Aïd al Adha. Vigilance Halal dénonce les risques sanitaires des abattoirs temporaires [+ video]

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24/09/2015 – 07H00 Paris (Breizh-info.com) – La fête musulmane de l’Aïd al Adha, également appelée Aïd El Kebir se déroulera ce jeudi 24 septembre dans le monde entier. Il s’agit de la fête du sacrifice, au lendemain du grand rassemblement des pèlerins à La Mecque sur le mont Arafat. Traditionnellement, les croyants commémorent cet épisode en sacrifiant un animal (mouton, chèvre ou vache). En France, des milliers de moutons vont ainsi être égorgés à cette occasion, tantôt dans des abattoirs agréés par l’Etat, tantôt de façon totalement clandestine.

Pour lutter contre ces abattages clandestins très peu réprimés, l’Etat ouvre un peu partout en France des abattoirs dits temporaires, censés être contrôlés par les services vétérinaires, dans lesquels les musulmans peuvent venir faire égorger – sans étourdissement préalable – leurs bêtes.

Alors que dans l’Allier, une épidémie de fièvre catarrhale ovine  – dite maladie de la langue bleue – frappe, entraînant la mise sous surveillance de 21 départements, l’association Vigilance Halal, qui oeuvre pour la protection et le respect de l’animal et du consommateur, monte au créneau pour dénoncer ces abattoirs temporaires mis en place par l’Etat.

Les risques sanitaires des abattoirs temporaires

« Pérenne ou temporaire un abattoir en raison de risques sanitaires et environnementaux reconnus, est une installation classée obligée de respecter des normes rigoureuses (d’où la disparition des petits abattoirs de proximité). Ces normes exigent des aménagements (sols et murs lisses pour faciliter la désinfection, circulation réglementée, dispositifs pour évacuer et traiter les effluents et les déchets – sang, eaux de lavage, peaux, viscères), des matériels (chambre froide, extracteur de moelle épinière) et des procédures très strictes. Réglementairement, une carcasse doit sortir de l’abattoir à la température de 7 ° à cœur c’est-à-dire après 24h de frigo ce qui permet de détecter des problèmes sanitaires, or culturellement lors de l’Aïd chacun repart avec sa carcasse tiède », explique tout d’abord l’association, qui a engagé un deuxième référé liberté pour réclamer la fermeture de l’abattoir temporaire de Saint-Etienne.

« Depuis 10 ans, les pouvoirs publics autorisent la création d’abattoirs  »temporaires » pour la fête de l’Aïd afin de satisfaire  »l’attachement des musulmans à ce rite » (B. Cazeneuve). Improvisés pour 3 jours par des particuliers soit sous tente dans des lieux non prévus à cet effet ( carrière, parking…) soit dans des bâtiments désaffectés ou voués à d’autres activités (usine de poisson, grange, centre équestre…), ces abattoirs d’occasion sont évidemment hors normes alors que l’abattage rituel accroît les risques. Il y a 3 niveaux de classement selon le tonnage prévu mais tout organisateur d’abattoir temporaire doit disposer d’une autorisation préfectorale délivrée sur présentation d’un dossier. On constate que l’administration se contente de reconduire les autorisations chaque année alors même que des reportages sur quelques-uns de ces abattoirs (voir ci-dessous Trets Bouches du Rhône…) donnent à voir un non respect manifeste des normes. Cécité voulue, manque de personnel, crainte des réactions ? » poursuit Alain De Peretti dans son communiqué, avant d’insister sur l’organisation de ces abattoirs :

« Théoriquement, une chaîne d’abattage doit être de bout en bout surveillée par un vétérinaire. La Cour des comptes a pointé le sous-effectif déjà flagrant en temps normal des services vétérinaires (rapport 2014), incapables donc de contrôler en plus ici où là (dix sites dans les Bouches du Rhône…), la provenance souvent douteuse de 250 000 bêtes et les conditions sanitaires de leur égorgement.  Même problème pour les sociétés d’équarrissage seules habilitées à procéder à l’évacuation des déchets et déjà débordées au quotidien. Pour ce qu’on en sait les matériaux hautement putrescibles peuvent rester des heures, voire des jours, dans des bennes exposées à l’extérieur. Une aubaine pour les rats. (certains abattoirs temporaires optent d’ailleurs pour l’enfouissement sur place pourtant interdit) . »

Des discussions y compris chez les musulmans
Alors que dans l’Union Européenne, l’abattage des animaux est particulièrement réglementé, la France bénéficie d’une dérogation pour les abattages rituels, ce que dénoncent de nombreuses associations de consommateur et de défense animale, comme la fondation Brigitte Bardot. En Bretagne, outre les abattoirs qui pratiquent l’abattage halal toute l’année, un abattoir temporaire est mis en place par la Socabaq à Quimper.
Au sein de la communauté musulmane, certaines voix ont par le passé rappelé que le sacrifice n’était pas obligatoire,  tandis que certains médias comme Al Kanz s’indignent de l’explosion des prix du mouton et des escroqueries massives orchestrées par certains industriels, y compris musulmans, de la viande ovine.
Retrouvez ci-dessous l’entretien donné par le Docteur Alain de Peretti à nos confrères de TV Libertés.

Crédit photo  :  DR
[cc] Breizh-info.com, 2014, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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7 réponses à “Aïd al Adha. Vigilance Halal dénonce les risques sanitaires des abattoirs temporaires [+ video]”

  1. Made in Breizh dit :

    Quand on voit comment ça se passe dans leur pays d’origine, il n’y a aucune norme sanitaire, encore moins de chaîne du froid et les autochtones ne sont pas malades, seuls les touristes sont bons pour un nettoyage de la tuyauterie. N’ayez crainte, je ne me fait aucun soucis pour eux.
    Comment se fait-il qu’il y a quelques années de cela la fédération de Gouren s’est retrouvée devant un tribunal pour se défendre parce que les associations de protection des animaux considérait comme de la maltraitance le fait que le Maoût soit attaché pendant les tournois et ensuite porté sur les épaules par les vainqueurs de ces tournois ? Où sont-elles ces associations aujourd’hui ?

  2. Jean-Yves Labbé dit :

    Pas grave ! Ce n’est pas nous qui serons contaminés ( sauf par surprise ! mais éviter l’agneau et le mouton ces temps-ci ) En revanche la CMU et l’AME vont être très sollicités !! On va creuser le déficit de la Sécu encore un eu plus.

  3. Caroline dit :

    Ces régressions des normes sanitaires et du respect que nous devons aux animaux que nous consommons sont des accomodements déraisonnables qui doivent cesser .

  4. nicoas dit :

    même à la campagne nous ne sommes pas épargnés par cette pratique barbare ! à qui s’adresser quand un voisin vous impose les pleurs d’un agneau et ses cris de détresse et que vous soyez obligés de déserter vôtre jardin pour ne pas entendre le pire ? ce nouveau voisinage va malheureusement s’intensifier et nous sommes désarmés devant cette souffrance animale inacceptable dont beaucoup de pays en Europe ont interdit la pratique

  5. Simone dit :

    Ecoutez donc Docteur Alain de Peretti qui dit des choses essentielles et
    censées comme sur l’agent prion, agent pathogène super laïque;),
    responsable d’infection ;))) face à un journaliste pas complaisant du
    tout et même très démago ……
    Non à L’Aïd 2016 et ne comptez pas
    sur les pouvoirs publics pour agir, ils en croquent tous! L’aïd est une
    fête commerciale très lucratives ….

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