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Ultime dénouement des guerres jacobites, c’est le 16 avril 1746 que s’affrontèrent les derniers clans fidèles aux Stuarts et les soldats du roi Georges II de Hanovre.
La bataille de Culloden mit fin à toute velléité des Stuarts sur le trône d’Écosse et d’Angleterre. Cette cruelle défaite eut de graves conséquences sur le mode de vie des Highlands, des clans et de l’ensemble de leurs traditions.
Culloden met un point final aux guerres jacobites. De la Glorieuse révolution à la bataille de Culloden, c’est plus d’un demi-siècle d’insurrections et de répressions qui marquèrent au fer rouge l’Histoire écossaise.
Les défaites jacobites successives eurent bien sûr des conséquences sur la crédibilité militaire des souverains Stuarts, bien pleutres et maladroits, mais également sur la souveraineté des clans de cette partie de l’Écosse.
Les représailles et règlements de compte, comme le massacre de Glencoe en 1692 (War Raok N°55), alimentèrent rancœurs et querelles provoquant les insurrections de 1715, 1719 et 1746. Ils furent, dans le même temps, le terreau fertile du nationalisme écossais du XIXe siècle faisant de ce pays vaincu et morcelé, une nation forte et unie.
Le baroud d’honneur
C’est le fils du vieux Jacques III, Charles Edouard Stuart, « Bonnie Prince Charlie », qui prend la relève du mouvement jacobite dans les années 1740. Jeune prince énergique, celui-ci gagne le respect des chefs de clans par sa fougue au combat et sa détermination. Malheureusement, sa jeunesse, son manque d’autorité ainsi que le faible soutien de Louis XV le conduisent à une succession de défaites… La dernière d’entre elles se déroule à Drumossie, près de Culloden, le 16 avril 1746.
Le Duc William de Cumberland, deuxième fils du roi d’Angleterre, prend la tête de l’armée en charge de contrer les rebelles réfugiés dans le nord de L’Écosse. 12 000 tuniques rouges lourdement armées, firent face à 8 000 jacobites épuisés par de longues marches dans les montagnes, essentiellement équipés de courage et d’épées.
Le combat ne dure que quelques heures. Les rebelles tombent en nombre. Décimés et en désordre, leur tactique bien connue de l’assaut sabre au clair ne surprend plus l’artillerie anglaise : c’est un désastre. Les rescapés prennent alors la fuite se terrant dans les montagnes et les villages environnants. Malgré la défaite, les clans rebelles qui avaient répondu à l’appel du Prince Stuart marquèrent l’histoire par leur courage et leur bravoure pour une cause perdue d’avance. MacDonald, Cameron, Stewart de Lochaber, Glengarry, Moidart, Appin… chacun de ses patronymes est inscrit à jamais dans le granit des stèles commémoratives qui hérissent le champ de batailles.
On estime 1 200 les morts chez les Highlanders contre seulement 350 soldats hanovriens. Mais le pire reste à venir…
https://www.youtube.com/watch?v=WxWMjaYYKjA
L’épuration
Cumberland, à juste titre surnommé le boucher de Culloden, laisse ses troupes de soudards terminer le travail. Nombre d’entre eux étaient des mercenaires allemands et des anglais recrutés dans les bas fonds de la société. Des détachements punitifs sont envoyés dans les Glens pour pourchasser les derniers Jacobites, brûlant systématiquement toutes les habitations soupçonnées d’abriter un fuyard.
Afin d’éviter de nouvelles réactions hostiles au gouvernement, une véritable épuration s’instaura les années suivantes avec la déportation des derniers rebelles vers les Antilles, et les Amériques.
Les réfractaires aux nouvelles mesures prohibant les armes et les coutumes particulières des Highlands sont jugés sommairement, exécutés ou bannis. Les terres sont, quant à elles, confisquées par la couronne.
L’ « Act of Proscription » de 1746-1747 modifia définitivement la société clanique. Les spécificités seigneuriales des Highlands sont abolies, les places fortes sont désarmées. Cet acte contenait également une clause pour le moins arbitraire… l’interdiction de porter le costume traditionnel des Highlands ! L’armée reçut l’ordre de faire comparaître les contrevenants directement en kilt, devant un magistrat, afin de les convaincre de leur culpabilité.
Les bardes gaéliques glorifiaient « les plis gracieux du tartan » et certains réfractaires « aux braies des Lowlands » déambulaient fièrement avec leurs tartans au bout d’un bâton sur l’épaule pour contourner la loi et défier le gouvernement !
La fuite
Qu’en est-il du prétendant Stuart ? Sa fuite rocambolesque est bien connue. Une jeune jacobite, Flora MacDonald, le déguisa en servante pour rejoindre l’île de Skye puis la France.
Des chansons relatent cet acte patriotique de la jeune femme des îles Hébrides, faisant d’elle une héroïne nationale. Il est également à noter qu’aucun de ses compatriotes n’a dénoncé le Prince durant sa cavale… malgré une récompense de 30 000 livres, qui, en pleine période de famine et de privation en aurait mis plus d’un à l’abri du besoin.
Diderot écrira : « Le Prétendant, que les Anglais ont chassé de montagne en montagne comme une bête féroce, a trouvé la sûreté dans les cavernes de ces malheureux montagnards, qui auraient pu passer, en le livrant, de la plus profonde misère à l’opulence, et qui n’y pensèrent seulement pas. Je ne crois pas que vous puissiez trouver une meilleure preuve de la bonté naturelle de l’humanité ».
Plus que de l’humanisme, c’est du patriotisme !
Bien qu’enthousiasmant pour les nationalistes bretons, il ne faudrait pas avoir une vision manichéenne de ces révoltes. Ce n’est absolument pas l’Écosse, nation unie face à impérialisme britannique qui se bat pour sa souveraineté !
Nous retrouvons des Écossais des Lowlands dans les rangs orangistes et aussi des clans des Highlands aux côtés du roi hanovrien. Ces guerriers en kilts s’affrontent entre frères et voisins dans des guerres intestines, comme ils l’ont toujours fait. Les clans « gouvernementaux » vont d’ailleurs en récolter les fruits. Certains seront à l’origine de la création des régiments d’élites britanniques qui s’illustreront, en kilt et avec bravoure, dans les guerres à venir pour l’Union Jack.
Enfin, les répressions politiques et culturelles des Anglais sur l’Écosse insurgée, bien que brutales, furent bien moins mortifères et destructrices que le jacobinisme français que nous connaissons si bien. Si l’Écosse existe toujours, si elle n’est pas qu’un résidu de régions administratives dépouillées, c’est qu’elle n’a jamais été happée par le centralisme à la française ! La brutalité anglaise a renforcé leur identité alors que la sournoiserie française l’aurait effacée. Ce qui rend assurément la francophilie de certains de nos cousins d’outre-Manche d’autant plus agaçante !
J. Le Bouter pour la revue War raok (pour s’abonner c’est ici).
Crédit photo : DR
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Une réponse à “Histoire celtique. La bataille de Culloden”
en effet les gauchistes de la terreur tuerent bien plus de français que les anglais en ecosse …. curieux le mot génocide n’apparait pas dans nos livres d’histoire un oubli sans doute !