Mistrals : pourquoi la France ne peut les vendre qu’à la Russie ?

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12/11/2014 – 07H00 Saint-Nazaire (Breizh-info.com) – Alors que le président Hollande devrait rendre sa décision dans les jours qui viennent concernant la vente des  BPC Mistrals à la Russie, on découvre que la France n’a d’autre choix que de les vendre à ce pays. Dans les couloirs de DCNS l’on murmure même que si la France rompt le contrat, elle y gagnera la reconnaissance de la Pologne, les applaudissements de Washington et d’énormes amendes  déjà chiffrées de 3 à 10 milliards d’euros.

Pour l’heure, de source ouvrière, « les déclarations officielles ne se sont traduites par aucun changement dans la construction du second BPC, qui continue selon le rythme habituel; c’est maintenant à l’Etat de prendre ses responsabilités ». Les syndicats suivent le sujet avec attention, même si le cœur de leurs préoccupation est actuellement l’A34 (Oasis of The Seas 3), super-paquebot très compliqué à construire pour lequel la direction des Chantiers a engagé une course aux délais qui a indirectement coûté la vie à un ouvrier, écrasé par un chariot élévateur.

Par ailleurs dans un journal généraliste russe en ligne est paru un intéressant article signé de l’ukrainien Mikhaïl On au sujet des spécificités peu connues du Mistral; informations confirmées par ailleurs par les médias spécialisés. Par conséquent, nous citerons ce passage intéressant entièrement.

« Il y a deux obstacles qui se dressent devant une tentative de revente du Mistral à d’autres que les russes. Le premier, ce sont les canadiens eux-mêmes. Leur très cher programme de rénovation de la flotte militaire [28 milliards d’euros] ne prévoit pas l’achat de navires d’un tel type mais fait l’accent sur les frégates.

Le second problème – ce sont ces rusés russes. En commandant les navires en France ils ont prévu aussi leur participation dans leur construction. Donc, les porte-hélicoptères n’ont pas été transmis comme des produits finis, mais au stade du gros oeuvre. Les systèmes de liaison et les armements, les logiciels et autres systèmes de reconnaissance devaient être montés en Russie. Par ailleurs les cloisons, les ascenseurs et la distribution intérieure ont été calés selon la masse et le gabarit des hélicoptères russes Kamov et Mil’ ; les canadiens n’auront jamais ce genre de modèles. Cela induit aussi une autre organisation des réseaux, des prises et d’une quantité d’autres détails sans lesquels un navire de guerre se transforme en énorme boîte de conserve flottante.

C’est pourquoi à ce jour tout l’aménagement intérieur des BPC a été fait selon les standards russes et ne correspond à aucune norme de l’OTAN. Pour remettre le bateau dans un état utile pour les canadiens et l’OTAN il faut le démonter et défaire tous les réseaux, puis en remettre d’autres aux normes occidentales. Et on ne pourra pas faire autrement – si la Russie ne donne pas son accord, tout ce qui lui appartient, jusqu’au moindre interrupteur, ne peut être transmis à des tiers. Par conséquent les français ne réussiront pas à régler le problème des Mistrals grâce aux frères canadiens. »

Photo :Antoine Morcello/Wikipedia (cc)

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