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28/08/2016 – 06H30 Birmanie (Breizh-info.com) – Depuis 2012 date de son démarrage (lancement officiel en 2014) Village Karenni oeuvre en Birmanie. Plus précisément au sein de l’état Karenni, état de l’Est de la République de l’Union du Myanmar . L’association française a été fondée afin de contribuer au développement de villages nouvellement reconstruits en pays Karenni, afin de permettre à ces populations de subvenir à leurs besoins et d’améliorer ainsi leurs conditions de vies.
Petit rappel historique :
L’Etat karenni est le plus petit état de Birmanie (Myanmar). Sa population, d’origine tibéto-birmane est en lutte depuis la fin de la seconde guerre mondiale (indépendance de la Birmanie, ancienne colonie britannique) contre l’armée birmane qui mène une politique jacobine afin d’avoir un total contrôle de ces zones riches en ressources naturelles et situées aux frontières (proche du triangle d’or) donc avec un potentiel commercial.
Lorsque l’armée birmane met la main sur un territoire, la population locale sert de main d’oeuvre gratuite (donc d’esclave) et un pillage systématique des ressources naturelles est entrepris (bois précieux, minerais) au profit des généraux corrompus. Le conflit a atteint son paroxisme dans les années 90 quand l’armée birmane a engagé d’énormes offensives en pays Karen et Karenni, évacuant toute la population des montagnes, détruisant les cultures et les habitation et dispersant le bétail (d’où la nécessité de réintroduire le buffle d’eau).
Cette offensive a provoqué l’apparition de camps de réfugiés de centaines de milliers de karens et karennis sur la frontière thaïlandaise. « Nous sommes l’une des rares organisations en pays karenni à apporter notre soutien non pas aux camps de refugiés mais à l’intérieur des terres, afin d’inverser les mouvements de populations vers ces camps qui vont les détruire tout autant que l’armée birmane » nous confie Olivier Frêrejaques l’un des responsables de l’association.
Des pourparlers pour un cessez le feu ont été entamés en 2012 ; le conflit est donc en suspens depuis lors, mais pour combien de temps ? Car les militaires birmans rechignent à accepter les points les plus importants (retrait des troupes d’occupation sur les territoires frontaliers notamment) et des combats ont toujours lieu entre l’armée birmane et d’autre groupes armés d’ethnies « rebelles » dans l’état Shan voisin et l’état Kachin.
Une aide précieuse pour les Karennis
Dans un climat toujours très tendu, voire dangereux, pour les bénévoles comme pour les Karennis, Village Karenni mène donc son action sociale au plus profond de l’Etat Karenni. « Nos dernières actions ont consisté dans le soutien (financier) à près de 150 élèves pensionnaires et une cinquantaine d’orphelins. Ainsi qu’à l’envoi d’une tonne de nourriture et d’outillage agricole pour les villages isolés en reconstruction.» nous explique un autre responsable.
« Cette année nous allons organiser un envoi de volontaires pour être auprès des karennis pour Noël. Notre objectif est de récolter 30,000€ d’ici là de faire vivre nos different projets : développement agricole des villages en reconstruction dans les zones reculées (villages détruits en 1995 par l’armée birmane et populations évacuées dans des camps de réfugiés internes à l’état karenni ainsi que sur la frontière thailandaise). Ce soutien agricole se fera sous la forme d’apport en outils, semences, petites machines (presses à arachides, pompes etc.) et surtout organiser un plan de réintroduction du buffle d’eau domestique. La réintroduction du buffle d’eau permettrait d’apporter une aide considérable à ces villages trop reculés pour l’utilisation de machines, et surtout d’encourager une forme d’agriculture traditionnelle.»
Village Karenni est une des seules associations qui a accès à ces zones, dans lesquelles les grosses ONG ne peuvent agir car les autorités karenni restent très méfiantes, parfois à juste titre, à leur égard.
L’association va également continuer son soutien à la scolarisation des enfants karenni afin de de limiter les problèmes de drogue et d’enrôlement dans des filières de travail clandestin à l’étranger ou dans les filières de prostitution.
« L’objectif de village karenni est de contribuer à l’enracinement du peuple karenni ainsi qu’à son autonomie. C’est entre autres pour cela que nous travaillons avec des établissements de l’Eglise catholique, présente dans l’état karenni depuis 150 ans en particulier afin de contrer l’implantation récente de sectes chrétiennes anglo-saxone (adventistes etc.).» nous explique Village Karenni, association constituée d’une petite équipe en France qui assure une présence quasi continuelle sur le terrain grâce à des membres vivant en birmanie/thailande.
Le prochain séjour de volontaires aura donc lieu pour Noël.
Pour contacter l »association, les aider, devenir bénévole, c’est ici.
3 chiffres :
5 ans : c’est l’âge du plus vieux village reconstruit.
44 000 : c’est le nombre de Karennis ayant dû quitter leurs terres depuis 1995, chassés par l’armée birmane.
30 000 € : c’est le prix d’un module de développement agricole pour un village.
Photos : Village Karenni (facebook)
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