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La ville de Nantes s’est visiblement spécialisée dans le financement d’événements dits « culturels » en tout genre. Complètement Nantes fait partie de ces rendez-vous que la municipalité de Johanna Rolland aime mettre en place. Et financer.
Novlangue à la butte Sainte-Anne
Voyage à Nantes, Carrément Biscuit, Quai des Plantes… Nantes n’en finit plus de « bouger » dans tous les sens. Une vie culturelle si intense qu’elle finirait par en donner la nausée aux Nantais qui voient leur ville se transformer en cirque géant dès que revient la belle saison.
Et le phénomène semble s’accentuer d’année en année. Le dernier produit du génie créatif de la majorité munucipale s’intitule Complètement Nantes. Du 12 avril au 30 juin 2018, c’est au pied de la butte Sainte-Anne, dans la carrière Misery de Chantenay, que les choses vont se passer.

Source : johannarolland.fr
L’objet du rendez-vous ? « Les Nantais y sont invités à vivre une expérience plurielle dans un parcours libre, non imposé, qui permettra à chacun de déambuler au gré de ses envies, de ses curiosités et de son imaginaire », peut-on lire sur le site de l’événement. Autant dire que Johanna Rolland et son équipe n’ont pas lésiné sur la dose de novlangue quant à la communication sur Complètement Nantes.
Penser l’avenir
Malgré un vocabulaire tout à fait dans l’air du temps pour présenter un programme se voulant singulier, l’objectif de ces « 80 jours pour inventer le Nantes de demain » a des airs de déjà vus.
Le lieu est par ailleurs décrit par les organisateurs comme une « structure agile et éphémère, lieu de vie en dialogue complet avec le site végétal de la Carrière Miséry. Complètement Nantes est bien plus qu’une exposition sur le Nantes de demain. C’est une véritable invitation à découvrir, à partager, à parler collectivement de la manière de faire la ville ». Rien de moins…
« Co-construction citoyenne »
Sans surprise, les déclarations de Johanna Rolland sur la vocation de ce projet sont du même acabit : « C’est le nœud d’un réseau, celui de tous les projets, de toutes les initiatives, de toutes les envies qui réinventent Nantes aujourd’hui. Complètement Nantes, ce n’est ni une exposition, ni un festival, ni un Fablab, ni un terrain de jeux. C’est un peu tout cela à la fois ».
L’édile ne manque également pas de préciser que « l’ambition de Nantes est claire : devenir le territoire le plus innovant en termes de co-construction citoyenne ». Une co-construction citoyenne censée mettre « en lumière tous les visages de la ville et toute sa diversification ».

Source : Ville de Nantes
Diversité au programme
De la diversification à la diversité, il n’y avait donc qu’un pas. C’est donc sous le signe de cette dernière que se place volontiers la programmation de Complètement Nantes.
Nous retrouvons ainsi toute la panoplie caractéristique de ces nouveaux évènements urbains. Débats, activités sportives, ateliers participatifs, expositions, fablab, espaces de co-working et bien entendus concerts.
Des discussions ouvertes sur « la valorisation et la co-construction du patrimoine nantais, la construction d’une ville favorisant le bien-être et le bien-vivre ensemble, ou encore la place de l’économie sociale et solidaire dans la ville » sont notamment prévues. Seulement voilà, Complètement Nantes est complètement financé par la mairie. Donc par les contribuables.
655 000 euros de subventions
Lors de la séance du conseil municipal du 20 avril dernier, l’opposition, menée par Laurence Garnier (LR), a légitimement voulu connaître les tenants et les aboutissants sur le financement de l’événement.
Pour la droite locale, l‘attribution du budget concernant celui-ci manquait singulièrement de transparence. Un constat démenti par la majorité socialiste mais qui n’a pas donné lieu pour autant à l’annonce de chiffres clairs. Selon Laurence Garnier, Complètement Nantes aurait coûté au total plus de 650 000 euros.

Laurence Garnier (LR). Source : brunoretailleau.fr
Doit-on voir dans ces attributions conséquentes une déclinaison de « l’économie sociale et solidaire » version Johanna Rolland ? Penser la ville de demain semble en tout cas conduire la mairie à s’affranchir d’un autre devoir : celui de penser les finances de la collectivité nantaise aujourd’hui. Complètement irresponsable !
Crédit photo : DR
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