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Où sont passés les alizés ? 4 jours après le départ de Saint-Malo, la Route du Rhum – Destination Guadeloupe ressemble à tout sauf à la traditionnelle descente vers les tropiques. Entre 2 dépressions, des grains violents et une mer désordonnée, les 6 flottes avancent chacune à leur rythme, et rarement comme les routages l’avaient prévu.
Armel Le Cléac’h récupéré par un cargo
La meilleure nouvelle est arrivée mercredi en milieu d’après-midi. Armel Le Cléac’h, dont le chavirage de Maxi Banque Populaire XI avait suscité une vive inquiétude, a été récupéré sain et sauf par un cargo battant pavillon panaméen. C’est un grand soulagement, dans une édition qui avait déjà vu chavirer l’Ocean Fifty de Matthieu Perraut et abandonner plusieurs favoris, dont Charles Caudrelier et Jérémie Beyou.
Tom Laperche, leader en doudoune
En Ultim, Tom Laperche (SVR-Lazartigue) possède désormais une avance confortable. Son dilemme est assez rare : jusqu’où peut-il se permettre de ralentir ? Dès ce jeudi soir, il doit affronter les premiers effets d’une dépression orageuse située au nord-est des Grandes Antilles. Vendredi, il devra passer au sud de ce système avant de remonter au près vers la Guadeloupe, dans une mer forte et croisée.
Le skipper reconnaît n’avoir jamais traversé ce genre de phénomène. Il lui faudra trouver le bon compromis entre la route théorique idéale et ce qui est réellement faisable à bord : laisser le bateau glisser, sans excès, et surtout éviter d’être surtoilé, quitte à se frustrer d’un manque de vitesse. La fatigue entre aussi en ligne de compte. Et à 2 jours de l’arrivée, le décor n’a rien des Caraïbes : il navigue encore en doudoune, pantalon de ciré et bottes.
Derrière lui, Louis Burton (Armand Thiery) occupe désormais la 2e place, devant Thomas Coville (Sodebo Ultim 3).
Horeau surpris par un orage
Plus à l’est, la dépression des Açores secoue déjà les premiers IMOCA et Ocean Fifty. Vers 4 h 30 ce jeudi, le Trinitain Corentin Horeau (MACSF) a été surpris par un orage violent : le vent est passé de 8 à 40 nœuds en 15 secondes. Il a dû partir en fuite pour rouler sa voile d’avant, heureusement sans rien casser. Il a ensuite traversé des zones de petit temps, pendant que Boris Herrmann (Malizia 4), mieux placé, revenait sur lui. Mercredi, le leader comptait jusqu’à 230 milles d’avance ; il lui en reste 145, ce qui reste confortable.
Avec le renforcement annoncé du vent, il devra tenir le rythme sans se laisser emporter par la puissance de son monocoque à foils. Il résume le problème : même quand on veut ralentir ces bateaux, on n’y parvient pas toujours.
En Ocean Fifty, Basile Bourgnon (Edenred) encaisse lui aussi. Il navigue avec presque le minimum de toile possible, dans 30 nœuds de vent moyen derrière le front. Dans ces conditions, explique-t-il, le but n’est pas d’aller vite mais de sortir de là sans casser. Le plus pénible reste la mer laissée par le front, qui frappe le trimaran de travers.
Vendredi pourrait offrir une accalmie entre les 2 systèmes aux premiers de ces flottes. Elle sera de courte durée : une nouvelle dégradation est possible ce week-end à l’approche de l’arc antillais.
Les routeurs aussi s’arrachent les cheveux
À terre, les routeurs ne sont pas mieux lotis. Philippe Legros, qui accompagne Léonard Legrand (Sodebo Fifty), explique qu’il faut chercher des routes pas forcément optimales mais réalisables. Selon lui, une Route du Rhum sans alizés est particulièrement complexe.
En Class40, Guillaume Pirouelle (Sogestran – Seafrigo) a repris la tête et profite d’une mer presque clémente. Après une zone sans vent, le Normand a vu ses poursuivants revenir sur lui, comme il s’y attendait. Il savoure de pouvoir se déplacer à bord sans se tenir à chaque pas, mieux manger et dormir plus profondément. Ce répit ne durera pas : vendredi, ce sera au tour des Class40 d’affronter la dépression au nord-ouest des Açores, avec des vents soutenus, des rotations brutales et une mer de plus en plus formée. Selon leur position, certains devront encaisser un jour et demi à 2 jours de conditions difficiles.
Signe de cette transat hors norme, 4 jours après le départ, les Class40 de Mathieu Claveau (Inherent – Phare 40) et Stéphane Bodin (Wasabiii) naviguent toujours à la latitude de Saint-Malo. Ils ont parcouru des centaines de milles sans presque descendre vers le sud.
Vintage : Caradec et Seguin en tête
Dans les catégories des bateaux anciens, plus dispersés sur l’Atlantique, chaque skipper doit composer avec des systèmes qui évoluent au fil de sa progression. En Rhum Mono, Tanguy Caradec (Eurvad) mène devant Patrick Isoard (Groupe Cogedis pour enfants du Mékong) et le Finistérien Kieran Le Borgne (Armor-Lux – Le Finistère Assurance). En Rhum Multi, Damien Seguin (Arkéa – Handicap International) a repris l’avantage sur Éric Péron (French Touch – Oceania Hôtels), Gilles Lamiré (Groupe GCA) complétant le podium.
Le classement ce jeudi
En Ultim, Tom Laperche mène devant Louis Burton et Thomas Coville. En IMOCA, Corentin Horeau devance Boris Herrmann et Francesca Clapcich. En Ocean Fifty, Basile Bourgnon précède Léonard Legrand et Pierre Quiroga (WeWise). En Class40, Guillaume Pirouelle est en tête devant Robin Follin (Solano) et Pierre Leboucher (Institut Imagine). En Rhum Mono, Tanguy Caradec mène devant Patrick Isoard et Kieran Le Borgne. En Rhum Multi, Damien Seguin devance Éric Péron et Gilles Lamiré.
crédit photo ; Crédit – Gauthier Lebec
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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