Pour la première fois depuis 2011, le nombre de « réfugiés » vivant en Allemagne a légèrement reculé. Selon une réponse du gouvernement fédéral à une question parlementaire du groupe Die Linke, le pays comptait, au 31 décembre 2025, près de 3,53 millions de personnes en quête de protection, soit environ 17 000 de moins qu’un an auparavant. Une inflexion modeste, mais inédite depuis plus d’une décennie.
Des contrôles renforcés et davantage d’expulsions
D’après l’hebdomadaire allemand Die Zeit, cette baisse s’explique d’abord par le durcissement de la politique migratoire allemande. Le titre de presse souligne que des contrôles sont désormais effectués à toutes les frontières terrestres du pays et que leur intensité s’est accrue. Le même média précise qu’en mai 2025, le ministre fédéral de l’Intérieur Alexander Dobrindt a ordonné de refouler systématiquement les demandeurs d’asile.
Un autre média allemand, mdr.de, citant l’agence de presse Dpa, ajoute que le nombre d’expulsions a augmenté, passant de 20 084 en 2024 à 22 787 en 2025. Le recul s’explique aussi par l’évolution de la situation syrienne et par les naturalisations. De nombreux Syriens arrivés entre 2014 et 2016 remplissent désormais les conditions pour obtenir la nationalité allemande. « Ils n’apparaissent alors plus comme réfugiés dans les statistiques », indique le rapport de la Dpa. La réduction du délai de naturalisation, passé de huit à cinq ans, a contribué à ce phénomène.
La présence migratoire toujours massive
Malgré ce léger recul, les chiffres restent très élevés. Parmi les 3,53 millions de personnes en quête de protection recensées fin 2025, environ 1,33 million étaient des réfugiés de guerre venus d’Ukraine, accueillis dans l’Union européenne sans procédure d’asile et autorisés à travailler jusqu’en mars 2027, selon Die Zeit. Environ 707 000 personnes étaient reconnues comme réfugiés au titre de la Convention de Genève.
Par ailleurs, la même source indique qu’environ 232 000 personnes tenues de quitter le territoire vivaient encore en Allemagne fin 2025. Parmi elles, près de 191 000 bénéficiaient d’un statut de tolérance, ce qui signifie qu’elles ne pouvaient pas être expulsées immédiatement pour diverses raisons, notamment administratives ou médicales.
Cette baisse ne fait pas l’unanimité à gauche. Clara Bünger, responsable des affaires intérieures pour Die Linke, a déclaré à ce titre : « De moins en moins de personnes ayant besoin de protection parviennent à franchir les frontières extérieures de l’UE, qui sont fortement sécurisées ». Reste qu’en Allemagne, le recul observé en 2025 marque bien un tournant statistique inédit depuis 2011.
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