L’OCDE a publié ce mardi 8 septembre les résultats de son enquête Pisa, qui évalue tous les 3 ans les acquis des élèves de 15 ans dans 91 pays et territoires. Pour la France, le verdict est sans appel : jamais, depuis la création de l’enquête en 2000, les élèves français n’avaient obtenu de si mauvais résultats. Le pays pointe à la 34e place en mathématiques et à la 28e en compréhension de l’écrit, sur fond de recul généralisé de la lecture dans l’ensemble des pays évalués.
Un détail de l’étude mérite qu’on s’y arrête : la chute française en mathématiques frappe d’abord les élèves des milieux favorisés, dont le niveau a reculé de 38 %, contre 22 % chez les plus défavorisés. Autrement dit, ce n’est plus seulement l’école des quartiers qui décroche : c’est tout l’édifice qui s’affaisse, y compris là où les familles compensent encore les défaillances de l’institution. Rue de Grenelle, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a jugé les résultats préoccupants tout en concédant qu’ils ne constituaient pas une surprise — aveu remarquable de la part de l’administration qui pilote le système depuis des décennies.
À 7 mois de la présidentielle, chacun dégaine son plan
Le calendrier fait le reste : à 7 mois de l’élection présidentielle, les prétendants à l’Élysée se sont emparés du sujet dans l’heure. Jordan Bardella, président du Rassemblement national et redevenu présentable pour Matignon depuis la décision de la cour d’appel du 7 juillet, parle d’un séisme national. Son ordonnance : généralisation de la méthode syllabique stricte pour l’apprentissage de la lecture, recentrage sur les savoirs fondamentaux, rétablissement de la discipline et restauration de l’autorité du professeur, dont la formation serait renforcée. Le tout au retour d’un déplacement au Royaume-Uni, où il a signé avec Nigel Farage un accord sur l’immigration.
Chez Les Républicains, Bruno Retailleau appelle à une révolution culturelle de l’éducation : suppression du collège unique, fin de la carte scolaire, revalorisation salariale des professeurs et création de 1 000 établissements publics innovants d’ici 2032.
L’ancien ministre de l’Éducation en première ligne… des critiques
Situation plus inconfortable pour Gabriel Attal. Le candidat Renaissance, qui fut ministre de l’Éducation nationale, qualifie les résultats d’alarmants et promet d’en faire sa toute première priorité, entre relèvement du niveau, respect de l’autorité du professeur et bien-être des élèves. L’ennui, c’est que le bilan qu’il commente est en partie le sien — ce que la France insoumise ne s’est pas privée de lui rappeler, le député Paul Vannier le renvoyant aux conséquences de sa propre politique. Le mouvement mélenchoniste, qui promet de reconstruire l’école publique en 2027, a par ailleurs annoncé la veille vouloir abroger l’interdiction de l’abaya à l’école — mesure prise précisément par Attal lorsqu’il occupait le ministère. On mesure ainsi où se situent, pour LFI, les urgences scolaires du moment.
À gauche toujours, le premier secrétaire du PS Olivier Faure, candidat à la primaire depuis le 30 août, y voit un signal d’alarme et propose de plafonner les classes à 19 élèves, de faire du décrochage scolaire une priorité absolue, de reconstruire la médecine scolaire et de voter une loi de programmation pour l’école.
25 ans de réformes, un plancher historique
Reste le fond du tableau, que les postures de campagne ne suffiront pas à masquer : réforme après réforme, ministre après ministre, l’école française n’a cessé de reculer dans les comparaisons internationales, jusqu’à ce plancher historique de 2026. Le ministère annonce un plan d’action dès les vacances de la Toussaint, avec notamment une feuille de route des compétences fondamentales adressée aux familles. Les électeurs, eux, trancheront en avril 2027 entre ceux qui ont administré le déclin et ceux qui prétendent l’inverser.
Illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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