle des sommes faramineuses alors notre niveau de vie est orienté à la baisse et que la part de notre industrie dans le produit des richesses nationales est divisée de moitié depuis le début des années 1970. Quelle est cette étrange corrélation qui fait augmenter notre dette et diminuer simultanément notre activité industrielle ?
L’intégration européenne, catalyseur d’un monde futur unifié par la monnaie-dette
Le premier acte de la mondialisation a été celle de la monnaie. En 1944, le dollar est devenu la monnaie mondiale parce qu’il était convertible en or. En 1971, cette convertibilité, envers laquelle de plus en plus de gens émettaient des doutes, disparut et le dollar-papier allait devenir l’étalon de toutes les monnaies, ce qui était probablement prévu dès 1944. C’est également le moment où le « serpent monétaire européen » apparut. Tout ceci concourrait à unifier les différentes monnaies mondiales non pas en leur donnant le même nom, mais en les émettant de la même façon dans le réseau des banques centrales qui allait se constituer. Leurs principales caractéristiques sont d’être indépendantes des pouvoirs politiques et d’émettre de la monnaie en créant de la dette.
L’une des premières fut la Banque d’Angleterre, créée en 1694 et c’est sur son modèle que la Réserve Fédérale américaine apparut en décembre1913. Le traité de Maastricht fit naître la BCE (Banque Centrale Européenne) qui émet l’Euro sous un principe un peu différent mais qui renoua avec la méthode traditionnelle de l’émission sur de la dette lors du « quantitative easing » fait par Mario Draghi. Visiblement, les euro-mondialistes voulaient à tout prix l’émission « d’euros-bonds »
analogues dans leur principe aux « US Bonds » mais la forte réticence des Allemands a différé ce projet, obligeant la BCE à faire du « coup par coup » (en infraction avec les traités européens) en rachetant aux banques privées européennes les dettes des États.
Quelque soit la banque centrale, la question de savoir d’où vient la monnaie est primordiale. Cette monnaie vient de nulle part. Elle est crée sous forme de billets, de pièces ou de lignes comptables à partir du néant. Or, c’est un peu la caractéristique de ce qui est appelé « la fausse monnaie » et qui est d’être créée à partir de rien.
La désindustrialisation génère la dette publique
L’émergence d’une « classe moyenne » est une caractéristiques des pays industrialisés. Les emplois industriels sont à l’origine de cette classe sociale particulière car le capitalisme industriel était par nature redistributeur alors que le capitalisme financier est par nature concentrateur des richesses produites. Lorsque les emplois industriels disparaissent, rien ne peut les remplacer et c’est l’erreur commise par nos gouvernants à partir de 1973, qui ont inventé l’ère « post-industrielle » qui est un leurre. On nous dit aujourd’hui que notre dette publique provient de ce qu’ils appellent « l’État-providence » et qu’il faut plus de rigueur budgétaire. On nous dit aussi que nous devons travailler plus longtemps. Le calcul est simple, quasiment « biblique ». Si vous travaillez, vous n’êtes pas en retraite donc plus de problème pour financer les retraites. Simple question : où sont les emplois ? Le piège de la désindustrialisation débouche nécessairement sur le problème de la dette car l’État doit assurer à chacun un revenu minimum afin de maintenir la paix sociale.
Comment fonctionne la « monnaie-dette » ?
Hong BingSong, économiste chinois auteur du livre « La guerre des monnaies » (2007, Editions Le retour aux sources et traduit en français par Lucien Cerise) décrit le mécanisme en mettant en évidence les choses qui ne doivent pas être apparentes :
« Dans une brochure, la Banque de réserve fédérale de New York disait ceci :
La monnaie ne peut être compensée ou échangée contre de l‘or du Trésor ou tout autre actif utilisé comme garantie. La question de savoir exactement quels actifs « garantissent » les billets de la Réserve fédérale a peu d‘importance autre que comptable […] Les banques créent la monnaie en se basant sur la promesse des emprunteurs de rembourser (reconnaissance de dette) […] Les banques créent la monnaie en « monétisant » les dettes privées des entreprises et des particuliers. Et, dans une autre brochure, de la Banque de réserve fédérale de Chicago : Aux États-Unis, ni le papier-monnaie ni les dépôts bancaires n‘ont valeur de marchandises. Intrinsèquement, le dollar n‘est qu‘un bout de papier et les dépôts bancaires ne sont que des écritures comptables. Les pièces ont bien une valeur intrinsèque en tant que métal, qui est généralement bien inférieure à leur valeur faciale.
Alors, qu‘est-ce qui rend ces instruments ― chèques, papier-monnaie et pièces ― acceptables en paiement de toute dette et pour les autres utilisations monétaires ? C‘est principalement la confiance qu‘ont les gens de pouvoir échanger une telle monnaie contre d‘autres actifs financiers et des biens et des services réels à chaque fois qu‘ils le décident.
Autrement dit, c’est la monétisation de la dette qui permet de créer des dollars, tandis que la valeur nominale du dollar doit être imposée par un agent extérieur. Alors, comment la dette a-t-elle pu se transformer en dollars ? Afin de comprendre ce processus en détail, il faut prendre une loupe pour observer les mécanismes de la monnaie américaine. Le lecteur non versé dans la finance devra peut-être lire ce qui suit à plusieurs reprises pour bien saisir le processus de création de la monnaie par le système de Réserve Fédérale et les institutions bancaires. Cela relève d’un quasi-secret commercial que garde jalousement l’industrie financière. Étant donné que le gouvernement ne détient plus le pouvoir de battre monnaie, mais qu’il ne peut émettre que des obligations, puisque la dette nationale est utilisée comme garantie par la Réserve Fédérale, ce n’est qu’en passant par la Fed et d’autres banques commerciales qu’on émet la monnaie, de sorte que la source du dollar provient de la dette nationale. Quatre étapes sont nécessaires dans ce processus. (1) La première étape est l’approbation par le Congrès de l’ampleur de l’émission des obligations d’État. Le Trésor programme la dette pour qu’elle se transforme en différents types d’obligations : les billets du trésor (T-bills ou Treasury bills) à échéance d’un an ou moins ; les bons obligataires à moyen terme (T-notes), valables de deux à dix ans ; et les bons du trésor (T-bonds) dont l’échéance peut atteindre jusqu’à trente ans.
Ces obligations, à des fréquences différentes et à des moments différents, sont vendues aux enchères sur le marché libre. Puis le Trésor envoie toutes les obligations invendues à la Fed, qu’elle accepte toutes et, à ce moment, elle les enregistre comme actif dans ses livres en tant que titres. Puisque la dette nationale est utilisée en garantie des futurs impôts encaissés par le gouvernement américain, elle est considérée comme l’actif le plus fiable au monde. Après que la Fed a inscrit ces titres dans la colonne « actif », elle crée une somme équivalente qu’elle inscrit dans la colonne « passif », qui représente les chèques que la Réserve Fédérale imprime. Cette étape clef ne part de rien. Ces « chèques en blanc » ne sont adossés à aucune monnaie. C’est une étape dont la conception est raffinée et le camouflage complet, dont l’existence permet au gouvernement de mieux contrôler l’offre et la demande lors de la vente des obligations aux enchères. La Fed touche des intérêts sur l’argent prêté, le gouvernement obtient facilement de la monnaie, mais il n’y a pas beaucoup de traces révélant l’impression de monnaie. Les tours de passe-passe de la Fed permettent d’équilibrer les livres de comptes, les actifs de la dette nationale et les passifs monétaires s’équilibrent. C’est vraiment cette étape simple mais cruciale qui crée la plus grande injustice au monde. Les futurs impôts des gens qui sont tenus en garantie par le gouvernement permettent à la banque centrale privée de fixer la masse monétaire, c’est-à-dire l’argent qui sera créé par les banques commerciales. Et le gouvernement est redevable d’une somme énorme d’intérêts sur de l’argent créé à partir de rien. Cette injustice se détaille en trois points.
― Les futurs impôts des contribuables ne devraient pas servir de garantie, car l’argent n’a pas encore été gagné ; la garantie ne peut que conduire inévitablement à la baisse du pouvoir d’achat et à la dévaluation de la monnaie, nuisant à l’épargne. ― Les futurs impôts des contribuables doivent encore moins servir de garantie quand il s’agit d’une banque centrale privée ; dans une situation où les banquiers n’ont sorti aucun argent de leur poche, ils utilisent comme par enchantement l’engagement des citoyens à payer leurs futurs impôts… c’est-à-dire obtenir quelque chose pour rien. ― Le gouvernement doit payer des intérêts énormes sans raison apparente, et ce paiement des intérêts devient au final le fardeau du peuple. Les citoyens sont obligés de mettre en gage leur avenir et doivent en outre payer immédiatement des impôts pour rembourser les intérêts que le gouvernement doit aux banques commerciales. Plus on émet de dollars, plus lourd est le fardeau des intérêts supporté par le peuple, et cela endette les générations futures qui ne seront jamais en mesure de payer !
(2) La deuxième étape du processus de la monétisation de la dette survient après que le gouvernement fédéral a reçu et approuvé les chèques de la Réserve Fédérale. Ces certificats magiques retournent à la Réserve Fédérale, puis deviennent subitement des dépôts du gouvernement avant d’être déposés sur les comptes de la Réserve Fédérale.
(3) La troisième étape survient lorsque le gouvernement fédéral commence à dépenser de l’argent. Les petits et gros chèques constituent la « première vague » de devises qui jaillit dans l’économie. Les entreprises et les personnes qui reçoivent ces chèques les déposent sur leur propre compte dans des banques commerciales, comptabilisés en tant que dépôts des banques commerciales. Sur le plan comptable, ces dépôts représentent le passif de la banque, puisque cet argent appartient aux déposants et que tôt ou tard il faudra leur rendre, mais ils constituent également les actifs de la banque, qui peuvent être utilisés pour accorder des crédits. Les livres comptables sont donc équilibrés, la même quantité d’actifs s’équilibre avec la même quantité de passif. Cependant, les banques commerciales créent également de l’argent à l’aide du coefficient multiplicateur basé sur les réserves fractionnaires.
(4) La quatrième étape représente les dépôts bancaires qui sont de nouveau séparés en réserves bancaires. À ce stade, ces dépôts qui étaient des actifs ordinaires des banques sont déjà devenus des « fonds de réserves » produisant de l’argent. Sous le système des réserves fractionnaires, la Fed autorise les banques commerciales à ne retenir que 10 % des dépôts comme fonds de réserves et à prêter les 90 % restants.
Il existe cependant un problème, car après que 90 % des dépôts ont été prêtés, que se passe-t-il si les déposants d’origine signent des chèques ou ont besoin de liquidités ? En fait, quand les prêts sont émis, ils ne proviennent pas des dépôts originaux, ils ne sont que des écritures comptables, c’est-à-dire de l’argent scriptural créé sur du vent. Cet « argent neuf » correspond à la création monétaire par les banques commerciales. C’est ainsi que la seconde vague de monnaie jaillit dans l’économie. Lorsque la seconde vague de monnaie retourne dans les banques commerciales, cela induit encore plus de vagues de création « d’argent neuf ».
Si l’augmentation de la masse monétaire, générée par les répercussions de l’émission d’obligations et de la création de la monnaie par les banques commerciales, est plus importante que les besoins de l’économie, se crée un déséquilibre entre l’offre et la demande, qui ne peut être compensé que par l’inflation, entraînant une baisse du pouvoir d’achat, réduisant à son tour la demande. Entre 2001 et 2006, les États-Unis ont ajouté à leur dette la somme de 3 000 milliards de dollars endettés, dont une partie conséquente est directement entrée en circulation. En ajoutant à ceci le rachat de la dette de l’État et le paiement des intérêts durant plusieurs années, le dollar a connu une dévaluation importante et le prix d’un grand nombre de produits de base, de l’immobilier, du pétrole, de l’éducation, des soins de santé, et des assurances, ont fortement augmenté.
Cependant, la plupart des obligations d’État émises ne sont pas directement entrées dans le système bancaire, mais ont été achetées par les banques centrales étrangères, les institutions américaines non financières et des particuliers. Dans ce type de situation, les acheteurs dépensaient des dollars qui existaient déjà, aucun nouveau dollar n’étant créé. Ce n’est que lorsque la Fed et les institutions bancaires américaines achètent la dette américaine que de nouveaux dollars sont créés, et c’est par ce mécanisme complexe que les États-Unis parviennent à contrôler temporairement l’inflation. Cependant, la dette qui se trouve entre les mains de banques non-américaines arrive tôt ou tard à échéance. En outre, des intérêts sur cette dette doivent être payés tous les six mois (bons du Trésor à 30 ans). C’est à ce moment que la Réserve Fédérale est obligée de créer de nouveaux dollars. C’est essentiellement le système de réserves fractionnaires et la monétisation de la dette qui sont responsables de l’inflation à long terme. Sous le régime de l’étalon-or, le nombre de billets de banque émis dépassa progressivement les réserves d’or, conduisant à la désintégration de l’étalon-or. Dans le cadre du système de Bretton Woods, cela conduisit inévitablement à l’effondrement du système de la convertibilité en or. Dans le système de la monnaie fiduciaire, cela conduit inexorablement à une hyper-inflation, avant d’aboutir à une sévère récession mondiale. Sous le régime de la monnaie endettée, les États-Unis ne seront jamais en mesure de rembourser la dette nationale, la dette des entreprises et celle des particuliers, car son remboursement signifierait la fin du dollar. »
Pardonnez-moi cet extrait un peu long, mais indispensable pour comprendre ce mécanisme qui tire tous les pays qui l’utilisent vers une dette exponentielle qu’ils ne seront jamais en mesure de rembourser.
Du reste, jamais personne ne leur demandera de rembourser la dette mais seulement de continuer à payer ad vitam æternam les intérêts de cette dette. C’est là ou devrait intervenir l’aléa moral : Doit-on continuer à payer des intérêts sur ce qui n’est, somme toute, que de la « fausse monnaie » même si celle-ci est « légale »?
Et c’est bien là l’essentiel.
Jean Goychman
Cercle Patria
Illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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7 réponses à “Sur la dette, on dit tout…sauf l’essentiel ! [L’Agora]”
Le livre « La guerre des monnaies » de Hong BingSong est intéressant a lire car on y apprend outre les mécanismes bancaires internationaux , mais également que des présidents américains ayant essayer de récupérer l’impression et la gestion de la monnaie au niveau fédérale ont fini « tragiquement » le dernier en date est sans doute JFK qui avait commencer a battre monnaie ; on ne saura jamais la vérité sur qui a commanditer ses fins tragiques , mais de sérieux doutes planent sur les banques d’affaires qui en battant monnaie a la place des états engrangent de faramineux bénéfices pour le plaisir des actionnaires dont certains reste bien dans l’ombre et n’apparaissent pas dans le classement des plus grosses fortunes grâce de savant montage financier.
Le livre de Marc Roche « La banque ou comment Goldman Sachs dirige le monde » Albin Michel apporte encore d’autre précision sur le fonctionnement du système bancaire international et ses dérives qui conduisent a des cracks boursier.
On comprend mieux pourquoi l’or physique est actuellement une valeur refuge autant des états que des particuliers.
* La FED est en réalité un directoire de représentant de différentes banques d’affaires américaines et en aucun cas une agence gouvernemental américaine. Ce directoire défend bec et ongles les internets des banques privés ainsi que des actionnaires et non ceux du peuple Américains , il en est même pour toutes les banques centrales.
Des billets de Monopoly qui ne représentent rien en valeur réelle et la volonté de l’argent numérique encore plus dans le virtuel pour la surveillance des individus et la possibilité de bloquer leurs avoir en un clic de clavier !
Il n’y a rien d' »étrange » à ce que notre dette augmente alors que notre activité industrielle diminue. C’est tout naturel au contraire si notre consommation est supérieure à notre production. Des moralistes de toutes époques ont condamné la dette ou plus subtilement, comme vous le faites, les moyens de financement de la dette. Mais le développement et le progrès reposent sur le principe de la dette : investir, c’est endetter l’avenir. Par quelque bout qu’on le prenne, le financement de la dette suppose toujours une CONFIANCE du prêteur envers le débiteur. Les modalités juridico-institutionnelles de ce financement pourront toujours être critiquées, leur seul vrai test est la confiance.
L’Assemblée Nationale et le Sénat ont pour rôle principale de voter les Lois et de contrôler l’action du gouvernement.Pourquoi ne pas rendre responsables , sur leurs propres deniers et au prorata de leurs interventions chaque vote du député? Ca calmerait l’ardeur de beaucoup qui n’aspirent à ce poste que pour profiter des prébendes liées à la fonction. C’est ce qu’on demande , en général , à un chef d’entreprise qui fait faillite. Mais comme a dit un certain Président ( Ce n’est pas grave , c’est l’Etat qui paie )
« capitalisme financier », « l’ère « post-industrielle » est un leurre »… on est bien sur B.I., site qui prend de la pub pour le trading haute fréquence et le scalping, qui devraient être interdits comme nuisibles aux entreprises
A Pschitt. La dette est une chose qui peut naturellement être très utile. Mais elle peut être monétisée sans intérêts et c’est cela s’est toujours fait. Les intérêts représentent a valeur du risque. Où est le risque lorque l’argent prêtè vient de nulle part? C’est ce système qui nous oblige à payer des intérêts sur ce qui n’est que de la fosse monnaie, puisque créée à partir de rien
Article remarquable qui mériterait de rejoindre une collection consultable comme le Balbinobook.