L’arrêt cardiaque semble souvent survenir sans prévenir. Ce n’est pourtant pas toujours le cas. Une étude publiée en 2016 dans les Annals of Internal Medicine, menée notamment par le cardiologue français Éloi Marijon sur 839 patients de 35 à 65 ans victimes d’un arrêt cardiaque soudain, a montré qu’environ la moitié d’entre eux, hommes comme femmes, avaient présenté des symptômes dans les semaines précédentes. Avec l’âge, les artères perdent de leur souplesse et le système cardiovasculaire est plus sollicité. Savoir repérer les signes d’alerte et adapter quelques habitudes peut faire la différence.
Les signes qui doivent alerter
Une gêne dans la poitrine. Oppression, serrement, sensation de poids : ces symptômes sont souvent mis sur le compte de la fatigue ou d’une mauvaise digestion, surtout chez les personnes surmenées, qui dorment peu ou mangent gras. Ils doivent pourtant être pris au sérieux, tout comme un essoufflement, une faiblesse inhabituelle ou des palpitations. Lors d’un infarctus, la douleur peut aussi irradier vers le dos, la mâchoire, le cou ou l’intérieur du bras gauche, jusqu’à l’auriculaire. Devant ces symptômes, il faut appeler immédiatement le 15 ou le 112 : la rapidité de la prise en charge peut sauver une vie.
Un mollet gonflé ou douloureux. Une douleur ou un gonflement d’un seul mollet, différent d’une simple courbature, doit faire consulter. Il peut s’agir d’une phlébite, c’est-à-dire d’un caillot dans une veine profonde, favorisée par les longues périodes assis, en avion ou au bureau. Si une partie du caillot migre jusqu’aux poumons, elle peut provoquer une embolie pulmonaire, potentiellement mortelle.
Des indices plus discrets. Certaines études ont relevé une association entre le risque cardiovasculaire et des rides du front marquées, ou un pli diagonal sur le lobe de l’oreille, appelé signe de Frank. D’autres travaux ont établi un lien modeste entre les maladies des gencives et l’infarctus. Ces signes ne permettent en rien un diagnostic, mais ils justifient d’en parler à son médecin, surtout s’ils s’accompagnent d’autres symptômes.
Le froid, ennemi du cœur
Les changements brusques de température mettent les vaisseaux à rude épreuve : le froid les contracte, la chaleur les dilate. Les variations rapides font fluctuer la tension artérielle et surchargent le cœur, en particulier chez les personnes âgées, hypertendues ou cardiaques. Le froid est d’ailleurs associé à une hausse du risque d’infarctus, et un effort intense par temps froid sollicite davantage le cœur.
L’hiver, la salle de bains peut devenir un piège : se déshabiller dans une pièce froide puis plonger aussitôt dans un bain chaud impose au corps un choc thermique brutal.
Le matin aussi demande de la prudence. Au réveil, l’organisme libère des hormones de stress, comme le cortisol et l’adrénaline, et la tension comme le rythme cardiaque varient davantage. Un effort violent à ce moment-là, surtout dans le froid, peut faire grimper brutalement la tension. La médecine traditionnelle chinoise fait le même constat à sa manière : elle déconseille les efforts intenses trop tôt, quand le corps sort à peine du repos.
Des gestes simples au quotidien
- Se lever en douceur : bouger quelques instants sous la couette avant de sortir du lit, le matin comme la nuit.
- Éviter les écarts de température : couvrir son cou en passant du chaud au froid, sécher sa transpiration, et préférer les heures où la température est stable pour les activités en extérieur.
- Faire travailler ses mollets en position assise : pieds à plat, soulever puis reposer les talons de façon lente et régulière. Une étude de 2022 a montré que solliciter ainsi le muscle soléaire améliore la circulation et le métabolisme pendant les longues périodes assises.
- Assouplir le haut du dos : de légers balancements des épaules et du buste, d’un côté à l’autre, détendent la nuque et le haut du dos et facilitent la respiration, surtout après de longues heures devant un écran.
Ces conseils ne remplacent pas un suivi médical. En cas de doute, de symptômes répétés ou de maladie chronique, le médecin traitant reste le premier interlocuteur.
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