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22/10/2015 – 07H00 Nantes –Breizh-info.com) – Le mois dernier Frank Vidal, directeur d’Audencia Group à Nantes a signé une « charte d’engagement pour une meilleure prise en compte des personnes LGBT (lesbienne, Gay, Bis et Trans) tant pour les personnels que pour les étudiants » avec ‘l’Autre Cercle’, une association LGBT favorisant « la solidarité et le réseau entre ses membres » et dont l’objet principal est de lutter contre les discriminations dans le monde du travail. Depuis 3 ans, le directeur d’Audencia faisait déjà intervenir l’Autre Cercle dans les formations aux relations humaines pour une « sensibilisation à l’inclusion des personnes LGBT dans le cadre d’une politique de diversité ».
L’Autre Cercle des Pays de la Loire se félicite sur son site des excellentes relations qu’il entretient avec la municipalité socialiste de Nantes et la sénatrice (PS) Michelle Meunier très impliquée dans les problèmes des « trans » et la lutte contre la transphobie. Le 12 septembre la municipalité nantaise « dans le cadre de son engagement pour lutter contre les discriminations avait organisé dans ses locaux une table ronde sur les questions LGBT et leur inclusion dans la ville » sous la présidence de la maire Johanna Rolland.
L’association travaille aussi avec le Centre nantais LGBT et l’Espace Simone de Beauvoir. Il a de même ses entrées au conseil régional. C’est ce qui fait dire à ses responsables : «Notre association est d’autant bien repérée (!) et sollicitée…qu’il a été annoncé la signature très prochainement de la Charte des droits LGBT entre la Mairie de Nantes et l’Autre Cercle Pays de la Loire… Nous devons maintenant travailler à partir de cette Charte à son opérationnalité (sic) au bénéfice des usagers de la Mairie et des professionnels…vaste et belle tâche ! » En effet.
Sur sa lancée, et au plan national, l’Autre Cercle a signé le 6 octobre avec BNP PARIBAS une charte d’engagement LGBT, dans « un contexte tendu » car de nombreux salariés de la banque avaient signé une pétition «Renoncez à la promotion du communautarisme, concentrez vous sur le financement des entreprises », initiative présentée par le site communautaire YAGG comme soutenue «par les blogs de la fachosphère ».
Le 9 octobre c’était au tour de TF1 de signer avec l’Autre Cercle une charte contre les discriminations sexuelles dans le groupe comme sur ses antennes. « L’ambassadeur de la charte », Christophe Beaugrand – présentateur de Secret Story – assure que cet engagement « fait partie d’un certain devoir qu’on a en tant que chaîne leader de participer au vivre-ensemble ». Le PDG du groupe, Nonce Paolini a renchéri : « TF1 doit être le témoin, dans ses programmes et ses émissions d’information, de la diversité et de la richesse de la société française ».En un mois, l’Autre Cercle aura donc réussi à promouvoir une forme de communautarisme sexuel dans trois grands groupes.
Qu’est ce qui réunit, que veut et que représente au juste ce groupe qui se veut « discret » ? Ses adhérents, tous «homosexuel-e-s ou transexuel-le-s» se présentent comme des professionnels « représentatifs du monde du travail, … socialement responsables». Ce sont pour la plupart des cadres d’entreprises privées et du secteur public. Les professions libérales, avocats en particulier, y sont nombreux. L’Autre Cercle insiste sur le fait «qu’Ils/elles sont en situation d’agir pour contribuer à créer un environnement professionnel et social dans lequel chacun puisse s’intégrer et s’épanouir, quelle que soit son orientation sexuelle ou son identité de genre ». Leur militantisme n’a rien à voir avec le folklore des ‘gay pride’, il se veut innovant, dans une «démarche de construction, de partenariat et de conseil avec le monde du travail».
Le site de l’Autre Cercle affiche les sigles de ses partenaires privilégiés et reconnait le financement qu’il en reçoit : Randstad, IBM, Sodexo, Casino, EDF, Accenture…Les membres de l’Autre Cercle peuvent être de toutes croyances et d’opinions politiques à condition que celles-ci respectent « les principes républicains ». En fait la majorité des adhérents sont proches des partis de gauche avec de nombreux sympathisants des mouvements libéraux comme l’UDI ou l’ex UMP comme nous l’a indiqué un de leurs proches. S’y retrouvent donc des adhérents de Gaylib, mouvement désormais associé à l’UDI et regroupant les LGBT de droite et de centre droit, mais « refusant tout communautarisme » ( !) pour travailler « dans un esprit républicain, libéral et laïque ». Gaylib lié dès sa création à l’UMP l’a quitté en janvier 2013 en lui reprochant « d’être devenue autiste et dépourvue de toute valeur humaniste ».
On peut rapprocher le fonctionnement de l’Autre Cercle de celui d’autres sociétés discrètes. Il insiste sur le travail en réseau et l’entraide et la solidarité de ses adhérents. Quoique l’association se revendique «démocratique et transparente» ses membres doivent signer « une charte de confidentialité les engageant à ne pas communiquer l’appartenance à l’association des autres membres ». Il prône enfin le «non cumul des intérêts privés et associatif», un excellent principe pas toujours facile à observer dans la réalité…
Que veut au final l’AutreCercle ? « Participer à des chantiers qui font bouger les mentalités ». Sans aucun doute.
François Cravic
Photo : DR
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Une réponse à “Nantes. Audencia signe une charte avec le lobby LGBT”
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