Belfast : Mobilisation loyaliste contre la destruction du « Belfast’s Boyne Bridge »

Publicité

Après des protestations des résidents opposés à la démolition du Boyne Bridge, un vote du comité de la Belfast City Council a acté la transformation d’une partie de Durham Street, située entre Glengall Street et Hope Street, en « Boyne Bridge Place ». Ce changement symbolique est destiné à honorer l’héritage historique du pont, menacé par des travaux publics dans le cadre du réaménagement autour de la nouvelle gare centrale de Belfast.

Manifestation loyaliste et attachement au boyne bridge

Mardi 5 octobre 2024 au soir, à l’occasion du rassemblement « Save Sandy Row », environ 200 habitants de Sandy Row, bastion ouvrier et loyaliste du centre de Belfast, ont exprimé leur mécontentement face à la destruction imminente du Boyne Bridge, symbole local de longue date. Ce pont historique, qui remonte à 1611.

Lors du rassemblement de mardi, l’organisateur et unioniste Billy Dickson a demandé à Translink de renoncer à son projet de démantèlement du pont. Il a déclaré : « Les communautés unionistes et protestantes sont mises à mal et nous devons nous lever. On ne peut pas rester à genoux tout le temps ».

Le pont actuel a été construit dans les années 1930, mais on dit qu’il contient dans sa structure les vestiges d’un passage du XVIIe siècle connu sous le nom de Saltwater Bridge, que certains prétendent avoir été traversé par le roi Guillaume d’Orange et ses troupes alors qu’ils se rendaient à la bataille de la Boyne en 1690.

La démolition du Boyne Bridge à Belfast est prévue dans le cadre du réaménagement de la nouvelle gare Belfast Grand Central? En 2017, Translink a proposé de remplacer le pont des années 1930 par une route au niveau du sol, affirmant que le pont ne traversera plus ni rue, ni rivière, ni ligne ferroviaire une fois le nouveau projet de gare achevé. Cependant, cette initiative a provoqué une levée de boucliers au sein de la communauté unioniste

Les résidents de Sandy Row, soulignant l’importance historique du Boyne Bridge, ont demandé que celui-ci soit rénové et intégré dans le nouveau projet de Translink. Ils ont également tenté de le faire classer comme monument historique, espérant ainsi protéger cet élément du patrimoine local. Cependant, le ministère des Communautés a rejeté la demande, estimant que le pont ne présentait pas un intérêt architectural suffisant pour figurer sur la liste des monuments historiques.

La décision de démolition, approuvée en 2019, a été suivie d’une tentative infructueuse de révision ministérielle en 2021. En octobre 2024, la démolition a été officiellement programmée, avec un engagement de Translink à procéder au « démantèlement de manière sensible » et à construire la nouvelle route sur une période d’un an. Toutefois, à la veille de l’opération, l’Ulster Architectural Heritage Society a tenté de bloquer la démolition en déposant une injonction auprès de la Haute Cour. Translink a averti qu’elle demanderait des dommages et intérêts de 100 000 £ par semaine pour tout retard. L’injonction a finalement échoué, et les travaux de démolition ont débuté le 12 octobre.

Une reconnaissance symbolique pour préserver la mémoire du pont

La lettre des représentants politiques à la mairie souligne l’importance de conserver le nom du Boyne Bridge dans le paysage de Belfast, malgré sa démolition prochaine. « Le nom de la rue ‘Boyne Bridge Place’ garantirait que la signification historique du pont soit reconnue et perpétuée », explique la lettre. Pour les habitants, cette désignation n’effacera pas le pont, mais elle rend hommage aux efforts de ceux qui ont tenté de le préserver.

Un autre rassemblement pour s’opposer à la démolition du pont se déroulera le 30 novembre, de Sandy Row jusqu’à l’hôtel de ville.Les participants demanderont l’arrêt des projets de démolition du pont Boyne à Durham Street, à proximité du quartier loyaliste.

Ce débat sur le nom de la rue reflète les tensions autour de la préservation de l’identité dans un quartier en pleine transformation. Tandis que la démolition du Boyne Bridge se poursuit, les habitants de Sandy Row ressentent une attaque contre leur mémoire collective, aggravée par le manque de logements sociaux et l’augmentation des projets de résidences pour étudiants dans le secteur. Les autorités, à Belfast, se démènent depuis des années, en collaboration parfois avec des organismes communautaires, républicains ou unionistes, pour petit à petit effacer tout ce qui rappelle la guerre civile (de nombreuses fresques guerrières sont effacées et remplacées dans les quartiers de Belfast), mais aussi les divisions entre catholiques et protestants. Concernant la destruction du pont, il semblerait qu’il s’agisse surtout de satisfaire des appétits économiques et une volonté de rénovation urbaine à Belfast, ville de plus en plus inaccessible en terme de logements  (les prix y sont fous).

Photo  d’illustration : DR
[cc] Breizh-info.com, 2024, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

Publicité
Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

Les commentaires sont fermés.

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

International

Irlande : la New IRA veut chasser les migrants par la violence, selon les services de sécurité. Info ou intox ?

Découvrir l'article

International

Belfast : une chanson pro-IRA diffusée par un stand du Fleadh, les loyalistes exigent des sanctions

Découvrir l'article

Culture, Culture & Patrimoine

La masculinité en crise : le nouveau numéro d’Éléments ouvre un dossier à contre-courant

Découvrir l'article

International, Tourisme

Sur les cales où naquit le Titanic : immersion dans le musée le plus impressionnant d’Irlande du Nord

Découvrir l'article

International

Le Twelfth raconté à hauteur d’enfant, dans un livre-jeu venu d’Ulster

Découvrir l'article

International

Irlande du Nord : après les émeutes de Belfast, un sondage révèle l’ampleur de l’inquiétude sur l’immigration

Découvrir l'article

Football, Sport

Glentoran FC, le club des chantiers navals de Belfast qui a battu Benfica et refusé George Best

Découvrir l'article

Football, Sport

Irlande du Nord. Linfield, 57 titres, un stade national et une identité loyaliste : bienvenue à Windsor Park

Découvrir l'article

Politique

De Belfast à Rome : le numéro d’été de Synthèse nationale ausculte le réveil identitaire du continent

Découvrir l'article

International

Belfast : à l’approche de la saison des marches, l’État s’attaque aux emblèmes paramilitaires

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.