Catalogne. Madrid panique face au référendum sur l’indépendance

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Les relations entre la Catalogne et l’Espagne sont de plus en plus tendues et les passes d’armes se poursuivent en vue du référendum sur l’indépendance annoncé pour le 1er octobre prochain par le gouvernement nationaliste catalan. La question de l’autodétermination qui sera posée au peuple catalan n’est bien entendu pas du goût de Madrid qui a peur de perdre une Catalogne qui ne représente pas moins de 20 % du PIB (Produit Intérieur Brut) espagnol. Retour sur les derniers rebondissements d’un feuilleton de plus en plus épique.

Des catalans mobilisés

La dernière démonstration de force du côté des indépendantistes date du 11 septembre (lire ici) où entre 500 000 et un million de manifestants ont défilé dans les rues de Barcelone. Les catalans entendent bien aller voter le 1er octobre malgré le fait que le Tribunal constitutionnel espagnol ait annulé la loi permettant l’organisation de ce scrutin. Une annulation qui n’entame en rien la détermination des indépendantistes qui entendent bien passer outre.

Mise sous tutelle financière par Madrid

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Du côté du gouvernement espagnol, le ton se durcit face à une situation qui lui échappe de plus en plus. Ainsi, le vendredi 15 septembre dernier, le ministre des finances espagnol Cristobal Montoro a annoncé que le pouvoir central madrilène reprenait la main sur le budget habituellement géré par la Generalitat, le gouvernement catalan. À l’issue du Conseil des ministres, Montoro a déclaré : « Nous avons établi un nouveau système de contrôle des dépenses pour éviter qu’elles ne financent des « activités illégales » comme le référendum ».

L’État espagnol va donc surveiller au plus près les dépenses en versant directement les salaires des fonctionnaires de Catalogne et les allocations sociales, mais également en assurant le paiement des fournisseurs de services publics. Le gouvernement de Rajoy craint une utilisation des fonds publics pour l’organisation du scrutin.

Nouvelles perquisitions

Ces tensions se matérialisent aussi par des saisies de matériels destinés à l’organisation du référendum. Dimanche 17 septembre, la Guardia Civil a réalisé une perquisition dans une société de Montcada i Reixac, dans les environs de Barcelone. Les policiers ont saisi plus de 1,3 million d’affiches, de brochures et de flyers en faveur du vote sur l’autodétermination.

Le ministère de l’intérieur espagnol estime qu’il s’agit de la plus grande saisie de matériel pour l’instant. Des plaques d’impression ont également été découvertes par la Guardia Civil. Le gouvernement de Madrid, visiblement dépassé par la situation, a précisé que les perquisitions allaient se poursuivre.

Réaction des politiques catalans

La fin de semaine dernière a été particulièrement agitée puisque, dans le même temps, quatre figures politiques majeures de Catalogne ont publié une lettre ouverte adressée au chef du gouvernement Mariano Rajoy et au roi Felipe VI. La lettre est co-signée par le vice-président de la région, Oriol Junqueras, et son président, Carles Puigdemont. Mais également par la présidente du parlement catalan Carme Forcadell et la maire de Barcelone Ada Colau. Cette dernière était restée jusqu’alors très discrète sur le sujet. Le courrier en question fustige la « répression sans précédent » des autorités espagnoles à l’encontre des partisans du référendum sur l’autodétermination.

Des élus catalans assignés en justice

En guerre sur tous les fronts contre la volonté d’indépendance des Catalans, Madrid a décidé d’attaquer en justice les élus catalans qui comptent mettre des locaux municipaux à disposition pour la tenue du référendum. Le 13 septembre, c’est par la voix du procureur général de l’Etat que 712 maires et présidents de communautés de communes de catalogne ont été mis en examen.

La justice espagnole avertit d’ores et déjà que les élus refusant cette comparution seront « arrêtés et présentés devant le parquet ».

Vidéo virale symbole d’une fracture

Le 21 août dernier, au cours d’une conférence de presse en rapport avec les attentats de Barcelone, une scène au demeurant anecdotique s’est transformée en vidéo virale en Catalogne. Alors que Josep Lluís Trapero, le patron des Mossos d’Esquadra (la police catalane), répondait en catalan à une question posée en catalan, un journaliste espagnol l’a insulté en le sommant de s’exprimer en castillan. Le chef de la police s’est alors adressé au journaliste : « Si on m’interroge en catalan, je réponds en catalan. Si c’est en castillan, je réponds en castillan ». Une réponse visiblement pas du goût de plusieurs journalistes espagnols qui sont partis de la conférence de presse. Gardant son calme et un brin ironique, Josep Lluís Trapero a conclu en catalan par un « Bien alors très bien, alors au revoir ».

Par ailleurs, il faut signaler que lors de ce tragique épisode barcelonais, les forces de police comme les responsables politiques Catalans ont veillé au plurilinguisme (catalan, espagnol, anglais et français) pour répondre à la presse européenne. Seuls les journalistes espagnols se sont plaints de la communication.

VL

Crédit photo : wikimedia (cc)
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2 réponses à “Catalogne. Madrid panique face au référendum sur l’indépendance”

  1. Glen--mor dit :

    …la voie à suivre pour la bretagne..ou disparaître, dilué la prochaine fois ds un Ouest français ! ..
    Breizh da viken.

  2. Glen--mor dit :

    ..la voie à suivre pour la bretagne,..ou disparaître, dilué la prochaine fois ds un Ouest-français insignifiant , aliénant.
    Breizh da viken.

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