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Dorian Guémené, 24 ans, s’est éteint le dimanche 8 juillet 2018 en état de mort cérébrale à la suite des multiples coups qui lui ont été portés au visage à la sortie d’une boîte de nuit à Rennes.
Six individus avaient été incarcérés pour meurtre avec guet-apens et violences aggravées. L’un de ces individus, après passage devant la chambre d’instruction vendredi 22 février, a été remis en liberté sous contrôle judiciaire. Sans que la famille ni les avocats n’aient pu obtenir la moindre explication, ce qui suscite colère et incompréhension.
« Cet assassin présumé avait pourtant détruit des preuves en mettant le feu à ses vêtements tout comme ses complices, avec qui il s’était par ailleurs entendu sur un faux témoignage. » explique la famille de la victime, qui lance un appel à la mobilisation via une pétition et qui dénonce la justice à deux vitesses.
Dorian, sauvagement assassiné. 6 individus âgés de 19 à 28 ans suspectés.
Le samedi 7 juillet 2018 après son service au Kenland, Dorian se rend à la boîte de nuit « L’Espace » à Rennes avec son ami Kevin (également son collègue et colocataire). Une altercation verbale survient au sein de la discothèque entre Dorian et plusieurs personnes, deux frères et deux cousins. Les individus finissent par être invités à quitter l’établissement, sa fermeture étant imminente.
Après la fermeture, comme ils travaillent pour le même groupe d’établissements, Dorian et son ami restent quelques instants pour discuter avec les employés. Ils quittent les lieux environ 20 minutes plus tard par la sortie de secours. Les 4 individus les y attendent et se ruent majoritairement sur Dorian. Il reçoit de nombreux coups au visage alors qu’il est déjà à terre. Son ami, qui tente d’intervenir, est lui aussi frappé avant de réussir à se relever pour appeler du secours. Laissé pour mort avant d’être pris en charge par le SAMU, Dorian décédera le lendemain, dimanche 8 juillet, des suites de ses blessures. L’autopsie et les scanners réalisés ont révélé « un fracas facial prédominant à gauche et un traumatisme encéphalique majeur ».
Un visage rendu méconnaissable par la violence des coups
Le visage de celui-ci a été terriblement abîmé par la violence des coups.
Mis en examen le mardi 10 juillet, pour « meurtre avec guet-apens » et « violences aggravées », les quatre agresseurs présumés sont depuis incarcérés. L’un des quatre hommes mis en examen présentait des antécédents judiciaires pour violences volontaires aggravées.
La cérémonie de crémation de Dorian a eu lieu le mardi 17 Juillet à Vern-sur-Seiche, près de Rennes. Une marche blanche a par ailleurs été organisée le vendredi 20 juillet dans le centre-ville de Rennes où 600 personnes se sont rassemblées pour prôner la non-violence.
Le 6 septembre 2018, deux étudiants rennais âgés de 19 ans sont présentés au juge d’instruction suite à leur arrestation le mardi 4 septembre. Soupçonnés d’avoir participé aux coups, ils sont alors eux aussi mis en examen pour l’assassinat de Dorian et violences aggravées à l’encontre de Kevin.
Le 22 Février 2019, à la suite de la décision de la chambre d’instruction de la cour d’appel de Rennes, et malgré l’opposition de l’avocat général, l’un des quatre premiers suspects obtient sa remise en liberté sous contrôle judiciaire. Ce jeune homme qui a pourtant brûlé ses vêtements comme les trois autres premiers prévenus avant de livrer un faux témoignage aux enquêteurs maintient ne pas avoir donné de coups à Dorian. Cette décision a d’ailleurs été motivée par la présidente de la chambre d’instruction après un entretien sur simple visioconférence. La justice en France, en voie de tiers-mondisation avancée (comme d’autres services publics), n’aurait plus les moyens de fonctionner « normalement ».
La libération de l’individu scandalise la famille de la victime qui l’a d’ailleurs apprise par la presse. Une pétition est lancée pour dénoncer cette « faille judiciaire invraisemblable ». La famille fait notamment la comparaison avec une personne incarcérée pour excès de vitesse et pour la même période…
Ces prochaines semaines, une reconstitution aura lieu à proximité du 45 boulevard de la Tour d’Auvergne, à Rennes, où Dorian a été agressé. En outre, une plaque commémorative y sera d’ailleurs prochainement apposée. « Dorian pensait toujours aux autres avant lui. Il était très généreux. Nous ne souhaitons pas qu’il reste dans l’anonymat », expose Maurane, la sœur de Dorian Guémené.
Dorian, pompier, serveur à Saint-Malo puis à Rennes
Dorian est né à Saint-Malo. Il travaillait dans le pub Le Kenland de la Place des Lices, à Rennes, depuis un an et demi environ. Plus tôt, il avait notamment servi au bar brasserie Le Lion d’Or, à Saint-Malo, puis au pub malouin Le Dock. Adolescent, Dorian Guémené a suivi une formation de jeune sapeur-pompier (JSP), à la caserne de Pleurtuit, pendant quatre années. Il étudiera l’électromécanique, au lycée professionnel maritime d’Étel (Morbihan) avant de s’engager dans l’armée de terre, à Angers, comme sapeur de combat. Il effectuera par la suite une mission de six mois sur un bateau, en Martinique, au Sénégal, au Brésil.
Avant de revenir travailler à Rennes et de voir sa vie s’achever de manière tragique à la sortie d’une boîte de nuit, victime d’une violence sauvage, démesurée, que la famille ne parvient toujours pas à comprendre, pour laquelle elle veut des réponses, mais surtout la justice. Ni plus, ni moins que les autres, mais une justice équitable.
La famille aimerait enfin que l’histoire de Dorian – qui n’est pas un cas isolé, il suffit de repenser aux cas Marin, au cas Adrien – suscite une vraie réaction des pouvoirs publics et des autorités. Face à une violence gratuite, sauvage, qui n’est plus cantonnée à quelques quartiers isolés, mais aussi bien aux métropoles, aux centres urbains, comme au sein de la ruralité. Elle touche, par incidence, toutes les couches de la population dans une société occidentale qui paye sans doute les conséquences de décennies de laxisme, notamment sur le plan éducatif.
Yann Vallerie
Crédit photo : DR
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